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[discussions] Democratie, syndicalisme, revisionnisme

Posté par Emmanuel Lyasse le 25/11.

Il y  a dans le nouveau credo nantais, que Manu nous prêche avec l'ardeur
des nouveaux convertis, un certain nombre de choses qui m'échappent, qui
tournent autour de la démocratie dans l'organisation.

D'abord, Manu nous dit qu'il sera du congrès de refondation parce qu'il sera
démocratique.
J'aimerais savoir d'où il tire cette réconfortante certitude.
A Orsay, nous avons repoussé la perspective d'un congrès truqué le mois
prochain, et l'avons remplacé par des "états généraux" sans caractère
décisionnel, avec la perspective possible à terme d'u congrès de fondation
d'une nouvelle organisation.
Pour prévoir ce que sera ce congrès qui n'est même pas certain, il faudrait
être un voyant extra-lucide. Vu ce à quoi nous venons d'échapper, le
caractère démocratique d'un congrès qui serait co-organisé par l'U-ID et la
direction désavouée mais autoproclamée de l'UNEF ne me semble pas
l'hypothèse la plus probable.
A ce pronostic, Manu oppose la "garantie" obtenue, paraît-il, grâce à son
subtil renversement d'alliance à Orsay "Un homme, une voix, un mandat".
Plaudite ciues !
C'est ici que nous rentrons dans la quatrième dimension. J'aimerais bien
qu'on m'explique en quoi cette garantie est suffisante, quand rien n'est dit
sur les procédures de vote (vote en AG des militants, ou vote dans un bureau
ouvert ouvert sur plusieurs jours permettant à chacun de rameuter sa
clientèle) et sur d'éventuelles procurations. Ça, c'est au mieux de la
naïveté.
J'aimerais surtout qu'on m'explique quel sens a une telle "garantie"
s'agissant d'états généraux qui N'AURONT PAS DE CARACTÈRE DÉCISIONNEL. (Manu
a apparemment oublié qu'il ne s'agissait plus d'un congrès de
réunification.) Ça, ce ne peut plus être de la naïveté, c'est du foutage de
gueule intégral.
Mettre comme condition  de sa participation à une éventuelle réunification
son caractère démocratique est une chose, affirmer alors que rien n'est fixé
à son sujet qu'elle sera démocratique "si nous nous en donnons les moyens",
c'est à dire acceptions d'y participer sans conditions en est une autre.

Mais il reste un autre problème: le caractère démocratique d'une
organisation est-il une raison suffisante pour y adhérer ? C'est ce que les
Nantais semblent avoir découvert récemment. Nous ne pourrons les suivre sur
ce point.
En effet, la démocratie dans une organisation est un moyen et non une fin.
La démocratie dans la société peut être considérée comme une fin dans la
mesure où elle serait totale, pour tous, et conduirait donc forcément à la
définition de buts justes.
Au contraire, une organisation ne regroupe que quelques individus. La
question première est celle du but qui les réunit. Si ce but est juste,
qu'elle soit gouvernée par ses militants est une condition nécessaire. S'il
ne l'est pas, son caractère démocratique ne saurait rien y changer. Un
exemple simple: le RPR a adopté récemment pour l'élection de son président
le principe "Un homme, une voix, un mandat" cher à Manu. Est-ce une raison
pour y adhérer ? Certes pas.
Conclusion: que dans la future organisation de ses rêves la voix de Manu
compte autant que celles de Carine Seiler, Karine Delpas et Karel Yon ne
suffirait certes pas à garantir son caractère syndical.
Une organisation qui se donne pour but de défendre les intérêts des
étudiants et de réunir sur cette base les plus grand nombre possible d'entre
eux ne saurait refuser de donner le pouvoir en son sein à ses adhérents sans
entrer en contradiction avec le principe qui la fonde. Mais l'adoption d'un
tel fonctionnement (elle en est loin !)  par l'UNEF-ID qui recrute ses
cadres sur leur appartenance politique et ses adhérents en leur promettant
des réductions diverses ne saurait en faire un syndicat.
Voilà pourquoi je n'ai certes pas gueulé "Démocratie !" à Orsay: parce que
la démocratie dans l'organisation ne saurait être une fin en soi  Si les
camarades de Nantes sont si sûrs de la justesse de leurs arguments, pourquoi
se croient ils obligés de les appuyer par les mensonges les plus grossiers ?
(Rappel: mon mail auquel répond Manu s'appelait "Les masques tombent")

