Répondre à ce message - retour au sommaire de la page  

[discussions] Extension du domaine de la lutte ?

Posté par Vincent Charbonnier le 7/11.

piece jointe : TGU.rtf
piece jointe : TEXT/PLAIN
--------------E8C411DA25A9D3378D12114A
Content-Type: text/plain; charset=iso-8859-1; x-mac-type="54455854"; x-mac-creator="4D4F5353"
Content-Transfer-Encoding: 8bit

  « En réalité on ne peut prévoir scientifiquement que la lutte non les
                   moments de celle-ci. » (A. Gramsci)

Remettons un peu les choses en place.
Et commençons pas fixer le problème de la question posée (Opposition ou
opposcission ?), sous la forme de quelques interrogations qui vont nous
aider à progresser. Pourquoi maintenir l'UNEF contre une autre ? On nous
a répondu et on continuera, je le pense, à nous répondre longtemps qu'il
n'y a aucune raison valable qui justifie que l'on quitte un navire avec
les « rats » qui l'ont fait couler, ou, pour le dire autrement — c'est
une phrase de circonstance—, il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du
bain. Soit.
Demeure toutefois la même question de savoir pourquoi maintenir une
organisation totalement liquide (à tous points de vue) et subséquemment,
pourquoi ne pas rejoindre une organisation syndicale presque unitaire,
excepté donc quelques printemps attardés au nord-ouest et dans le grand
sud, une organisation unique en laquelle un travail d'opposition serait
possible ? Il n'a jamais été écrit nulle part, sauf peut-être dans les
chimères de quelques uns, que le travail fractionnel au sein d'une
organisation syndicale, étudiante de surcroît, était impossible, ni
improductif. Pourquoi donc estimer A PRIORI impossible de se battre dans
une organisation dont la direction serait opposée à uneorientation
véritablement syndicale, qui refuserait de se battre contre une autre
liquidation, autrement plus importante celle-là, du service public
d'éducation ?
Tout cela comporte déjà beaucoup de conditionnels qui, je le rappelle à
toutes fins utiles, est le mode de l'hypothèse ou du souhait
conditionnel. Mais surtout, une telle position consiste à présupposer ce
qu'il s'agit précisément de démontrer, non par des sophismes ou des
slogans verbeux, mais par une analyse rigoureuse. Si je prends le cas de
l'Allocation d'étude pour tous, le seul et unique argument, quelques
soient les oripeaux plus ou moins élaborés qui l'habillent, se résume à
cette antienne () que j'extraie de la contribution jointe par Emmanuel
dans son précédent message : « Il était naturel pour la plupart d'entre
nous, et juste d'ailleurs, d'analyser le discours de l'Ennemi sur
l'autonomie par une allocation d'un montant identique pour tous comme un
discours de gosses de riches» (c'est moi qui souligne doublement). J'ai
eu beau chercher le nerf de l'argument, je n'ai trouvé que pâles
ossements blanchis au soleil désormais éteint de la guerre froide.
Autre exemple de sophisme de masse, cette magistrale réponse de EL à mon
interrogation sur l'absence précisément d'interrogation critique et
collective des défaites successives de l'UNEF aux (deux) dernières
élections du CROUS, réponse qui me dit en substance que 1) le mode de
scrutin est constestable [et alors quoi ?] ; 2) que les résultats
reflètent la crise de l'implantation de l'UNEF [donc imputables in fine
au BN] ; 3) que le BN [encire lui] a mené des opératons désastresues de
parachutages qui se soldèrent par des échecs ; 4) en dernière analyse,
c'est la crise de la DN qui rend raison de ces défaits. Soit, si on fit
un bilan : le BN est une triple (ou quadruple…) buse, puisqu'il condense
à lui seul toutes les carences de l'organisation. Une telle unanimité et
une telle circularité de l'argument doit nous en faire suspecter la
légitimité et la pertinence heurisitique. Car le BN est  l'expression,
bien peu démocratique j'en conviens, parce que non élu démocratiquement,
de l'organisation. À ce titre il est aussi le reflet de l'organisation.
Et les déformations qu'il y applique et qu'on lui impute proviennent
aussi de cette organisation, dont le fonctionnement interne fut et reste
avec ses nouveaux seigneurs tout aussi peu démocratique. Bref, malgré
les déclarations d'intention, les discours héroïques et flamboyants de
néo-démocrates qui découvrent soudain les vertus du règlement intérieur
et des statuts, l'opposition de quelques camararades à la liquidation de
l'UNEF par une partie de sa direction et donc futurs ex-camarades des
précédents, est une pseudo-opposition, syndicalement creuse, sans vie.
Je pense que nous voici conduit au cœur du problème de la question
rappelée plus haut. Le problème de l'UNEF, c'est l'absence de culture
démocratique en son sein, chose qu'on ne peut pas imputer à l'U-ID — je
sais que cela désespère certains mais bon —, et je parle d'expérience.
Certes, la démocratie à l'U-Id, mais comme partout ailleurs, n'est pas
déconnectée des moyens que l'on dispose pour la mettre en œuvre. Mais
elle est réelle. Et ce n'est pas parce que l'on est pas minoritaire dans
une organisation que celle-ci est anti-démocratique (et réciproquement).
C'est donc en ce point précis que se situe peut-être le problème œdipien
de la réunification, dont je dis tout de suite que si je l'approuve dans
le principe, aujourd'hui comme hier, j'en désapprouve totalement les
modalités présentes.
Car celle-ci n'a pas été démocratiquement proposée par le BN et, ce qui
est le comble et même le pire, encore moins discutée par les
oppositionnels au BN et/ou à cette idée. Ceux-ci se sont contentés de
crier avec véhémence à la trahison, à la liquidation de l'organisation,
mais jamais à discuter la proposition du BN. Ce qui s'est passé par la
suite, montage d'une liste UNEF-véritable, etc., a surtout révélé de
fortes dispositions au procédural et à la chicane juridique, mais bien
peu finalement au débat de fond, sur le fait d'une organisation
syndicale unitaire, sa nécessité, son intérêt, sa pertinence historique,
etc. En un mot, les « zoppos » ont largement puisé dans l'arsenal
classique de l'UNEF, celui de la peur des méchants réformistes qui, la
rose entre les dents, déflorent le syndicalisme lutte de classe des
valeureux et héroïques syndicalistes, etc, etc. On a exploité la peur du
nouveau comme une arme au service de la pire régression, celle de toute
classe dominante acculée, la défense de ses propres intérêts, qui de son
inscription dans l'histoire « X premier président de l'« UNEF-maintenue
», après une héroïque résistance contre l'ennemi… », qui un destin
national comme on dit, qui « putain capitaine, j'ai bouffé du sozdem ».
C'est la raison pour laquelle j'ai proposé la formule du « Pailleron
d'étudiants »,dont les subtilités n'ont semble-t-il pas été pleinement
saisies. Dois-je ici faire l'injure d'indiquer à notre historien général
la référence gaullienne du « Pailleron d'étudiants » ?, formule qui est
d'ailleurs bien plus qu'une simple figure de style destiné à épater la
galerie. Je continue à penser, et les événements renforcent ma
conviction, que tout comme il y eut quelques généraux pour en appeler
aux mânes de la France éternelle en Algérie voici bientôt quarante ans,
il y a aujourd'hui, quelques cadres ex-dirigeants de l'UNEF qui en
appellent aux mânes de l'UNEF éternelle contre les liquidateurs supposés
d'une organisation déjà bien mal en point. Car il est frappant, je me
dois de répondre sur ce point, il est frappant d'entendre EL nous
instruire de l'existence de quelques mythes fondateurs du syndicalisme
étudiant, en particulier de la Charte de Grenoble, mais continuer à
arborer sur les courriers en-tête de l'organisation ces quelques mythes
grandiloquents pitoyables de démonstrativité.

