[discussions] =?iso-8859-1?Q?Re:_Les_inepties_de_C=E9dric_Udrea?=
Posté par Sophie Vienne-Mattoug le 25/10.
>Effectivement, une aide sociale constitant primo à filer 3500 balles à un
>fils à papa, je suis contre car ce n'est pas une aide sociale.
Moi j'ai juste une question: un "fils à papa" comme tu dis, qui habite chez
ses parents jusqu'à 25 ans parce que ses parents lui donnent certes de
l'argent de poche mais qu'il n'a pas les moyens de subvenir à un logement
indépendant, n'a pas le droit à une aide sociale? Il n'a pas le droit d'être
considéré comme une personne majeure à part entière et non comme quelqu'un
dont les besoins doivent être entièrement assumés par sa famille?
Permets-moi de te dire que je trouve ça particulièrement réactionnaire et
déterministe. En effet, cela revient à dire que les étudiants ayant eu la
"malchance" de naître dans un foyer aisé seraient condamnés et n'auraient
pas le droit à la solidarité de l'Etat (à laquelle leurs familles
participent également par le biais des impôts) ni à un statut autre que
celui d'enfant à charge.
>L'allocation
>d'études proposée par l'Unef-IDeuse n'est ni plus ni moins qu'un vaste
>foutage de gueule dans le sens où :
>a) sur leurs tracts ils prétendent filer des sous à tout le monde et quand
>tu vas discuter avec eux, ce n'est plus le cas. Splendide exemple de
>démagogie !!!
Le projet que nous défendons s'appelle une allocation d'étude INDIVIDUALISEE
POUR TOUS. Puisque certains mettent une bonne volonté manifeste à n'y rien
comprendre, je me permets d'éclairer un peu leurs lumières faiblissantes...
Cette allocation serait d'abord pour tous dans le sens où les critères
d'éligibilité seraient universels, c'est-à-dire: sans condition de revenu
des parents, ni d'âge, ni de nationalité, etc.
Ensuite elle serait individualisée ce qui signifie bien évidemment que le
but n'est pas de donner le même montant à chacun. En clair, le dossier de
chacun est examiné mais il y aura un petit nombre d'étudiants pour qui le
montant de leur allocation serait égal à ZERO.
>b) la réforme fiscale dont vous parler (l'U-ID et toi même mon cher rémi)
>n'est ni réalisable, ni juste. Supprimer la TVA demanderait une
augmentation
>infinie ou presque de l'impôt sur le revenu. Or l'impôt sur le revenu n'est
>pas JUSTE !!! En effet, plus t'es riche et plus tu peux bénéficier
>d'exonérations fiscales. Ainsi, il n'est pas rare de voir des personnes
>gagnant plus de 30 000 F par mois ne rien payer comme impôt sur le revenu
>(voire pire que tout être remboursé par l'état) alors que quand tu gagnes
>moins de 10 000 F par mois tu ne peux pas faire baisser le revenu
>d'imposition par des astuces diverses et variées et donc tu raques ! Le
>Nouvel Observateur avait il ya a deux ans fait un dossier là dessus. Or il
>ne me semble pas que cet hebdomadaire puisse être qualifié d'anti-impots
sur
>le revenu...
La réforme fiscale que nous réclamons s'articule en 2 points: la suppression
de la demi-part et las uppression du plafond pour les pensions alimentaires.
1. La demi-part. Nous allons même plus loins puisque nous revendiquons que
la déclaration fiscale soit obligatoirement indépendante pour tout individu
majeur. Actuellement cette demi-part ne profite qu'aux plus riches (déjà,
elle ne touche pas les ménages non imposables). Sa suppression permettrait
de faire payer plus d'impôts à ceux qui le peuvent et de financer
l'allocation d'étude individualisée pour tous.
2. Le plafond pour les pensions. Aujourd'hui un parent dont l'enfant
étudiant a une déclaration fiscale indépendante a la possibilité s'il lui
verse de l'argent de déclarer une pension alimentaire qui donne droit à une
diminution de ses impôts. Mais cette déduction est aujourd'hui plafonnée,
certains parents étant contraints de déclarer moins que ce qu'il versent à
leur enfant. Etant donné que l'allocation d'étude est sensée être calculée
sur la réalité des revenus de l'étudiant, il faut trouver un moyen pour que
ces sommes soient décalrées dans leur intégralité. C'est pourquoi il
faudrait supprimer ce plafond et le remplacer par une dégressivité de la
déduction. Je m'explique: il faut que parents et enfant déclarent la réalité
de la pension alimentaire donc il ne faut pas de plafond. En revanche, il
est évident que les parents qui donnent vraiment beaucoup à leur enfant sont
forcément plus aisés que la moyenne et il faut donc que le pourcentage de
dégrèvement auquel cette pension leur donne droit soit plus petit à mesure
que le montant augmente.
