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Posté par Anthony Whitney le 23/11.

piece jointe : TEXT/HTML
Cher camarade

Je suis toujours attentif à vos débats, et je retenais pour principe de ne pas m'en mêler, y compris récemment quand je lisais J. Pascal reprendre nos positions suite à votre congrès je brûlais de répondre, mais je suis obligé de le faire quand même un peu face aux multiples approximations et procès d'intention qui parsèment ton mail :

* concernant la licence professionnelle, elle est régie par la règlementation nationale par l'arrêté du 17 novembre 99 qui a été présenté devant le CNESER, paru au JO le 24/11/99. Je suis tout prêt à entendre les critiques sur ses insuffisances, nous nous sommes battus ensemble les élus UNEF-ID et UNEF au CNESER tout d'abord, dans les Conseils d'Universités ensuite pour obtenir que le cadrage national soit maximum (sur les règles de contrôle des connaissances, sur la non sélection, sur le volume horaire, ...) Et les licences pros qui ont été ouverte ont été intégrées dans la dernière campagne nationale d'habilitations, les dossiers étant présentés à l'avis du CNESER. J'ai moi même examiné avec les camarades élus de l'UNEF, du SNESUP-FSU et d'autres organisations très attentivement leurs maquettes, il en ira de même pour la cprochain campagne d'habilitations en mai 2001. Chaque fois que les dossiers n'étaient pas conformes, ils ont été renvoyés pour correction aux établissements, par exemple pour prévoir des passerelles possibles vers d'autres formatiosn (poursuites d'études) ou concernant la durée du stage qui ne doit pas dépasser trois mois. (et nous menons toujours la bataille commune pour obtenir une règlementation nationale des stages)

Nous avons obtenu ensemble, les élus des deux UNEF, que pour les droits d'inscription la licence pro relève de l'arrêté qui fixe le montant des droits des autres formations (ce qui ne nous empêche pas chaque année avec une majorité écrasante du CNESER de voter contre les droits d'inscription car nous sommes contre leur augmentation ...) ;
D'autre part l'arrêté du 17/11 prévoyait un comité national de suivi, dont la composition vient d'être déterminée par un nouvel arrêté présenté ce lundi en CNESER, et qui sera officiellement installé le 18/12.

* Concernant la participation aux élections universitaires c'est un vrai débat de fond qui pose la question de la démocratie et de la citoyenneté étudiante. Il s'agit aussi de rapporter la participation au nombre d'étudiants ayant été présent dans leur établissement le ou les jours de vote me semble t'il. Et à ce moment là tes "10 %" sont plus "importants" que ce que tu veux bien le dire. Sachant que certaines universités mettent les moyens, sous la pression des organisations étudiantes, pour renforcer cette participation : élections sur plusieurs jours, envoi de courriers d'informations aux étudiants, multiplication des bureaux de vote, élargissement des horaires d'ouverture et ça marche puisqu'on arrive ainsi à doubler la participation "moyenne" observée généralement. C'est ainsi sur Cergy-Pontoise, Université dont j'ai été VPE de 96 à 98.
Trop souvent les éudiants ne votent pas non plus parce qu'ils ne connaissent pas les ocneils : leur rôle, fonctionnement, leurs élus et les sujets dont ils traitent.

* C'est d'ailleurs pourquoi, et j'en viens aux "contrats" d'établissements négociés avec le Ministère pour 4 ans, les "contrats quadriennaux" dans lesquels les Régions ne sont pas concernées, c'est le Ministère l'interlocuteur des Universités, que VPE j'ai fait intégrer dans le contrat de mon Université un volet sur la vie de l'étudiant où on a prévu diverses mesures :
une tribune des élus étudiants pour rendre compte de leur mandat auprès de l'ensemble des étudiants, une assemblée étudiante composée de l'ensemble des élus étudiants (des centraux, des UFR ...) pour débattre des questions étudiantes.
D'autre part j'ai aussi fait intégrer dans ce contrat le projet d'un observatoire de la vie de l'étudiant pour s'intéresser à l'insertion professionnelle de l'étudiant à la sortie de l'université, un centre de santé offrant aux étudiants les premiers soins et conduise des actions de prévention etc.
Les contrats ce n'est pas nécessairement la "privatisation" paradoxalement tu te prononces "pour" (sans doute une coquille ?) et je te rappelle que la loi de 84 prévoyait déjà la politique contractuelle. Aujourd'hui c'est seulement 10 % de la Dotation Globale de Fonctionnement (DGF) versée chaque année par le Ministère aux Etablissements qui relève de la politique contractuelle.
Ce qui ne veut pas dire, et là encore nous nous sommes retrouvés ces dernières années, nationalement au CNESER et localement sur certaines Universités, que la politique contractuelle menée notamment par Allègre qui a renforcé l'autonomie des Universités nous satisfasse, ni la manière dont les présidents d'universités mène les débats sur l'élaboration de leurs contrats soit suffisamment démocratique. tout à fait d'accord là dessus. C'est pourquoi nous nous sommes bagarrés et avons obtenu quelques garanties telles que la présentation de bilan des vagues contractuelles devant le CNESER : les opérations réalisées, leurs financements etc.

