[discussions] Re : Extension du domaine de la lutte ?
Posté par Emmanuel Lyasse le 9/11.
piece jointe : TEXT/HTML
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DeÝ: Vincent Charbonnier
À : Emmanuel Lyasse , Forum UNEF
ObjetÝ: Extension du domaine de la lutte ?
DateÝ: Mar 7 nov 2000 0:41
« En réalité on ne peut prévoir scientifiquement que la lutte non les
moments de celle-ci. » (A. Gramsci)
Remettons un peu les choses en place.
Et commençons pas fixer le problème de la question posée (Opposition ou
opposcission ?), sous la forme de quelques interrogations qui vont nous
aider à progresser. Pourquoi maintenir l'UNEF contre une autre ? On nous
a répondu et on continuera, je le pense, à nous répondre longtemps qu'il
n'y a aucune raison valable qui justifie que l'on quitte un navire avec
les « rats » qui l'ont fait couler, ou, pour le dire autrement ò c'est
une phrase de circonstanceò, il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du
bain. Soit.
Il me semble que nos arguments, sur ce forum en particulier, ont été
tout autres.
Forger les arguments qu'on attribue à la partie adverse pur pouvoir
ensuite les détruire souverainement est un vieux truc qui ne grandit pas
ceux qui l'utilisent.
Demeure toutefois la même question de savoir pourquoi maintenir une
organisation totalement liquide (à tous points de vue)
Là je comprends mal. Tu défends, mon cher Vincent, sur un autre forum,
avec une opiniâtreté que je salue, le bilan du CEN-UNEF. Il me semble
suffire à démontrer le caractère non totalement liquide de l'UNEF. Tu
m'accorderas de plus, je l'espère en tout cas, que le CEN n'est pas la
seule AGE de l'UNEF ayant un bilan à présenter. Les textes récemment
publiés par la FAEB l'attestent, d'ailleurs.
Alors, pourquoi fonder ton argumentation sur un postulat dont tes
propres oeuvres montrent la gratuité ?
et subséquemment, pourquoi ne pas rejoindre une organisation syndicale
presque unitaire,
Nous ne devons pas parler de la même (cf tous mes messages précédents)
excepté donc quelques printemps attardés au nord-ouest et dans le grand
sud, une organisation unique en laquelle un travail d'opposition serait
possible ? Il n'a jamais été écrit nulle part, sauf peut-être dans les
chimères de quelques uns, que le travail fractionnel au sein d'une
organisation syndicale, étudiante de surcroît, était impossible, ni
improductif.
Comme disait Jean-Jacques "Ecartons d'abord tous les faits qui ne
prouvent rien".
Est-ce la TUD que tu nous proposes en exemple ?
Je crois avoir déjà démontré pourquoi un travail fractionnel dans l'U-ID
était voué au grotesque: précisément parce qu'lle n'a plus rien de
syndical dans ses structures.
Pourquoi donc estimer A PRIORI impossible de se battre dans une
organisation dont la direction serait opposée à une orientation
véritablement syndicale, qui refuserait de se battre contre une autre
liquidation, autrement plus importante celle-là, du service public
d'éducation ?
Ce n'est certes pas a priori. J'y reviendrai pour te mettre face à tes
contradictions.
Tout cela comporte déjà beaucoup de conditionnels qui, je le rappelle à
toutes fins utiles, est le mode de l'hypothèse ou du souhait
conditionnel. Mais surtout, une telle position consiste à présupposer ce
qu'il s'agit précisément de démontrer, non par des sophismes ou des
slogans verbeux, mais par une analyse rigoureuse. Si je prends le cas de
l'Allocation d'étude pour tous, le seul et unique argument, quelques
soient les oripeaux plus ou moins élaborés qui l'habillent, se résume à
cette antienne () que j'extraie de la contribution jointe par Emmanuel
dans son précédent message : « Il était naturel pour la plupart d'entre
nous, et juste d'ailleurs, d'analyser le discours de l'Ennemi sur
l'autonomie par une allocation d'un montant identique pour tous comme un
discours de gosses de riches» (c'est moi qui souligne doublement). J'ai
eu beau chercher le nerf de l'argument, je n'ai trouvé que pâles
ossements blanchis au soleil désormais éteint de la guerre froide.
Cherche mieux, camarade. Et, surtout, lis la suite de mon texte, au lieu
de citer une seule phrase hors de son contexte. Tu seras surpris.
Autre exemple de sophisme de masse, cette magistrale réponse de EL à mon
interrogation sur l'absence précisément d'interrogation critique et
collective des défaites successives de l'UNEF aux (deux) dernières
élections du CROUS, réponse qui me dit en substance que 1) le mode de
scrutin est constestable [et alors quoi ?] ; 2) que les résultats
reflètent la crise de l'implantation de l'UNEF [donc imputables in fine
au BN] ; 3) que le BN [encire lui] a mené des opératons désastresues de
parachutages qui se soldèrent par des échecs ; 4) en dernière analyse,
c'est la crise de la DN qui rend raison de ces défaits. Soit, si on fit
un bilan : le BN est une triple (ou quadruple*) buse, puisqu'il condense
à lui seul toutes les carences de l'organisation.
