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[discussions] Le Cercle Rouge. =?iso-8859-1?Q?=5BR=E9ponse=20=E0?= M. Poggioli]

Posté par Vincent Charbonnier le 22/11.

piece jointe : TEXT/HTML
Il m'a semblé intéressant de proposer à la connaissance des camarades de
l'UNEF, les éléments d'un débat qui les concerne et qui se déroule, par
la gâce de la FAGIF, certainement au nom du principe guevarriste des
foyers — ce dont je ne la blame pas, au contraire —, un débat qui se
déroule sur le Forum de la FSE. Je vous propose donc ci-dessous le
message de Morgan Poggioli, suivi de ma réponse.

Vincent Charbonnier

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De : poggioli morgan
Date: Mercredi 22 novembre 2000 à 14:25:00
Objet: UNEF et FSE

Comme prévu le congrès d'Orsay a été une enorme mascarade comme le
prouvent les différents messages sur le orum de l'UNEF. L'oppo (je sais
que xertains n'aiment pas le terme) sera obligée, dans un laps de temps
plus ou moins court, de scissionner.
Dès lors deux problèmes se poseront:
Primo, l'oppo veut conserver le nom d'UNEF et c'est bien la un droit
légitime mais tous (le BN)ne les laisseront pas faire.
Deuxio, et la le probleme est plus grave, l'oppo (en tout cas la
FAGIF)ne pense qu'à ca.
La vraie question est POURQUOI EST ON SYNDIQUE ?
Pour défendre l'interet general des etudiants ou pour soi?
 L'union entre le FSE et l'oppo UNEF (et les SE, ASL et autres) me
parait etre la seule solution pour contrer la futuremachine a gagner les
elections cad le "syndicat" UNEF/UNEF ID.
Et la FAGIF parait mettre beaucoup plus de conditions a cette réunion
que la FSE et cela me semble dommageable pour tous (syndiqués et
étudiants). Mon but n'est pas de heurter certains mais d'exprimer ma
désillusion face à ce constat.
Mon souhait le plus cher est que l'on puisse se retrouver le plus vite
possible dans un syndicat unique digne de ce nom (et peut m'importe son
nom d'ailleurs) du moment que l'on soit tous ensemble.


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Ma réponse

Le Cercle rouge.

Je souhaiterais qu'un jour, on veuille bien m'expliquer, en vertu de
quel intemporel principe ou de quelle fatalité inscrite dans le ciel des
idées syndicales, la future organisation qui s'esquisse au travers de
l'unification de l'UNEF et de l'UNEF-ID (pour l'instant…), serait
uniquement et strictement une « machine à gagner les élections » ?
Outre le fait, bien connu de nos camarades enlutte®, que les élections
sont des pièges à cons pour bureaucrates en mal de reconnaissance et de
calins, il faut aussi (leur) rappeler qu'elles servent aussi, et
accessoirement, à se compter et que, malgré tout ce qu'ils peuvent
penser en ayant (mal) lu, quoiqu'ils en disent, leurs classiques, les
conseils centraux sont aussi des lieux de lutte syndicale et
intersyndicale (enseignants, IATOSS).
A Georg Lukács, fameux philosophe hongrois et Commissaire à l'éducation
dans la République hongroise des conseils en 1919  qui appelait à
délaisser les instances parlementaires bourgoises pour ne se consacrer
qu'à la lutte armée, Lénine répondit vertement qu'il fallait, dans la
lutte contre la bourgeoisie, ne négliger aucune terrain et aucun front.
Toutes proportions gardées, c'est le même type de réponse que
j'opposerai aux camarades qui trépignent dans leur radicale-minorité, ne
cessant d'éructer qu'ils sont purs (et durs), 100%
syndical-révolutionnaire.
Le plus important cependant, dans tout cela, c'est le refus de ces
camarades de construire une organisation unitaire. Ils se veulent des
furieux du syndicalisme toujours delutte®, les vrais amis de les
étudiants, les seuls vrais syndicalistes qui luttent contre les
conséquences de la contre-réforme libérale, en fait la pointe acérée
d'une révolution passive engagée voilà bientôt 20 ans, mais au fond, ils
ne sont que des syndicalistes de la secte qui ne (se) construisent que
sur la scission permanente : PLUS RADICAL QUE MOI, TU MEURS !!!!
Il est alors évident qu'ils n'ont aucun, absolument et définitivement
aucun intérêt à vouloir se compter ? à se conter, si en revanche. Il est
non moins évident qu'ils ne cherchent pas à porter la contradiction dans
le camp adverse, en travaillant collectivement et de concert avec des
camarades au sein des deux UNEF, à dévoiler les contradictions qui
animent ces organisations pour tenter de les résoudre et aller plus
loin. La raison en est simple. Objectivement, ils ont besoin de
l'UNEF-ID ou de l'UNEF pour justifier leur propre existence puisqu'ils
se drapent immédiatement dans l'op-position la plus résolue, op-position
polaire, celle de la scission. Et tous ceux qui, nombreux sinon la
majorité, sont entre les deux, ils sont sommés de choisir leur camp et
vite. Une telle configuration est, on l'aura deviné, non seulement
fausse et fallacieuse mais par dessus tout, c'est le plus grave,
démobilisante.
C'est pourquoi, il est des camarades qui, se battant contre la
pseudo-évidence des op-positions distribuées, luttent collectivement, et
sans exclusive ni polpotisme résiduel, dans les deux UNEF pour une
unification organisationnelle du mouvement étudiant, dotée d'une
orientation syndicale offensive, anti-libérale et démocratique, dotée
d'un mode de fonctionnement qui autorise et encourage le débat et la
réflexion, et qui facilite in fine l'appropriation des problèmes et des
questions par TOUS et TOUTES les militants.
Leur travail est courageux et opiniâtre. Ils ne cherchent pas à jouer
les héros dans les livres d'histoire, ni à jouer les démiurges
improbables. Ils ne cherchent pas, quoique certains médiocres esprits,
rances, rassis et sectaires croient pouvoir le leur reprocher,à
collecter médailles ou autres strapontins. Ils se battent aussi pour les
étudiants, pour l'unité, mais concrètement, sans plastroner qu'ils sont
les seuls vrais syndicalistes dans l'univers. Ils sont un peu le travail
du négatif et ils comment à discerner quelles clartés gisent sous leurs
ténèbres.