Je ne veux pas être trop long aussi je ne reprendrais pas ton mail sur tous les points.

J'ai été 4 années élu au CNESER pour l'UNEF-ID, si tu considères que nous n'avons servi qu'à "faire passer les réformes gouvernementales" c'est ton droit de le penser mais saches que c'est faux. 
La meilleure preuve c'est en 98-99 au moment des réformes d'harmonisation européenne dite du "3-5- ou 8" conduites par C. Allègre, nous l'avons fait reculer, ensemble, dans une Intersyndicale, là où il voulait avancer en force dans une application à marche forcée et à la carte sans cadrage national.
 
Et si tu dis que "ça fait longtemps que nous avons renoncé à revendiquer" ... ce pour quoi nous nous battons quotidiennement, tu ne convaincras personne avec des arguments partials et inexacts. 
Et nous ne nous intéressons pas qu'aux élections universitaires. 
Saches que beaucoup de camarades se battent tout comme vous pour des valeurs communes : la lutte contre l'extrême droite (Paris 2, Lyon 3...), l'aide aux étudiants étrangers, l'aide aux étudiants sans facs pour obtenir leur inscription (bataille menée ensemble sur bien des facs) ...

En 97 sur ma fac, j'ai conduit dans les conseils d'une part et par une campagne de pétition unitaire d'autre part, la bataille pour le maintien de la session de septembre que mon Université, et surtout quelques UFR, voulaient remettre en cause en s'appuyant sur le prétexte de la semestrialisation de la réforme de 97. Le jour où le débat s'est posé en CA (15j après le début de la camapgne) muni des milliers de signatures d'étudiants, le président a réculé.

Sur mon CROUS, j'avais obtenu également qu'on mette en place un Conseil académique de la vie en résidence (CVR) pour que les élus des conseils des résidences soient concertées sur les programmes de rénovation et de réhabilitation de leurs résidences. Et chaque conseil se réunissait à chaque fois sur une résidence différente, et on allait visiter les chambres, les sanitaires etc. La réalité dans laquelle vivent de nombreux étudiants, j'ai moi même été résident deux ans. J'avais d'ailleurs obtenu du Ministère le déblocage de crédits supplémentaires dans le cadre des opérations d'urgence qui préfigurait le Plan U3M pour la cité universitaire d'Antony, et nous avons travaillé avec les associations de résidents pour préparer en amont ces CVR.
Pour des raisons financières le Crous avait voulu fermer des restos U sur Cergy le soir, aussi de nombreux étudiants (l'un des RU était incurvé dans une Résidence) se serait retrouvé sans restauration. Nous avons là encore mené une campagne de pétition d'une part auprès des étudiants résidents et non résidents, et d'autre part protesté auprès du Recteur, de l'Université, des élus ... et avons obtenu qu'il fasse machine arrière. Et en 97 et en 2000 nous avons obtenu deux fois par un vote du CA de bloquer l'augmentation des loyers en Cités U.

D'autre part nous avons demandé et obtenu la réunion chaque année du Crous et de l'ensemble des Universités, pour réfléchir à une meilleure coordination des dispositifs d'aide sociale et culturels existant chez les uns et les autres, ce qui leur a permis de commencer ce travailler ensemble ... de réaliser une brochure commune d'information des étudiants pour les inscriptions universitaires etc.

Je te cite ces exemples au plan natioanl, dans un CROUS et une Université où j'ai directement contribué à conduire avec d'autres des combats communs, pas pour te dire l'UNEF-ID c'est "super" ni non plus "à l'UNEF-ID y'a des supers élus" dont j'ai été, mais bien pour démonter tes arguments sur le fait que des syndicalistes "ont renoncé et ne sont plus que des "courroies de transmission" d'intérêts gouvernementaux."

Sois rassuré non nous n'avons pas renoncé à nous battre pour la démocratisation, à gagner le respect des droits et à en gagner de nouveaux. Aujourd'hui je suis inscrit en IUFM et je constate encore beaucoup d'arbitraire : sélection à l'entrée, stages non cadrés nationalement, frais de dossiers illégaux, non droit au redoublement, ... contre lesquels je me battrais encore, avec ceux qui voudront mener ces batailles, organisations étudiantes, syndicats enseignants.

syndicalement
anthony whitney
élu UNEF-ID sortant au CNESER (1996-2000)
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    -----Message d'origine-----
    De : BALSAN DUVERNEUIL 
    À : echarron@club-internet.fr ; discussions@unef.org 
    Date : jeudi 23 novembre 2000 09:26
    Objet : [discussions] Réponse au zélateur de l'UNEF-ID qu'est Charbonnier
    
    
    Je viens de recevoir le passionnant message de Charbonnier qui m'a mis fort mal à l'aise en ce qu'il est dans la forme et dans le fond une insulte aux principes de démocratie, de raisonnement logique et d'intelligence.
    