Sans mésestimer les nécessaires différences de points de vue entre les
camarades qui optent pour la réunification et ceux qui s'y opposent, il
me paraît clair, quant à moi, que chacun des deux camps,au sommet défend
avant toute chose quelque obscur désir de reconnaissance historique
et/ou, ce qui n'est pas incompatible, quelques menus intérêts
personnels. Le réfuter en me disant que ce n'est pas vrai, parce que ce
n'est pas vrai, la preuve je suis un syndicaliste, sont par avance
disqualifiés. Le plus grave, c'est qu'au milieu de tout cela il y a des
militants à qui on bourre le crâne et qu'on transforme en
moines-soldats. Qui a dit que Trotsky était mort ?


Vincent Charbonnier


PS. Comme EL nous a fait la grâce de joindre quelques réflexions
personnelles à son précédent message, ce dont il faut le remercier, je
me permets à mon tour de joindre un texte dont je fus l'un des 4
co-rédacteurs. il s'agit d'un texte dit « d'appel à tendance » pour le
73° congrès de l'UNEF-ID qui se déroula en mai 1993 à Clermont-Ferrand,
ou plus exactement, comme EL le précise en un endroit de sa
contribution, entre Clermont-Ferrand et la rue de Solférino à Paris, et
auquel j'ai participé, non sans amertume, puisque c'est après ce congrès
de fou que j'ai quitté l'U-Id. Je prends donc la liberté de proposer ce
texte à la sagacité critique des participants à ce Forum, tout en ne
disconvenant pas qu'il s'agit d'un texte avec ses faiblesses et se
carences mais qui a tranché, à l'époque, par son ambition et sa manière
de poser certaines questions, auquel la Tendance Indépendance et
Démocratie issue d'une scission interne à la majorité de l'U-Id en
décembre 1992 doit quelqus petites choses…
Bonne lecture

