[discussions] =?iso-8859-1?Q?=AB?= Ce que sont les Amis du Peuple...
Posté par Vincent CHARBONNIER le 10/8.
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« Ce que sont les Amis du Peuple...
J'observe que si presque tous les intervenants du Forum s'accordent pour
considérer que l'UNEF et l'UNEF-ID n'assument plus leur mission
syndicale — idée qui ne va de soi que pour les idéologues, au nombre
desquels je me soustrais, et idée qui demande une véritable discussion
toujours en souffrance —, j'observe que demeurent cependant
ininterrogées l'ensemble des raisons et des causes de cette situation.
Surtout, on ne voit pas très bien, comment ces organisations ont pu
ainsi continuer à exister, comment surtout, l'une d'entre elles a pu
gagner les élections aux CROUS. La simplicité théologique qui nous
ressasse, à l'infini, que l'UNEF-ID est présente sur le terrain
uniquement pour faire des cartes (à la rentrée) et pour gagner les
élections, la liturgie désormais classique selon laquelle la DN de
l'UNEF à trahi ses mandats, démocratiquement acquis comme chacun sait
lors du dernier Congrès de Pantin(s), ne me satisfont nullement. Doit-on
alors en déduire que les étudiants sont bêtes ou aveugles ?
Réciproquement, pourquoi les orientations "véritablement syndicales"
légitimement défendues par certains, n'ont-elles pas rencontré plus
d'écho en milieu étudiant, étant donné, de surcroït, le caractère de
rupture revendiqué par celles-ci ? Plus généralement, pourquoi le
syndicalisme étudiant est-il un corps aussi étranger dans le milieu
étudiant, à en juger par son audience, mis à part quelques singularités
locales contingentes ? Ce sont ces questions qui demeurent en suspens et
qui attendent toujours d'être problématisées et débattues.
Or je constate avec amertume, que prime toujours la logique
politicienne, et, pis encore, que cette logique est, en définitive,
l'unique épine dorsale de ce silence des lambeaux, qui somme chacun de
choisir son camp, qui s'obstine à se considérer comme les irréductibles
syndicalistes de lutte, avec le(s) succè(s) que l'on sait. Bref, on ne
quitte pas les rivages vaporeux de l'Arcadie syndicale, et on ne cesse
de se mouvoir dans un coma gris sur gris qui s'auto-persuade de sa
vérité-radicalité en soliloquant avec ses fantômes, étreignant
maladroitement les fétiches d'une gloire plus rêvée que construite.
...et comment ils luttent contre les social-démocrates » (Lénine)
Vincent Charbonnier, Nantes.