    1 - Ce qui fait que l'organisation qui sortira de la fusion UNEF/UNEF-ID restera une "machine electorale" (je préfére ce terme à celui de machine "à gagner". Rien en effet n'indique que cette organisation sera tjrs la premiere électoralement), c'est que :
    a) a ce jour l'UNEF-ID n'est une machine électorale et une machine "à faire passer les réformes houvernementales"
    b) le 9 militants originaires de l'UNEF et les 4 JCR SUD qui vont entrer dans cette organisation, ne sont ni assez nombreux, ni assez décidé pour changer cela
    c) il n'y a RIEN (aucune force organisée oppositionnelle, ni aucune volontée issue de la direction de l'UNEF-ID) qui laisse à penser que la future organisation va changer de ligne dans le sens d'un meilleur combat pour la défense des droits étudiants. Bien au contraire.
    
    2 - L'analyse de Charbonnier témoigne d'une profonde incompréhénsion sur le pourquoi d'une telle fusion. Le but est pour le gouvernement de s'assurer d'une "courroie de transmission" suffisamment forte et "légitime" pour assurer la mise en place sans heurts de ses réformes. C'est ce que nous expliquons par le terme "centrale cogestionnaire" (co, avec les gouvernements)
    
    2 - Charbonnier ressort son habituel agrument sur les élections. Faut-il lui rappeler encore (ce doit être le trentième message où j'explique cette évidence) que les élections assurent une légitimité à l'élu lorsque celui-ci est : ELU PAR UNE PART MAJORITAIRE DE L'ELECTORAT.
    
    Or, jusqu'à preuve du contraire, l'UNEF-ID obtient des scores de 40% des étudiants qui votent. Ceux-ci étant en général bien-dessous des 10%.
    Obtenir 40% de 10% des électeurs revient à dire qu'on représente 4% de l'électorat. On a vu des organisation et des individus mieux légitimités par les suffrages.
    
    Enfin, tu apprendras que les organisations de lutte dont tu parles obtiennent pour la plupart des scores très honorables et souvent bien devant l'UNEF-ID (c'est le cas à Montpellier notamment où l'alliance de l'UNEF et du SEUL a démontré le partage 2/3 1/3 en notre faveur). 
    Ces syndicats de lutte (sans copyright, ni trade mark, ni register, ni autre chose) se sont toujours battu et continuent à se battre pour l'union syndicale et s'unissent effectivement. Pas comme l'inénarrable Charbonnier le souhaite, certes, mais ça, ce serait plutôt bon signe.
    
    Enfin (je ne reviendrais pas sur le fait que Charbonnier confond syndicalisme révolutionnaire et anarcho-syndicalisme, il prendra n'importe quel bouquin de Pelloutier ou n'importe quel ouvrage sur la charte d'Amiens et se rendra compte que les mots sont trompeurs, surtout lorsqu'on est ignare), un dernier mot sur ce qu'il appelle notre "radicalité".
    
    Face à lui et à l'UNEF-ID il faut avouer que n'importe quelle revendication est effectivement radicale. Pourtant moi, je ne vois aucune radicalité particulière a lutter pour que l'université reste un service public, laïque, ouvert à tous et offrant la meilleure qualité d'étude débouchant sur un diplôme reconnu nationalement et offrant des débouchés sur le marché du travail.
    
    C'est la base du syndicalisme tel que nous l'entendons.
    Cette base-là implique : 
    - le combat pour l'abrogation du plan U3M (qui remet en cause la notion de cadre national des diplômes, l'égalité de financement des universités, remet en cause le libre accès de tous quel que soit les origines géographiques...)
    - le combat pour  la contractualisation des universités (qui permet l'intervention d'intérêt privés dans les fac et pose le principe "région riche université riche, région pauvre université pauvre") et donc l'abrogation des lois Jospin-Lang
    -  la lutte contre les licences professionnelles, les diplômes "maison", les filières "à la carte", les enseignement dispensés par des "intervenants extérieurs" (qui remettent en cause la qualité des diplôme, leur cadre national, les frais d'inscription fixés nationalement...)
    - le combat contre le désengagement de l'Etat entamé dans les facs depuis trente ans (pour les mêmes raisons que celles énoncées plus haut).
    
    Bref, toute chose que l'UNEF-ID ne revendique plus depuis belle lurette. Et que le BN Delpas n'a jamais envisagé de revendiquer, sauf sur quelques textes bidons et jamais suivis de campagne.
    
    Les syndicats de lutte, ne sont en réalité rien d'autres que des organisations qui se battent pour ces mots d'ordre (et d'autres).
    
        Ca ne plait peut être pas à Charbonnier, mais c'est un combat juste. Qui mérite d'être mené.
        
        Dernière chose avant que je m'énerve : que quelqu'un offre une carte de bibliothèque à Charbonnier.