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[discussions] RE: Petition: Semestrialisation, un an, ca suffit !

Posté par Sophie Vienne-Mattoug le 17/10.

Je pense, et je me demande si c'est un malentendu ou de la désinformation
délibérée, que certains n'ont pas compris ce qu'est l'organisation de
l'année en semestres et se retrouvent à jouer le jeu des pires mandarins
universitaires. Même si nous ne sommes pas dans la même organisation, je
vous laisse sur ce point le bénéfice du doute et j'espère que la lutte
contre le mandarinat fait partie de vos orientations syndicales (en tout
cas, des miennes oui).
Petit rappel, donc. Jusqu'au décret d'avril 97, la plupart des modules
duraient un an, avec un seul examen en fin d'année (et éventuellement des
partiels en janvier). Ce que la réforme de 97 a institué, c'est simplement
l'obligation pour les profs de faire une disctinction entre la première et
la deuxième moitié du programme et de faire composer leurs étudiants en
janvier ET en juin (avec toujours la possibilité de partiels
intermédiaires). En clair, les seules modifications qui auraient du
logiquement être faites dans les maquettes auraient simplement du être un
découpage programmé des programmes ainsi que deux examens par an.
Or certains profs ont vu que ce système allait les obliger à avoir le même
rythme d'enseignement tous les ans (puisqu'il faut délimiter à l'avance les
deux moitiés de l'année) ainsi qu'à écrire de nouveaux sujets d'examen, donc
à ne pas reprendre les fiches d'il y a 15 ans (et ne faites pas d'angélisme
sur les profs, la plupart de ceux que je connais réagissent comme ça). Ce
qui n'est pas forcément au goût de certains enseignants-chercheurs à qui
l'enseignement fait "perdre du temps" sur leurs recherches (et donc sur leur
carrière).
Par ailleurs, et je sais que ça peut faire hurler quelques-uns mais je pense
que c'est la réalité, cette réforme a été le résultat des mobilisations de
novembre-décembre 95 et ces mêmes mandarins ont du mal à avaler une réforme
ainsi imposée par un mouvement étudiant. Par exemple, les profs de droit
auraient bien aimé pouvoir conserver leur horrible système
d'admissibilité-admission.

C'est pour ces deux raisons principales que les universités ont fait des
maquettes scandaleuses, avec certaines matières qui auparavant se faisaient
en un an qui se sont retouvées concentrées sur un semestre, et tous les
divers problèmes que vous avez suffisamment pointés et sur ce constat
l'UNEF-ID partage ces analyses. Les universités ont appliqué la lettre de la
réforme, mais d'une manière qui n'en respecte pas l'esprit (et encore,
regardez par exemple les DEUG de l'université Toulouse 3 - Paul Sabatier, il
sont plutôt bien faits, comme quoi ça existe...).
C'est pourquoi je pense que la lutte contre la "semestrialisation" est une
lutte réactionnaire et que vous feriez mieux de réfléchir à comment on
pourrait appliquer correctement une réforme dont le but est quand même de
permettre aux étudiants des révisions moins énormes pour chaque examen.

Salutations syndicales,
--
Sophie
Militante à Paris VI
Ancienne présidente de l'UNEF-ID Toulouse


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