Ce n'est pas le seul mensonge dans ce mail. Manu glisse fort peu
subtilement, en me citant, de la notion de "quasi-unanimité", que j'ai
effectivement utilisée, à celle d'"unanimité" ("soit-disante", sic !), pour
hurler avec indignation "Il n'y avait pas unanimité, puisque je n'étais pas
d'accord !". Je n'ai jamais prétendu qu'il le fût.
J'ai parlé d'une quasi-unanimité contre la réunification qu'on voulait nous
imposer, et d'une majorité pour le renouveau de l'UNEF. Je déplore que Manu
n'en fasse pas partie, mais ne peux croire qu'il prétende représenter la
majorité des AGE de l'UNEF à lui tout seul.

Toutes ces AGE n'excluent pas l'unité avec l'U-ID, voire une réunification à
terme. Et alors ? C'est une position raisonnable, qui a toujours été la
nôtre. Je peux citer ici la fin du texte de Paris IV pour le 79e congrès

"On ne peut avoir ce souci sans poser la question de l'unité. Il est
incontestable que la concurrence entre organisations est un handicap pour le
mouvement étudiant, et que l'unité doit être pour nous un objectif constant.
Il est également certain que cette unité doit être cherchée sur le terrain,
dans la convergence des luttes, et qu'il n'y aurait aucun sens à la chercher
ni hors de ces luttes, ni contre elles.
C'est en menant sans concession le combat contre la politique de casse de
l'Université publique, pour une Université publique de qualité ouverte à
tous que nous créerons les conditions d'une unité offensive du mouvement
étudiant.
Nous devons à chaque instant proposer l'unité la plus large possible. Cela
concerne d'abord tous les syndicats qui ces dernières années ont, pour
différentes raisons, quitté, l'Union nationale: nous ne nous résignons pas à
ces scissions, et chercherons moins à les concurrencer sur leur terrain qu'à
rétablir avec eux l'unité la plus étroite. Cela concerne aussi tous les
syndicats qui, localement, se sont construits en dehors de l'UNEF. Cela
concerne enfin, bien sûr, l'UNEF-ID: si nous devons dénoncer sans concession
ni complaisance la dérive qui l'a conduite en particulier à soutenir les
réformes Jospin et Bayrou, nous ne devons pas renoncer à nous adresser à
elle comme à un syndicat étudiant, et à ses militants comme à des
syndicalistes que nous souhaitons voir prendre le parti des étudiants contre
celui du pouvoir. Nous ne pouvons pas séparer notre détermination à mener
notre combat syndical de notre aspiration à l'unité la plus large dans le
mouvement étudiant sans condamner l'une et l'autre."

l'appel d'Antony, qui reprenait sur ce point le texte commun Paris IV Paris
I Evry de mai dernier pour définir notre démarche syndicale
"‹ DÉTERMINATION à défendre les intérêts des étudiants, et subordination de
tout autre principe d'action à celui-ci.
‹ MOBILISATION constante par une présence au quotidien sur le terrain. Le
refus de toute démarche délégataire ne doit pas être un principe moral mais
un impératif pratique. Il s'agit de convaincre le plus grand nombre possible
d'étudiants qu'un syndicat ne peut pas servir à agir à leur place, mais peut
leur donner des moyens d'agir.
‹ UNITÉ, bien sûr. Devant l'urgence d'un tel renouveau, il ne devra pas être
question de querelles de chapelle ou de ranc¦urs liées à des affrontements
ou scissions anciens ou récents. Mais unité syndicale, dans l'objectif
précis défini par les deux principes précédents."


