[discussions] Opposition ou opposcission ?
Posté par Vincent Charbonnier le 3/11.
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D'abord, le marbre peut être brûlant.
Ensuite, j'accepte difficilement les péroraisons d'un "pailleron" d'étudiants
en retraite qui découvrent la démocratie quand cela les arrange. J'eus aimé
que les camarades qui participèrent à la "Pantinlonade" du dernier congrès
National de l'UNEF il y a deux ans, en dénoncent la démocratie formelle,
comme celle tout aussi formelle des CN qui se sont déroulés par la suite.
Mais, il a fallu attendre que le BN fasse, encore une fois un coup de force,
la proposition d'une liste commune avec l'UID, pour que les démocrates qui
sommeillaient se réveillent enfin.
J'ai déjà dit sur ce Forum (consultez les archives) que ne partageais pas la
forme par laquelle le BN a imposé ses vues, lors du CN de juin dernier,
lequel avait tout du traquenard. Quant au fond, j'ai toujours dit (cf. encore
les archives) que j'étais pour une seule organisation et non pour je ne sais
quel indigeste bouillon de culture syndicale qui prend désormais toutes les
apparences d'une bouillie de grandes déclarations et de grosses rotomontades
avec beaucoup de levure politique, de la FSE à l'UNEF maintenue.
Je continue à douter de la sincérité de ces nouveaux démocrates qui adorent
aujourd'hui ce qu'ils brûlèrent hier, ce qui, toutes choses égales,
s'applique également aux camarades du BN qui ont décidé de participer à la
réunification, eux dont j'entends encore résonner les antiques refus de toute
entente avec l'U-ID. Mais il est vrai que la GP, la Gauche Plurielle, pas la
Prolétarienne, est passée par là.
Je n'ai donc que faire de ces démocrates d'un jour, de cette révolte
anti-bureaucratique de pacotille, qui retrouvent, dans un bel élan de fausse
sincérité, les accents de la vindicte UNEFienne des grandes années, contre
l'idée d'Allocation d'études, défendue par l'U-ID
Cette idée précisément n'est pas discutée, elle est immédiatement descendue
en flamme parce qu'elle est produite par l'autre camp. Or il me semble que
cette idée possède, qu'on le regrette ou non, un certain crédit auprès de la
grande masse des étudiants, ce dont témoigne, d'ailleurs et peut-être, la
déliquescence croissante de l'UNEF lors des deux derniers scrutins du CROUS
et la relative victoire de l'U-ID. Je sais que cette idée est inacceptable
pour certains, mais comme disait approximativement Brecht, "si le peuple est
bête, il n'y a qu'à changer de peuple". L'idée d'une allocation d'études
devrait pouvoir être débattue, dans la mesure où, en référence avec la charte
de Grenoble (1946) ó je dis cela pour les historiens, je les sais nombreuxó,
elle n'est pas foncièrement une mauvaise idée, à condition, et j'insiste sur
ce point, à condition que sa mise en úuvre ne soit pas bâclée. Concrètement,
et afin d'éviter de tomber dans l'égalitarisme abstrait, celle-ci devrait
être accordée en fonction du quotient d'imposition des parents ou des
étudiants s'ils sont indépendants.
Car n'en déplaise à Cédric, l'impôt le plus juste reste encore l'impôt sur le
revenu, par cela qu'il est le seul impôt progressif, chacun contribuant à
proportion de ses capacités. Que des mécanismes de dégrèvement honteux
existent, je suis d'accord. Mais c'est contre eux qu'il faut se battre, et
pas contre l'impôt sur le revenu. Pareillement, la TVA est un impôt injuste
du fait que tout le monde paye la même somme, indépendamment de ses
ressources. Et je ne suis pas sur que les familles populaires téléphonent
moins que les nantis.
Je réitère donc ma proposition, en accord me semble-t-il avec la tonalité
générale de guerre civile qui prévaut actuellement, que je suis pour le
rétablissement de la peine capitale contre les fauteurs de trouble et autres
dissidents. C'est un geste de nature de nature à éclairicir les choses, sinon
les rangs.
Vincent Charbonnier