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Posté par elise-lemercier le 10/11.

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Voici la motion adoptée par l'Ager-Unef (Rouen) lors de son AG local de congrès national :

Actuellement, le débat sur la réunification UNEF/UNEF-ID est quasiment uniquement abordé en terme d'une nouvelle structuration pour les étudiants. Il est plus qu'urgent de ne pas rester le nez collé sur cette question. Prendre en compte le contexte social est indispensable pour décider de quel syndicalisme les étudiants ont besoin pour défendre leurs droits et en gagner de nouveaux. 

      Le contexte universitaire de cette rentrée 2000-2001 est marqué par la poursuite de la mise en place des réformes Allègre-Lang. Chaque université, au sein de son " pôle universitaire " crée des licences professionnelles sans cadre national ni garantie d'un minimum d'enseignement général, donc de pouvoir accéder à bac+4. Par exemple, à Rouen, une licence pro " création d'entreprise " est née cette année. 

    Plus de 100 000 étudiants vivent en dessous du seuil de pauvreté ; de plus en plus d'étudiants doivent se salarier pour pouvoir étudier ; les étudiants étrangers sont de plus en plus menacés notamment par des attitudes de " collaboration " des universités avec les préfectures.Malgré cela, le syndicalisme étudiant est en perte de vitesse. Face à cette situation, les organisations syndicales ont deux principales alternatives.

        Le choix des UNEF en réunifiant est de mettre en avant une nouvelle structure étudiante dont les objectifs sont d'être un cadre " fourre-tout " où la co-gestion des universités et l'amélioration des conditions d'étude pourraient vivre en bonne harmonie. Cependant, les faits récents (réformes Bayrou et Allègre, co-gestion des CROUS.) nous montrent que cette solution est illusoire et dangereuse pour les étudiants qui en subissent les conséquences.

        Au contraire, construire un syndicalisme qui se donne les moyens de combattre au quotidien les circulaires discriminatoires, les réformes Allègre-Lang n'est pas " désuet ". Il est également indispensable que nous formulions des propositions concrètes pour un véritable service public d'enseignement supérieur permettant à tous d'étudier dans de bonnes conditions (refonte totale de l'aide sociale, budget garantissant un enseignement de qualité, ce qui doit notamment passer par un recrutement massif d'enseignants et de personnels administratifs statutaires, la construction de nouveaux locaux salubres.).

Etant donné la faiblesse du mouvement étudiant, la priorité doit être donnée à l'émergence de cette force étudiante et non à la dispersion de nos forces dans des activités parfois louables mais inutiles pour combattre ces attaques d'ampleur. 

Ces deux choix deviennent de plus en plus antagonistes à mesure que les attaques s'aggravent. Ce serait naïf voire démagogique de nous faire croire qu'une organisation qui n'est plus uniquement un syndicat, qui cogère les universités et les CROUS pourrait en même temps mobiliser contre ce qu'elle participe à mettre en place. De fait, c'est le choix implicite de la cogestion qui est pris. Par conséquent, comment serait-il possible de continuer à défendre librement et efficacement les droits des étudiants ? La situation actuelle empêche de se retrouver au sein de la même structure.

Cette rupture ne se fait pas sur des bases sectaires. Comme nous l'avons démontré dans le passé en tentant localement des campagnes communes avec l'UNEF-ID et en proposant des campagnes nationales au sein de l'UNEF, nous continuons à rechercher l'unité la plus large sans pour autant compromettre la défense des droits étudiants. Dans ce sens et dans la logique de notre investissement dans le réseau " Tous ensemble contre les réformes Allègre ", nous nous engageons dans un processus de rencontres avec la FSE, les SE, SUD etc. De même, nous réaffirmons notre volonté de continuer à travailler en commun autant que possible avec les sections syndicales qui le souhaiteraient, y compris celles qui seront membres de l'organisation unifiée. Notre souhait est d'ouvrir la possibilité de véritables recompositions du mouvement étudiant où la défense inconditionnelle des droits des étudiants aurait toute sa place.

Rendez-vous au congrès.