et ma contribution pour le "congrès" d'Orsay (que nous n'avons pas eu le
temps de débattre en AG)
"La recherche de l'unité la plus large est nécessaire. Mais doit-elle
commencer par la fusion des organisations aux conditions posées par l'une
d'entre elles ? Évidemment non.
La première étape doit être le dialogue à la base, la seconde la
construction de l'unité d'action sur le plus grand nombre de thèmes,
localement puis nationalement. Une fusion organique ne peut être que
l'aboutissement d'un processus qui a permis de dépasser progressivement, par
le travail commun, les divergences.
Ce qu'on nous propose est exactement l'inverse. Après un préalable, la liste
au CNESER qui a liquidé la représentation nationale autonome de l'UNEF (mais
dont le faible score a montré le rejet de cette démarche par les élus de
l'UNEF), on prétend nous faire commencer par la fusion organique, en
comptant sur elle pour créer les conditions de l'unité d'action. Pour ce qui
est des divergences constatées, on ne cherche pas à noyer le poisson: on
tourne autour du bocal en espérant qu'il finira par se noyer de lui-même.
Ce n'est pas sérieux. Un tel processus ne pourrait que conduire à la fin de
l'UNEF, l'organisation qui en résulterait ressemblant comme deux gouttes
d'eau à l'UNEF-ID; avec peut-être une tendance ou une sous-tendance en plus.
Il ne s'agit pas d'unité, mais de démission unilatérale.
C'est cette démission que nous refusons, parce que nous considérons comme
positif le bilan de l'action qui a été la nôtre jusque là, parce que nous
croyons que les positions qui ont été les nôtres peuvent encore être utile
aux étudiants de France.
Nous sommes prêts à poursuivre, ou plutôt à entreprendre, le dialogue avec
l'UNEF-ID, sans a priori. Au niveau national, le CLP peut en être
l'instance, pourvu que la direction de l'UNEF qui y participe soit
véritablement représentative de ses AGE, de leur diversité et de leur unité.
Il n'aura de sens que si existent au niveau local des comités paritaires ou
des intersyndicales qui soient des lieux de débat, visant à construire
l'unité d'action.
Nous voulons d'autre part avoir la même attitude unitaire, avec les mêmes
restrictions, vis-à-vis de toutes les autres organisations syndicales
étudiantes, qu'il s'agisse de SUD, des SE, ou de la FSE qui vient de se
créer. Nous avons su trouver l'AGET-ASL, qui l'a rejointe, pour participer à
notre liste au CNOUS. Il serait paradoxal de rompre avec elle en invoquant
notre volonté d'unité."

Nous sommes déterminés à rechercher l'unité, mais en avançant sur des bases
syndicales, non sur une exigence abstraite de démocratie, ce qui ne pourrait
conduire, au mieux, qu'à être la minorité syndicale d'une organisation qui
ne le serait pas (Si c'est le but de Manu, qu'il le dise. Ses nouveaux amis
de "Tous ensemble !" ont au moins le mérite d'une certaine franchise sur ce
point, son mentor Vincent Charbonnier également)
Nous pensons que la recherche de l'unité doit aller de pair avec le
renouveau de l'UNEF. C'est pourquoi nous avons refusé sa liquidation sous
prétexte d'unité. C'est pourquoi nous sommes satisfaits sur l'essentiel du
"congrès" d'Orsay, même si nous dénonçons la façon dont une direction
désavouée a autoproclamé sa reconduction. C'est pourquoi nous avons
l'intention de participer aux Etats généraux de décembre.
El

Question subsidiaire:
J'aimerais bien savoir si les camarades nantais considèrent l'U-ID telle
uqu'elle est comme "démocratique", plus "démocratique" ou moins
"démocratique" que l'UNEF. Ça éclairerait leur position sur la
"refondation".

----------
De : "Jean-Paul CANEVET" 
À : "Emmanuel Lyasse" 
Objet : Re: [discussions] Une reponse a Morgan ...(j'suis un révisionniste
....)
Date : Jeu 23 nov 2000 9:22


Quelques mots seulement.

    Il faut s'entendre sur les termes et les évènements avant de
véritablement se mettre au travail pour les Etats Généraux de Décembre. Car
du travail nous allons en avoir. Quelles contributions allons nous proposer,
quelles motions, quels éléments d'information et de reflexion allons nous
porter au débat ?

Soyez certains que les camarades nantais sauront vous soumettre des textes
qu'il s'agira ensuite de discuter. Le forum doit être le lieu de cet
échange.

Je note cependant dans les propos d'Emmanuel Lyasse de sérieuses
incohérences. Je tiens a vous apporter ma vision des faits.
Il parle d'une "l'opposition quasi unanime des AGE de l'UNEF" face à la
réunification imposée par la direction nationale. D'un certain point de vue
peut-être. Il faut être conscient que cette soi disante "opposition unanime"
recele des divergences d'appréciation assez flagrantes. Nous avons été
nombreux à nous mettre d'accord sur les moyens (et encore! Certains
souhaitant un report du congrès de refondation, d'autres son annulation pur
et simple) au prix d'apres discussions mais certainement pas sur les fins.
La volonté unanime de renouveau au sein de l'UNEF dont parle Emmanuel
Lyasse, je ne l'ai pas du tout ressenti au congrès. Je n'y ai vu que nombre
de délégués incapable de s'entendre entre eux, dans l'expectative quant aux
perspectives qui leur étaient offertes.

