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[discussions] R=?ISO-8859-1?B?6Q==?=ponse rapide

Posté par BALSAN DUVERNEUIL le 23/11.

piece jointe : TEXT/HTML
Je viens de trouver l'admirable message de M. Whitney dans ma messagerie.
Il faut avouer qu'il apporte de l'eau à mon moulin et explique profondément
ce que j'ai expliqué en quelques mots dans mon précédent message.
La naïveté de cet ancien élu au CNESER est désarmante. Comment lui expliquer
que ce qu'il a jusqu'à présent considéré comme des "victoires" ne sont en
réalité que des reculs des acquis étudiants.

Un exemple entre tous. M. Whitney indique qu'il a obtenu la construction
d'une MDE sur sa fac au cours de la négociation d'un contrat de plan.
Faut-il lui dire que les MDE servent, dans la plupart des universités à :
reposer toutes les séries d'acquis des organisations (téléphone, local,
photocopie) en général à la baisse, faire un tri entre les organisations
(combien d'assoc. qui existaient dans votre fac avec un local s'en sont
retrouvée privée pour cause de MDE ?), ghettoïser les organisations (en
général, les locaux étaient dans les facs, maintenant elles se retrouvent
extériorisée, loin du passage ). C'est un petit exemple, ponctuel, mais qui
me semble être symptomatique de la position des élus UNEF-ID en général.

Plus loin, M. Whitney (qui a été élu au CNESER, VPE et que sais-je), nous
parle des "contrats quadriennaux" dans lesquels les Régions ne sont pas
concernées". Première nouvelle ! C'est amusant, pour un contrat qu'on
appelle aussi contrat-Etat-Région-Université.

Plus loin. M. Whitney nous indique qu'il est plutôt content de l'autonomie
des universités. Lorsqu'on sait que cet autonomie est bien plus financière
que pédagogique et qu'elle concourt à la remise en cause du cadre national
des diplômes, cça donne une idée. Et là on lit que M. Whtiney et ses amis se
sont battus. Pour quoi ? Pour obtenir "quelques garanties telles que la
présentation de bilan des vagues contractuelles devant le CNESER : les
opérations réalisées, leurs financements etc." Ils ont donc obtenu qu'un
bilan des actions soit présentés dans les instances élues. Sur que dans les
années à venir ils vont se bagarrer pour le droit de vote dans les conseils
élus et le droit pour élus de siéger dans les conseils où ils le sont. Et
pour le droit de porter des tee-shirt.

Ensuite, le pompon : les 10% d'étudiants "importants". M. Whitney considére
que oui il n'y a que 10% (lorsqu'il y a une bonne participation, en général
c'est plutôt 7%), mais que ce sont des votes "plus importants que ce que
(je) veux bien dire". Pour moi, qui considére qu'un étudiant = un étudiant,
et qu'une voix = une voix , il n'ya pas 10% plus important que 10 autres %.
D'autant que ça signifie que 90% des étudiants ne participent pas et que la
démocratie de ces élections est loin d'être assurée.

Et il constate plus qu'en augmentant la durée du scrutin et en informant les
étudiants la participation augmente. A ces constatations je pourrais sans
doute ajouter que l'eau ça mouille et que l'herbe c'est vert. Très bien. A
MOntpellier, nous nous sommes battus contre l'ID et la direction de la fac
pour obtenir un allongement du scrutin. Niet. Nous nous sommes battus contre
l'ID et la direction de la fac pourobtenir que les professions de foi soient
envoyées aux étudiants? Niet. Notons au passage que la direction de
l'UNEF-ID Montpellier est placée directement sous le contrôle de M.
Delafosse, dont on sait son indépendance au sein du BN.

Enfin, sur la lutte quasi quotidienne et permanente de l'UNEF-ID. Je crois
que M. Whitney vit dans un monde parallèle, que quelqu'un lui explique.

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De : "Anthony Whitney" 
À : "BALSAN DUVERNEUIL " 
Objet : Re: [discussions] Réponse au zélateur de l'UNEF-ID qu'est
Charbonnier
Date : Jeu 23 nov 2000 10:28


Cher camarade

Je suis toujours attentif à vos débats, et je retenais pour principe de ne
pas m'en mêler, y compris récemment quand je lisais J. Pascal reprendre nos
positions suite à votre congrès je brûlais de répondre, mais je suis obligé
de le faire quand même un peu face aux multiples approximations et procès
d'intention qui parsèment ton mail :