Là, je me vois contraint de renoncer à toute argumentation, face à un
contradicteur qui refuse obstinément de citer MES arguments (je vous
prends tous à témoins que je n'ai pas écrit les sottises qu'il cite), et
qui pousse le narcissisme jusqu'à débattre avec lui-même, en rebaptisant
Lyasse la partie de lui-même qu'il souhaite réfuter.
Une telle unanimité et une telle circularité de l'argument doit nous en
faire suspecter la légitimité et la pertinence heurisitique.
J'affirme n'avoir décidément rien à faire dans ce débat inter charbyque.
Car le BN est l'expression, bien peu démocratique j'en conviens, parce
que non élu démocratiquement, de l'organisation. À ce titre il est aussi
le reflet de l'organisation. Et les déformations qu'il y applique et
qu'on lui impute proviennent aussi de cette organisation, dont le
fonctionnement interne fut et reste avec ses nouveaux seigneurs tout
aussi peu démocratique. Bref, malgré les déclarations d'intention, les
discours héroïques et flamboyants de néo-démocrates qui découvrent
soudain les vertus du règlement intérieur et des statuts, l'opposition
de quelques camararades à la liquidation de l'UNEF par une partie de sa
direction et donc futurs ex-camarades des précédents, est une
pseudo-opposition, syndicalement creuse, sans vie.
Merci pour elle.
J'aimerais comprendre, mon camarade, comment tu peux à la fois me
reprocher d'être un opposant de fraîche date et me reprocher la chanson
du banquet final du congrès de Toulouse. Faut choisir.
Je pense que nous voici conduit au c*ur du problème de la question
rappelée plus haut. Le problème de l'UNEF, c'est l'absence de culture
démocratique en son sein, chose qu'on ne peut pas imputer à l'U-ID ò je
sais que cela désespère certains mais bon ò, et je parle d'expérience.
Certes, la démocratie à l'U-Id, mais comme partout ailleurs, n'est pas
déconnectée des moyens que l'on dispose pour la mettre en *uvre. Mais
elle est réelle.
Ce n'est pas ce qu'affirme le texte que tu nous donnes en pièce jointe
qui démontre, de façon moins précise que celui d'I&A, mais néanmoins
pertinente, le caractère antidémocratique de l'U-ID en 1993. Dois-je
conclure que tu considères qu'elle a radicalement changé depuis, et dans
le bon sens ? Ça se saurait.
Regrettes-tu d'avoir alors changé d'UNEF ?
Et ce n'est pas parce que l'on est pas minoritaire dans une organisation
que celle-ci est anti-démocratique (et réciproquement). C'est donc en ce
point précis que se situe peut-être le problème *dipien de la
réunification, dont je dis tout de suite que si je l'approuve dans le
principe, aujourd'hui comme hier, j'en désapprouve totalement les
modalités présentes.
Car celle-ci n'a pas été démocratiquement proposée par le BN et, ce qui
est le comble et même le pire, encore moins discutée par les
oppositionnels au BN et/ou à cette idée. Ceux-ci se sont contentés de
crier avec véhémence à la trahison, à la liquidation de l'organisation,
mais jamais à discuter la proposition du BN.
Encore une fois, il serait plus facile de débattre avec Vincent s'il
consentait parfois à lire les textes qu'il n'a pas écrits, plutôt que
les imaginer.
Je pense que s'il avait lu, par exemple, l'appel d'Antony, il n'écrirait
pas de telles absurdités. Je serais curieux de savoir ce qu'il pense de
ce texte, s'il daignait le lire.
Ce qui s'est passé par la suite, montage d'une liste UNEF-véritable,
D'une liste de rassemblement syndical à laquelle ont participé 17 élus
de l'UNEF. C'est plus qu'une nuance.
etc., a surtout révélé de fortes dispositions au procédural et à la
chicane juridique, mais bien peu finalement au débat de fond, sur le
fait d'une organisation syndicale unitaire, sa nécessité, son intérêt,
sa pertinence historique, etc. En un mot, les « zoppos » ont largement
puisé dans l'arsenal classique de l'UNEF, celui de la peur des méchants
réformistes qui, la rose entre les dents, déflorent le syndicalisme
lutte de classe des valeureux et héroïques syndicalistes, etc, etc. On a
exploité la peur du nouveau comme une arme au service de la pire
régression, celle de toute classe dominante acculée, la défense de ses
propres intérêts, qui de son inscription dans l'histoire « X premier
président de l'« UNEF-maintenue », après une héroïque résistance contre
l'ennemi* », qui un destin national comme on dit, qui « putain
capitaine, j'ai bouffé du sozdem ».
Ceux qui me connaissent connaissent aussi mon attachement au souvenir de
ce parti qui avait choisi une rose ROUGE dans un poing serrée comme son
logo. Ce parti n'est plus.
Je ne crois pas que l'U-ID puisse être qualifiée de soc-dem. Tu nous as
rappelé judicieusement en août que Lénine était un social-démocrate.
