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[discussions] Re : Cyber-militants

Posté par Vincent Charbonnier le 23/10.

Je souhaiterais apporter quelques modestes éléments de réponse aux
problèmes que David soulève dans son dernier message,
dans lequel il écrit notamment ceci qui a retenu mon attention et mon
intérêt :

         Notre connaissance de leurs conditions d'etude, notre capacite
a
         comprendre leurs aspirations et les faire admettre a des
administrations
         souvent hostiles.
         Juste une question : combien de visiteurs et d'acteurs du forum
sont en
         DEUG, et vivent directement les plus gros problemes de
selection et combien
         sont de vieux briscards du syndicalisme (souvent de la
politique aussi) en
         second ou troisieme cycle (j'en suis) ?
         Il en va de meme pour les directions nationales classiques me
direz-vous.
         Cest exact, et c'est a mon avis une des plus grosses
difficultes qu'il y
         aura a resoudre si on veut construire un syndicalisme efficace
: ne pas se
         couper des problemes des etudiants, car les habilitations de
diplomes, les
         orientations du ministere ou des universites, etc, changent
constamment et
         il faut les vivre pour connaitre vraiment toutes les arcanes du
DEUG,
         principale difficulte de l'Universite a mon avis.


Effectivement, la relation au terrain est primordiale, et le critère de
la pratique est assurément le plus décisif.
Pour ce qui est du milieu étudiant, la difficulté se loge dans le fait
qu'il faut un certain temps pour s'approprier problèmes et
questions de cette grosse usine à gaz, prequ'un combinat parfois, qu'est
(parfois) l'université. Or cette durée nécessaire pour
maîtriser ces questions fait que, au final, ce sont souvent les
étudiants de 3° cycle qui sont en mesure de les traiter
correctement, du fait :
1. de leur propre pratique de l'université qui s'étale sur longue
période continue ;
2. qu'ils ont aussi acquis la maîtrise du discours et du discours
argumenté, face aux spécialistes de la parole que sont aussi les
enseignants ;
3. que le temps de leurs études est modulé différemment de celui de
leurs condisciples des premiers cycles, diposant d'une plus
grande liberté leur accordant plus de facilités pour le travail syndical
(avec d'autres contraintes, c'est entendu).

Bien évidemment, ces trois faits sont cumulatifs, de sorte que les
étudiants de 3° cycle notamment sont plus "performants".

Ce faisant, on touche du doigt la difficulté du syndicalisme étudiant,
en ce que la situation que décrit David s'apparente au
fonctionnement normal du syndicalisme salarié. Les cadres syndicaux ne
se forment pas en vrtu de la génération spontanée, il
faut du temps et aussi le choix personnel et motivé d'un investissement
durable. D'où la nécessité d'organisations qui soient
capables de faire le lien entre les générations et qui soient aussi
capables de discuter du métier, et non s'arc-bouter, comme on
peut le voir actuellement sur le Forum de la FSE, sur des principes
d'orthodoxie syndicale que ce soit en termes
organisationnels ou en termes de contenus (quand il y en a). Le rôle et
la nécessité de la Formation syndicale apparaît ici
centraux, mais sans que celle-ci ne tombe dans l'excès courant de
proposer une vision du monde clé en main, comme on en
trouve dans toutes les orgas (U-ID, UNEF, SEUL). C'est donc en
combinant, dialectiquement si possible, ces deux dimensions
de la réflexion et de la pratique, les pratiques des "vieux" et des
"jeunes", que l'on pourra sortir de quelques fâcheuses ornières
dont il ne me paraît pas que l'on s'efforce de s'extraire en ce moment,
mais c'est un autre débat.

Vincent Charbonnier, Nantes



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