Différentes volontés ont effectivement convergé lors de ce congrès
exceptionnel pour que se tiennent des Etats généraux en décembre et non pas
un congrès réunificateur. Si l'AGE de Nantes a poussé dans cette direction
ce n'est pas pour voir suspendu et mis aux oubliettes le congrès de
refondation. NOus sommes convaincu de la necessité de s'engager dans  ce
processus. Mais ce processus doit être le processus de toutes les AGEs, tous
les militants syndicaux, et d'un maximum d'étudiants. Nous ne voulions pas
d'un processus confisqué par les deux directions nationales. Le renouveau de
l'UNEF se fera dans une nouvelle organisation. Une nouvelle organisation
dont les bases seront jetées en Décembre , une nouvelle organisation ou
pourront se retrouver des militants de l'UNEF-id de SUD et nous l'espérons
de la FSE.

J'attends qu'on m'explique en quoi le congrès d'ORsay etait synonyme de
renouveau pour les militants de l'UNEF qui s'y trouvaient. Cela parait
tellement absurde que je n'ai pas envie de prendre la peine d'argumenter .
Ceux qui s'y trouvaient comprendront, et les autres n'auront qu'à demander à
ceux qui s'y trouvaient.

Pourquoi te donnes tu tant de mal Emmanuel ?  PLutot que d'offrir aux
camarades des discours sphériques et propagandistes , joignons nos énergies
pour la construction de la nouvelle organisation. La seule chose que le
congrès d'Orsay à démontré, c'est qu'il nous reste encore des choses à
gagner. C'est possible. A ce sujet j'attends l'avis des camarades qui ne se
sont pas exprimé depuis le congrès.

Emmanuel,  quant à tes propos sur Vincent Charbonnier  : comme à ton
habitude tes phrases bien tournées ne sont que l'expression d'un profond
mepris qui ne peut que choquer l'ensemble des camarades. L'UNEF réunifiée
comme tu le dis si bien ne sera démocratique que si on s'en donne les
moyens. Les camarades de Nantes, de Jussieu, et de Nanterre l'ont compris.
C'est ce combat qui nous a poussé à ammender le texte final du congrès
d'Orsay.  1 homme , 1 voix, 1 mandat, ce sont nos trois AGEs qui ont imposé
cette garantie démocratique, et qui ont réussi à faire en sorte que celle-ci
soit portée par l'UNEF. Pendant ce temps là tu criais "démocratie,
démocratie", ce qui a la fin d'un congrès comme celui d'Orsay a le mérite de
témoigner d'un sérieux manque d'appréciation et d'anticipation.

A ce propos ne mélangeons pas tout.
Durant le congrès, ton combat a été celui d'empêcher le congrès
réunificateur.
Le notre aura été celui de faire de Décembre des Etats Généraux.
La première étape du processus qui nous mènera  au rassemblement syndical.
Une première étape qui nous semblait nécessaire au vu de l'avancement des
débats dans nombre d'AGE de l'UNEF au vu de la façon dont se préparait le
congrès (course aux cartes...). Des états généraux parce qu'il nous semblait
important que la "réunification" se fasse avant tout à la base dans les
luttes, et que ce genre de chose ne se décrète pas . PLus que deux semaines,
il nous faut encore plusieurs mois pour arriver à cette unité effective. Des
etats généraux, parce que nous avons toujours souhaité donner la parole à un
maximum d'étudiants. ET le principe de représentation qui avait été mis en
place pour le congrès ne nous satisfaisait pas.

Ta victoire doit donc avoir un gout amère, le gout du maquillage  et de la
dissimulation. Tandis que les premiers elements que nous avons obtenu nous
poussent à continuer dans la voie que nous nous sommes tracés, celle de
l'unité syndicale.

Manuel Canévet.
-----Message d'origine-----
De : Emmanuel Lyasse  >
À : discussions@unef.org 
 >
Date : mercredi 22 novembre 2000 18:11
Objet : [discussions] Une reponse a Morgan et une remarque sur Vincent


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