* concernant la licence professionnelle, elle est régie par la
règlementation nationale par l'arrêté du 17 novembre 99 qui a été présenté
devant le CNESER, paru au JO le 24/11/99. Je suis tout prêt à entendre les
critiques sur ses insuffisances, nous nous sommes battus ensemble les élus
UNEF-ID et UNEF au CNESER tout d'abord, dans les Conseils d'Universités
ensuite pour obtenir que le cadrage national soit maximum (sur les règles de
contrôle des connaissances, sur la non sélection, sur le volume horaire,
...) Et les licences pros qui ont été ouverte ont été intégrées dans la
dernière campagne nationale d'habilitations, les dossiers étant présentés à
l'avis du CNESER. J'ai moi même examiné avec les camarades élus de l'UNEF,
du SNESUP-FSU et d'autres organisations très attentivement leurs maquettes,
il en ira de même pour la cprochain campagne d'habilitations en mai 2001.
Chaque fois que les dossiers n'étaient pas conformes, ils ont été renvoyés
pour correction aux établissements, par exemple pour prévoir des passerelles
possibles vers d'autres formatiosn (poursuites d'études) ou concernant la
durée du stage qui ne doit pas dépasser trois mois. (et nous menons toujours
la bataille commune pour obtenir une règlementation nationale des stages)

Nous avons obtenu ensemble, les élus des deux UNEF, que pour les droits
d'inscription la licence pro relève de l'arrêté qui fixe le montant des
droits des autres formations (ce qui ne nous empêche pas chaque année avec
une majorité écrasante du CNESER de voter contre les droits d'inscription
car nous sommes contre leur augmentation ...) ;
D'autre part l'arrêté du 17/11 prévoyait un comité national de suivi, dont
la composition vient d'être déterminée par un nouvel arrêté présenté ce
lundi en CNESER, et qui sera officiellement installé le 18/12.

* Concernant la participation aux élections universitaires c'est un vrai
débat de fond qui pose la question de la démocratie et de la citoyenneté
étudiante. Il s'agit aussi de rapporter la participation au nombre
d'étudiants ayant été présent dans leur établissement le ou les jours de
vote me semble t'il. Et à ce moment là tes "10 %" sont plus "importants" que
ce que tu veux bien le dire. Sachant que certaines universités mettent les
moyens, sous la pression des organisations étudiantes, pour renforcer cette
participation : élections sur plusieurs jours, envoi de courriers
d'informations aux étudiants, multiplication des bureaux de vote,
élargissement des horaires d'ouverture et ça marche puisqu'on arrive ainsi à
doubler la participation "moyenne" observée généralement. C'est ainsi sur
Cergy-Pontoise, Université dont j'ai été VPE de 96 à 98.
Trop souvent les éudiants ne votent pas non plus parce qu'ils ne connaissent
pas les ocneils : leur rôle, fonctionnement, leurs élus et les sujets dont
ils traitent.

* C'est d'ailleurs pourquoi, et j'en viens aux "contrats" d'établissements
négociés avec le Ministère pour 4 ans, les "contrats quadriennaux" dans
lesquels les Régions ne sont pas concernées, c'est le Ministère
l'interlocuteur des Universités, que VPE j'ai fait intégrer dans le contrat
de mon Université un volet sur la vie de l'étudiant où on a prévu diverses
mesures :
une tribune des élus étudiants pour rendre compte de leur mandat auprès de
l'ensemble des étudiants, une assemblée étudiante composée de l'ensemble des
élus étudiants (des centraux, des UFR ...) pour débattre des questions
étudiantes.
D'autre part j'ai aussi fait intégrer dans ce contrat le projet d'un
observatoire de la vie de l'étudiant pour s'intéresser à l'insertion
professionnelle de l'étudiant à la sortie de l'université, un centre de
santé offrant aux étudiants les premiers soins et conduise des actions de
prévention etc.
Les contrats ce n'est pas nécessairement la "privatisation" paradoxalement
tu te prononces "pour" (sans doute une coquille ?) et je te rappelle que la
loi de 84 prévoyait déjà la politique contractuelle. Aujourd'hui c'est
seulement 10 % de la Dotation Globale de Fonctionnement (DGF) versée chaque
année par le Ministère aux Etablissements qui relève de la politique
contractuelle.
Ce qui ne veut pas dire, et là encore nous nous sommes retrouvés ces
dernières années, nationalement au CNESER et localement sur certaines
Universités, que la politique contractuelle menée notamment par Allègre qui
a renforcé l'autonomie des Universités nous satisfasse, ni la manière dont
les présidents d'universités mène les débats sur l'élaboration de leurs
contrats soit suffisamment démocratique. tout à fait d'accord là dessus.
C'est pourquoi nous nous sommes bagarrés et avons obtenu quelques garanties
telles que la présentation de bilan des vagues contractuelles devant le
CNESER : les opérations réalisées, leurs financements etc.

Je ne veux pas être trop long aussi je ne reprendrais pas ton mail sur tous
les points.