--------------E8C411DA25A9D3378D12114A
Content-Type: text/html; charset=iso-8859-1
Content-Transfer-Encoding: 8bit





« En réalité on ne peut prévoir scientifiquement que la lutte non les moments de celle-ci. » (A. Gramsci)

Remettons un peu les choses en place.
Et commençons pas fixer le problème de la question posée (Opposition ou opposcission ?), sous la forme de quelques interrogations qui vont nous aider à progresser. Pourquoi maintenir l'UNEF contre une autre ? On nous a répondu et on continuera, je le pense, à nous répondre longtemps qu'il n'y a aucune raison valable qui justifie que l'on quitte un navire avec les « rats » qui l'ont fait couler, ou, pour le dire autrement — c'est une phrase de circonstance—, il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Soit.
Demeure toutefois la même question de savoir pourquoi maintenir une organisation totalement liquide (à tous points de vue) et subséquemment, pourquoi ne pas rejoindre une organisation syndicale presque unitaire, excepté donc quelques printemps attardés au nord-ouest et dans le grand sud, une organisation unique en laquelle un travail d'opposition serait possible ? Il n'a jamais été écrit nulle part, sauf peut-être dans les chimères de quelques uns, que le travail fractionnel au sein d'une organisation syndicale, étudiante de surcroît, était impossible, ni improductif. Pourquoi donc estimer A PRIORI impossible de se battre dans une organisation dont la direction serait opposée à uneorientation véritablement syndicale, qui refuserait de se battre contre une autre liquidation, autrement plus importante celle-là, du service public d'éducation ?
Tout cela comporte déjà beaucoup de conditionnels qui, je le rappelle à toutes fins utiles, est le mode de l'hypothèse ou du souhait conditionnel. Mais surtout, une telle position consiste à présupposer ce qu'il s'agit précisément de démontrer, non par des sophismes ou des slogans verbeux, mais par une analyse rigoureuse. Si je prends le cas de l'Allocation d'étude pour tous, le seul et unique argument, quelques soient les oripeaux plus ou moins élaborés qui l'habillent, se résume à cette antienne () que j'extraie de la contribution jointe par Emmanuel dans son précédent message : « Il était naturel pour la plupart d'entre nous, et juste d'ailleurs, d'analyser le discours de l'Ennemi sur l'autonomie par une allocation d'un montant identique pour tous comme un discours de gosses de riches» (c'est moi qui souligne doublement). J'ai eu beau chercher le nerf de l'argument, je n'ai trouvé que pâles ossements blanchis au soleil désormais éteint de la guerre froide.
Autre exemple de sophisme de masse, cette magistrale réponse de EL à mon interrogation sur l'absence précisément d'interrogation critique et collective des défaites successives de l'UNEF aux (deux) dernières élections du CROUS, réponse qui me dit en substance que 1) le mode de scrutin est constestable [et alors quoi ?] ; 2) que les résultats reflètent la crise de l'implantation de l'UNEF [donc imputables in fine au BN] ; 3) que le BN [encire lui] a mené des opératons désastresues de parachutages qui se soldèrent par des échecs ; 4) en dernière analyse, c'est la crise de la DN qui rend raison de ces défaits. Soit, si on fit un bilan : le BN est une triple (ou quadruple…) buse, puisqu'il condense à lui seul toutes les carences de l'organisation. Une telle unanimité et une telle circularité de l'argument doit nous en faire suspecter la légitimité et la pertinence heurisitique. Car le BN est  l'expression, bien peu démocratique j'en conviens, parce que non élu démocratiquement, de l'organisation. À ce titre il est aussi le reflet de l'organisation. Et les déformations qu'il y applique et qu'on lui impute proviennent aussi de cette organisation, dont le fonctionnement interne fut et reste avec ses nouveaux seigneurs tout aussi peu démocratique. Bref, malgré les déclarations d'intention, les discours héroïques et flamboyants de néo-démocrates qui découvrent soudain les vertus du règlement intérieur et des statuts, l'opposition de quelques camararades à la liquidation de l'UNEF par une partie de sa direction et donc futurs ex-camarades des précédents, est une pseudo-opposition, syndicalement creuse, sans vie.
Je pense que nous voici conduit au cœur du problème de la question rappelée plus haut. Le problème de l'UNEF, c'est l'absence de culture démocratique en son sein, chose qu'on ne peut pas imputer à l'U-ID — je sais que cela désespère certains mais bon —, et je parle d'expérience. Certes, la démocratie à l'U-Id, mais comme partout ailleurs, n'est pas déconnectée des moyens que l'on dispose pour la mettre en œuvre. Mais elle est réelle. Et ce n'est pas parce que l'on est pas minoritaire dans une organisation que celle-ci est anti-démocratique (et réciproquement). C'est donc en ce point précis que se situe peut-être le problème œdipien de la réunification, dont je dis tout de suite que si je l'approuve dans le principe, aujourd'hui comme hier, j'en désapprouve totalement les modalités présentes.
Car celle-ci n'a pas été démocratiquement proposée par le BN et, ce qui est le comble et même le pire, encore moins discutée par les oppositionnels au BN et/ou à cette idée. Ceux-ci se sont contentés de crier avec véhémence à la trahison, à la liquidation de l'organisation, mais jamais à discuter la proposition du BN. Ce qui s'est passé par la suite, montage d'une liste UNEF-véritable, etc., a surtout révélé de fortes dispositions au procédural et à la chicane juridique, mais bien peu finalement au débat de fond, sur le fait d'une organisation syndicale unitaire, sa nécessité, son intérêt, sa pertinence historique, etc. En un mot, les « zoppos » ont largement puisé dans l'arsenal classique de l'UNEF, celui de la peur des méchants réformistes qui, la rose entre les dents, déflorent le syndicalisme lutte de classe des valeureux et héroïques syndicalistes, etc, etc. On a exploité la peur du nouveau comme une arme au service de la pire régression, celle de toute classe dominante acculée, la défense de ses propres intérêts, qui de son inscription dans l'histoire « X premier président de l'« UNEF-maintenue », après une héroïque résistance contre l'ennemi… », qui un destin national comme on dit, qui « putain capitaine, j'ai bouffé du sozdem ».
C'est la raison pour laquelle j'ai proposé la formule du « Pailleron d'étudiants »,dont les subtilités n'ont semble-t-il pas été pleinement saisies. Dois-je ici faire l'injure d'indiquer à notre historien général la référence gaullienne du « Pailleron d'étudiants » ?, formule qui est d'ailleurs bien plus qu'une simple figure de style destiné à épater la galerie. Je continue à penser, et les événements renforcent ma conviction, que tout comme il y eut quelques généraux pour en appeler aux mânes de la France éternelle en Algérie voici bientôt quarante ans, il y a aujourd'hui, quelques cadres ex-dirigeants de l'UNEF qui en appellent aux mânes de l'UNEF éternelle contre les liquidateurs supposés d'une organisation déjà bien mal en point. Car il est frappant, je me dois de répondre sur ce point, il est frappant d'entendre EL nous instruire de l'existence de quelques mythes fondateurs du syndicalisme étudiant, en particulier de la Charte de Grenoble, mais continuer à arborer sur les courriers en-tête de l'organisation ces quelques mythes grandiloquents pitoyables de démonstrativité.