>c) la TVA n'est elle pas si injuste. En effet, même si sur le même produit
>tout le monde paye la même TVA, je n'ai jamais vu un ménage aisé acheter
les
>mêmes produits ni meme la meme quantité de produits qu'un menage moyen ou
>defavorise. Ces derniers ont tendance a acheter des produits sans marque
>alors que les premiers ne prennent que des marques, induisant donc pour le
>meme type de produit une différence de prix ( pouvant facilement aller du
>simple au quintuple ) et donc une TVA qui suit. D'autre part, puisque
>plus tu as de sous et plus tu consommes, plus tu as de sous et plus tu
payes
>de TVA.
En lisant ces élucubrations, je me suis demandé si cela valait vraiment la
peine d'y répondre... La TVA en tant qu'impôt juste sur le forum du
soi-disant syndicat "delutte®", on croit rêver... Pour le plaisir, je me
dois quand même de démonter cette argumentation fallacieuse. Pourquoi
considère-t-on généralement en France l'impôt sur le revenu comme le moins
injuste d'entre eux? Pour une raison très simple qui s'appelle le principe
de progressivité (et argumenter sur les fraudes s'appelle du POUJADISME).
Pourquoi la TVA est-elle non pas simplement pas juste mais même injuste?
Parce qu'elle est DEGRESSIVE. Démonstration très simple: lorsque l'on gagne
assez peu d'argent, la totalité du revenu est dépensée sous forme de biens
de consommation et donc soumise à la TVA. Lorsque l'on gagne plus, il y a
l'éparge, tous les produits financiers et autres biens et services sur
lesquels la TVA ne s'applique pas (sans parler des transactions boursières
et de leur fameux "prélèvement libératoire"...). Donc la part de la TVA dans
le revenu diminue à mesure que ce revenu augmente, c'est bien un impôt
dégressif donc le plus injuste qui soit. Je me permets de préciser que ce
qui compte, ce n'est pas le montant total que l'on paie au titre d'un impôt
mais la part que cela représente dans son revenu.
>d) concernant l'aide sociale, il s'agit là d'une aide et non d'un argent de
>poche pour certains (les fils à papa) alors que c'est un vrai besoin pour
>d'autres.
Voir ma réponse au a).
>e) concernant les cas particuliers (étudiant dont les parents ont des sous
>mais ne filent rien à l'étudiant), nous avons sur Lyon eu une discussion et
>dégager l'idée d'un médiateur pour ces cas particuliers.
Si l'allocation d'étude était créée, on n'aurait plus besoin de médiateur,
de solutions de rafistolage et de critères opaques... EGALITE et
transparence!
>f) le principe de l'allocation d'études est contraire à tout principe de
>loi. Elle part d'un cas particulier (celui exposé dans le e)) pour en faire
>une généralité. Or, il me semble que les cas particuliers doivent etre
>traités comme tels., c'est à dire qu'il faut avoir un principe général et
>à côté une série de dispositifs permettant de traiter les cas particuliers.
>C'est ce que nous proposons sur Lyon.
Je ne savais pas que le syndicalisme avait pour vocation de se baser sur la
loi existante... (si oui, à quoi bon revendiquer?)
>Pour terminer, je n'ai jamais lu qu'Emmanuel etait contre le 25 par TD ni
>contre la cohérence CM/TD ni non plus contre une humanisation de
l'Université.
J'espère bien! (personnellement, j'ai également des doutes mais c'est
l'épreuve des faits qui le montrera).
>En revanche, il s'est effectivement prononcé contre des
>discours totalement démagos qu'ils viennent de toi ou de tes futurs
(pardon,
>actuels) camarades de l'U-ID.
C'est quoi exactement un discours démago lorsque l'on se permet d'affubler
d'autres de ce qualificatif sans argumenter (vous connaissez l'arroseur
arrosé?...) ?
>
>Non cordialement,
>Csu
Eh bien moi je suis cordiale! On est là pour faire avancer les droits des
étudiants et pas pour s'insulter dans un cénacle.
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Salutations syndicales
Sophie
Militante à Paris 6
Ancienne présidente de l'UNEF-ID Toulouse
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