J'ai été 4 années élu au CNESER pour l'UNEF-ID, si tu considères que nous
n'avons servi qu'à "faire passer les réformes gouvernementales" c'est ton
droit de le penser mais saches que c'est faux.
La meilleure preuve c'est en 98-99 au moment des réformes d'harmonisation
européenne dite du "3-5- ou 8" conduites par C. Allègre, nous l'avons fait
reculer, ensemble, dans une Intersyndicale, là où il voulait avancer en
force dans une application à marche forcée et à la carte sans cadrage
national.

Et si tu dis que "ça fait longtemps que nous avons renoncé à revendiquer"
... ce pour quoi nous nous battons quotidiennement, tu ne convaincras
personne avec des arguments partials et inexacts.
Et nous ne nous intéressons pas qu'aux élections universitaires.
Saches que beaucoup de camarades se battent tout comme vous pour des valeurs
communes : la lutte contre l'extrême droite (Paris 2, Lyon 3...), l'aide aux
étudiants étrangers, l'aide aux étudiants sans facs pour obtenir leur
inscription (bataille menée ensemble sur bien des facs) ...

En 97 sur ma fac, j'ai conduit dans les conseils d'une part et par une
campagne de pétition unitaire d'autre part, la bataille pour le maintien de
la session de septembre que mon Université, et surtout quelques UFR,
voulaient remettre en cause en s'appuyant sur le prétexte de la
semestrialisation de la réforme de 97. Le jour où le débat s'est posé en CA
(15j après le début de la camapgne) muni des milliers de signatures
d'étudiants, le président a réculé.

Sur mon CROUS, j'avais obtenu également qu'on mette en place un Conseil
académique de la vie en résidence (CVR) pour que les élus des conseils des
résidences soient concertées sur les programmes de rénovation et de
réhabilitation de leurs résidences. Et chaque conseil se réunissait à chaque
fois sur une résidence différente, et on allait visiter les chambres, les
sanitaires etc. La réalité dans laquelle vivent de nombreux étudiants, j'ai
moi même été résident deux ans. J'avais d'ailleurs obtenu du Ministère le
déblocage de crédits supplémentaires dans le cadre des opérations d'urgence
qui préfigurait le Plan U3M pour la cité universitaire d'Antony, et nous
avons travaillé avec les associations de résidents pour préparer en amont
ces CVR.
Pour des raisons financières le Crous avait voulu fermer des restos U sur
Cergy le soir, aussi de nombreux étudiants (l'un des RU était incurvé dans
une Résidence) se serait retrouvé sans restauration. Nous avons là encore
mené une campagne de pétition d'une part auprès des étudiants résidents et
non résidents, et d'autre part protesté auprès du Recteur, de l'Université,
des élus ... et avons obtenu qu'il fasse machine arrière. Et en 97 et en
2000 nous avons obtenu deux fois par un vote du CA de bloquer l'augmentation
des loyers en Cités U.

D'autre part nous avons demandé et obtenu la réunion chaque année du Crous
et de l'ensemble des Universités, pour réfléchir à une meilleure
coordination des dispositifs d'aide sociale et culturels existant chez les
uns et les autres, ce qui leur a permis de commencer ce travailler ensemble
... de réaliser une brochure commune d'information des étudiants pour les
inscriptions universitaires etc.

Je te cite ces exemples au plan natioanl, dans un CROUS et une Université où
j'ai directement contribué à conduire avec d'autres des combats communs, pas
pour te dire l'UNEF-ID c'est "super" ni non plus "à l'UNEF-ID y'a des supers
élus" dont j'ai été, mais bien pour démonter tes arguments sur le fait que
des syndicalistes "ont renoncé et ne sont plus que des "courroies de
transmission" d'intérêts gouvernementaux."

Sois rassuré non nous n'avons pas renoncé à nous battre pour la
démocratisation, à gagner le respect des droits et à en gagner de nouveaux.
Aujourd'hui je suis inscrit en IUFM et je constate encore beaucoup
d'arbitraire : sélection à l'entrée, stages non cadrés nationalement, frais
de dossiers illégaux, non droit au redoublement, ... contre lesquels je me
battrais encore, avec ceux qui voudront mener ces batailles, organisations
étudiantes, syndicats enseignants.

syndicalement
anthony whitney
élu UNEF-ID sortant au CNESER (1996-2000)
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-----Message d'origine-----
De : BALSAN DUVERNEUIL  >
À : echarron@club-internet.fr 
 >;
discussions@unef.org    >
Date : jeudi 23 novembre 2000 09:26
Objet : [discussions] Réponse au zélateur de l'UNEF-ID qu'est Charbonnier

Je viens de recevoir le passionnant message de Charbonnier qui m'a mis fort
mal à l'aise en ce qu'il est dans la forme et dans le fond une insulte aux
principes de démocratie, de raisonnement logique et d'intelligence.