Sans mésestimer les nécessaires différences de points de vue entre les camarades qui optent pour la réunification et ceux qui s'y opposent, il me paraît clair, quant à moi, que chacun des deux camps,au sommet défend avant toute chose quelque obscur désir de reconnaissance historique et/ou, ce qui n'est pas incompatible, quelques menus intérêts personnels. Le réfuter en me disant que ce n'est pas vrai, parce que ce n'est pas vrai, la preuve je suis un syndicaliste, sont par avance disqualifiés. Le plus grave, c'est qu'au milieu de tout cela il y a des militants à qui on bourre le crâne et qu'on transforme en moines-soldats. Qui a dit que Trotsky était mort ?
 

Vincent Charbonnier
 

PS. Comme EL nous a fait la grâce de joindre quelques réflexions personnelles à son précédent message, ce dont il faut le remercier, je me permets à mon tour de joindre un texte dont je fus l'un des 4 co-rédacteurs. il s'agit d'un texte dit « d'appel à tendance » pour le 73° congrès de l'UNEF-ID qui se déroula en mai 1993 à Clermont-Ferrand, ou plus exactement, comme EL le précise en un endroit de sa contribution, entre Clermont-Ferrand et la rue de Solférino à Paris, et auquel j'ai participé, non sans amertume, puisque c'est après ce congrès de fou que j'ai quitté l'U-Id. Je prends donc la liberté de proposer ce texte à la sagacité critique des participants à ce Forum, tout en ne disconvenant pas qu'il s'agit d'un texte avec ses faiblesses et se carences mais qui a tranché, à l'époque, par son ambition et sa manière de poser certaines questions, auquel la Tendance Indépendance et Démocratie issue d'une scission interne à la majorité de l'U-Id en décembre 1992 doit quelqus petites choses…
Bonne lecture --------------E8C411DA25A9D3378D12114A--