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[discussions] Le renouveau et ses f&tiches

Posté par Vincent Charbonnier le 10/11.

piece jointe : TEXT/HTML
On progresse.
Comme le disait Aristote, un sage parmi les sages, "c'est la fin qui en
toutes choses est le principal". Je propose donc de commencer par la fin
de la réponse du sieur EL, seule vraiment intéressante, le reste de sa
réponse n'étant qu'une réponse cursive à mon propos, sans grand intérêt
donc, puisque tout discours est par définition réfutable en ce que l'on
a tout loisir d'affirmer le contraire de ce qui est dit. Magie de la
langue!!
Cessons là cette digression et tentons une réponse à l'essentiel de la
réponse du camarade EL, son objection dont le ton nous invite à penser
qu'elle se veut aussi définitive qu'imparable. Je cite EL

     Tu as définitivement, mon camarade, choisi la position du
     moine aux dépens de celle du soldat. C'est une position
     commode pour nous écraser de ton
     mépris, mais elle ne suffit pas à te faire échapper au
     ridicule quand, si je me réfère à tes prises de position:
     1) Tu es contre la réunification Seiler-Delpas
     2) Tu es contre la FSE
     3) Tu es contre le renouveau de l'UNEF
     Je ne doute pas que, si d'aventure, par toi convaincu,
     quelqu'un venait prêcher ici la nécessité de renoncer à tout
     syndicalisme étudiant, il provoquerait
     aussitôt ton ire.
     Alors, QUE NOUS PROPOSES-TU, GRAND SAGE ?
     Que ferais-tu si, comme moins, tu étais secrétaire à
     l'organisation d'une des AGE de l'UNEF les plus solidement
     implantées, qui poursuit un travail utile
     aux étudiants de sa fac qu'elle ne pourrait poursuivre dans la
     prétendue UNEF réunifiée


Le mépris n'ayant à mon sens que peu de hauteur, je ne vois pas trop, si
tant est que j'y suis perché, comment vous (t' ?) écraser avec.

1. Je suis contre le processus de réunification tel que le BN l'a décidé
(mais non pas contre la nécessité d'une réunification syndicale pour
laquelle j'ai toujours lutté).
2. Je ne suis pas moins contre la FSE qui est une aventure par le simple
fait qu'elle a choisi la scission comme mode de construction syndicale,
et qu'elle n'envisage l'unité du mouvement syndical étudiant que sur le
fond de cette scission. Elle se rêve comme le noyau d'une future
organisation syndicale étudiante de masse, delutte® bien évidemment. Il
n'est pas bien difficile de discerner sous cette intention quelque
fameuse théorie politique qui agite encore l'extrême-gauche française,
ce dont, soit dit en passant, la dernière intervention de Nathan Balsan
sur le présent Forum nous instruit.
3. Je suis contre l'UNEFthon, parce que j'ai une sainte, mais laïque,
horreur de la charité. Je suis contre l'UNEF-maintenue, parce qu'au
fond, elle n'a pour unique objectif, quoiqu'en dise ses thuriféraires,
de disputer les vaines prétentions de la FSE à incarner le renouveau du
syndicalisme étudiant et qu'elle en partage par conséquent les chimères.
Qui plus est, ce renouveau cela fait 30 ans qu'il renouvelle le
renouveau avec la nouveauté que l'on sait. Je suis contre le
pseudo-renouveau de l'UNEF parce qu'il ne propose rien de neuf. S'il
s'agit d'être encore plus unefien qu'auparavant, non merci. Je ne vois
surtout pas pourquoi, la belle crapulerie du BN ó il faut au moins leur
reconnaître cette belle pirouette qui a planté beaucoup de monde ó ne
serait pas aussi l'apanage de la prochaîne direction si jamais elle se
trouvait à son tour en difficulté ?

Etre contre, ces 3 possibilités, c'est aussi indiquer que le champ des
possibles, comme disait si bien le Vengeur Masqué, ne s'y restreint pas.
Je suis désolé, mais je ne (me) reconnais pas (dans) la fermeture de la
réalité à ces 3 seules possibilités évoquées par EL. L'U-Id est certes
imparfaite, pas toujours aussi démocratique qu'elle le proclame. Cela
justifie t-il que l'on crache à la gueule de camarades qui se battent
pour plus de démocratie en son sein ? Je préfère encore une mauvaise
démocratie, toujours perfectible pourvu qu'on s'en donne la peine et les
moyens, à une bonne dictature que l'on ne peut que renverser, mais pas
forcément en son contraire...

Enfin, je voulais aussi signaler à EL que le "en retraite" du "pailleron
d'étudiants" est ironique, comme il l'était pour De Gaulle. Tu n'oses
pas imaginer que je prélève sur le temps précieux d'écriture de ma thèse
et de préparation de mes cours, pour répondre à un étudiant retraité
quand même. C'est bien parce que tu es loin de la retraite que je te
réponds.

  « Il n'y a de science que du général (Aristote) ; Il n'y a de science
                  que du secrétaire général (Staline) »
                                                               G. Labica



Vincent Charbonnier