L'as-tu oublié depuis ?
Ceux qui ont fondé l'U-ID, et ont ensuite pénétré dans le PS n'e
l'étaient certes pas., et ne le sont toujours pas.
C'est la raison pour laquelle j'ai proposé la formule du « Pailleron
d'étudiants »,dont les subtilités n'ont semble-t-il pas été pleinement
saisies. Dois-je ici faire l'injure d'indiquer à notre historien général
la référence gaullienne du « Pailleron d'étudiants » ?,
J'ai moi aussi été à l'école primaire, merci.
Mais, au contraire de celui qui m'agresse e ces termes, je n'ai rien
d'un retraité du syndicalisme étudiant.
formule qui est d'ailleurs bien plus qu'une simple figure de style
destiné à épater la galerie. Je continue à penser, et les événements
renforcent ma conviction, que tout comme il y eut quelques généraux pour
en appeler aux mânes de la France éternelle en Algérie voici bientôt
quarante ans, il y a aujourd'hui, quelques cadres ex-dirigeants de
l'UNEF qui en appellent aux mânes de l'UNEF éternelle contre les
liquidateurs supposés d'une organisation déjà bien mal en point.
Des noms !
Faute de quoi cette imprécations serait purement gratuite.
Car il est frappant, je me dois de répondre sur ce point, il est
frappant d'entendre EL nous instruire de l'existence de quelques mythes
fondateurs du syndicalisme étudiant, en particulier de la Charte de
Grenoble, mais continuer à arborer sur les courriers en-tête de
l'organisation ces quelques mythes grandiloquents pitoyables de
démonstrativité.
La charte de Grenoble est une étape de l'histoire dans laquelle nous
nous inscrivons, après la fondation de Lille et avant le renouveau de
1971.
Ce que je dénonce (et j'attends des arguments de Vincent à ce sujet)
c'est sa mythification hors de tout contexte historique. L'en tête que
nous utilisons parfois la remet au contraire à sa juste place.
Sans mésestimer les nécessaires différences de points de vue entre les
camarades qui optent pour la réunification et ceux qui s'y opposent, il
me paraît clair, quant à moi, que chacun des deux camps,au sommet défend
avant toute chose quelque obscur désir de reconnaissance historique
et/ou, ce qui n'est pas incompatible, quelques menus intérêts
personnels. Le réfuter en me disant que ce n'est pas vrai, parce que ce
n'est pas vrai, la preuve je suis un syndicaliste, sont par avance
disqualifiés.
Une citation de Didier Motchane s'impose: "Il ne suffit pas de faire la
psychologie de l'Histoire pour rendre compte de l'histoire de la
psychologie" (XIVe colloque du CERES, Rapport introductif)
Le plus grave, c'est qu'au milieu de tout cela il y a des militants à
qui on bourre le crâne et qu'on transforme en moines-soldats.
Tu as définitivement, mon camarade, choisi la position du moine aux
dépens de celle du soldat. C'est une position commode pour nous écraser
de ton mépris, mais elle ne suffit pas à te faire échapper au ridicule
quand, si je me réfère à tes prises de position:
1) Tu es contre la réunification Seiler-Delpas
2) Tu es contre la FSE
3) Tu es contre le renouveau de l'UNEF
Je ne doute pas que, si d'aventure, par toi convaincu, quelqu'un venait
prêcher ici la nécessité de renoncer à tout syndicalisme étudiant, il
provoquerait aussitôt ton ire.
Alors, QUE NOUS PROPOSES-TU, GRAND SAGE ?
Que ferais-tu si, comme moins, tu étais secrétaire à l'organisation
d'une des AGE de l'UNEF les plus solidement implantées, qui poursuit un
travail utile aux étudiants de sa fac qu'elle ne pourrait poursuivre
dans la prétendue UNEF réunifiée
J'attends ta réponse avec impatience.
Qui a dit que Trotsky était mort ?
Pas moi !
Vincent Charbonnier
PS. Comme EL nous a fait la grâce de joindre quelques réflexions
personnelles à son précédent message, ce dont il faut le remercier, je
me permets à mon tour de joindre un texte dont je fus l'un des 4
co-rédacteurs. il s'agit d'un texte dit « d'appel à tendance » pour le
73° congrès de l'UNEF-ID qui se déroula en mai 1993 à Clermont-Ferrand,
ou plus exactement, comme EL le précise en un endroit de sa
contribution, entre Clermont-Ferrand et la rue de Solférino à Paris, et
auquel j'ai participé, non sans amertume, puisque c'est après ce congrès
de fou que j'ai quitté l'U-Id. Je prends donc la liberté de proposer ce
texte à la sagacité critique des participants à ce Forum, tout en ne
disconvenant pas qu'il s'agit d'un texte avec ses faiblesses et se
carences mais qui a tranché, à l'époque, par son ambition et sa manière
de poser certaines questions, auquel la Tendance Indépendance et
Démocratie issue d'une scission interne à la majorité de l'U-Id en
décembre 1992 doit quelqus petites choses*
Bonne lecture