1 - Ce qui fait que l'organisation qui sortira de la fusion UNEF/UNEF-ID
restera une "machine electorale" (je préfére ce terme à celui de machine "à
gagner". Rien en effet n'indique que cette organisation sera tjrs la
premiere électoralement), c'est que :
a) a ce jour l'UNEF-ID n'est une machine électorale et une machine "à faire
passer les réformes houvernementales"
b) le 9 militants originaires de l'UNEF et les 4 JCR SUD qui vont entrer
dans cette organisation, ne sont ni assez nombreux, ni assez décidé pour
changer cela
c) il n'y a RIEN (aucune force organisée oppositionnelle, ni aucune volontée
issue de la direction de l'UNEF-ID) qui laisse à penser que la future
organisation va changer de ligne dans le sens d'un meilleur combat pour la
défense des droits étudiants. Bien au contraire.

2 - L'analyse de Charbonnier témoigne d'une profonde incompréhénsion sur le
pourquoi d'une telle fusion. Le but est pour le gouvernement de s'assurer
d'une "courroie de transmission" suffisamment forte et "légitime" pour
assurer la mise en place sans heurts de ses réformes. C'est ce que nous
expliquons par le terme "centrale cogestionnaire" (co, avec les
gouvernements)

2 - Charbonnier ressort son habituel agrument sur les élections. Faut-il lui
rappeler encore (ce doit être le trentième message où j'explique cette
évidence) que les élections assurent une légitimité à l'élu lorsque celui-ci
est : ELU PAR UNE PART MAJORITAIRE DE L'ELECTORAT.

Or, jusqu'à preuve du contraire, l'UNEF-ID obtient des scores de 40% des
étudiants qui votent. Ceux-ci étant en général bien-dessous des 10%.
Obtenir 40% de 10% des électeurs revient à dire qu'on représente 4% de
l'électorat. On a vu des organisation et des individus mieux légitimités par
les suffrages.

Enfin, tu apprendras que les organisations de lutte dont tu parles
obtiennent pour la plupart des scores très honorables et souvent bien devant
l'UNEF-ID (c'est le cas à Montpellier notamment où l'alliance de l'UNEF et
du SEUL a démontré le partage 2/3 1/3 en notre faveur).
Ces syndicats de lutte (sans copyright, ni trade mark, ni register, ni autre
chose) se sont toujours battu et continuent à se battre pour l'union
syndicale et s'unissent effectivement. Pas comme l'inénarrable Charbonnier
le souhaite, certes, mais ça, ce serait plutôt bon signe.

Enfin (je ne reviendrais pas sur le fait que Charbonnier confond
syndicalisme révolutionnaire et anarcho-syndicalisme, il prendra n'importe
quel bouquin de Pelloutier ou n'importe quel ouvrage sur la charte d'Amiens
et se rendra compte que les mots sont trompeurs, surtout lorsqu'on est
ignare), un dernier mot sur ce qu'il appelle notre "radicalité".

Face à lui et à l'UNEF-ID il faut avouer que n'importe quelle revendication
est effectivement radicale. Pourtant moi, je ne vois aucune radicalité
particulière a lutter pour que l'université reste un service public, laïque,
ouvert à tous et offrant la meilleure qualité d'étude débouchant sur un
diplôme reconnu nationalement et offrant des débouchés sur le marché du
travail.

C'est la base du syndicalisme tel que nous l'entendons.
Cette base-là implique :
- le combat pour l'abrogation du plan U3M (qui remet en cause la notion de
cadre national des diplômes, l'égalité de financement des universités, remet
en cause le libre accès de tous quel que soit les origines géographiques...)
- le combat pour  la contractualisation des universités (qui permet
l'intervention d'intérêt privés dans les fac et pose le principe "région
riche université riche, région pauvre université pauvre") et donc
l'abrogation des lois Jospin-Lang
-  la lutte contre les licences professionnelles, les diplômes "maison", les
filières "à la carte", les enseignement dispensés par des "intervenants
extérieurs" (qui remettent en cause la qualité des diplôme, leur cadre
national, les frais d'inscription fixés nationalement...)
- le combat contre le désengagement de l'Etat entamé dans les facs depuis
trente ans (pour les mêmes raisons que celles énoncées plus haut).

Bref, toute chose que l'UNEF-ID ne revendique plus depuis belle lurette. Et
que le BN Delpas n'a jamais envisagé de revendiquer, sauf sur quelques
textes bidons et jamais suivis de campagne.

Les syndicats de lutte, ne sont en réalité rien d'autres que des
organisations qui se battent pour ces mots d'ordre (et d'autres).
Ca ne plait peut être pas à Charbonnier, mais c'est un combat juste. Qui
mérite d'être mené.

Dernière chose avant que je m'énerve : que quelqu'un offre une carte de
bibliothèque à Charbonnier.