[discussions] La puissance de l'espoir
Posté par Vincent CHARBONNIER le 2/8.
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Quelques réflexions à propos des récentes contributions du forum, en
commençant par une réponse à Cédric Udréa. Pour lui dire que mon analyse
des résultats du CNESER n'en était pas une et que ma question était
(volontairement) ingénue, ne sachant pas vraiment qui des deux camps
était responsable de la perte d'un siège. J'ai déjà dit, sur ce forum
[cf. mon message : « C'est parce qu'il y a des solutions qu'il y a des
problèmes » (Marx) du 26 juin 2000], comment je considér(e)ais la
décision du CN des 2 et 3 juin 2000 comme une faute politique majeure
qui, outre la totale décrédibilisation de la Direction Nationale (DN)
qu'elle entraînait —ce qui, soit dit en passant, scelle définitivement
la pantalonnade pseudo-démocratique du congrès de Pantin(s)—,
décrédibilise, dans le même mouvement, le projet même d'une nécessaire
ré-unification du "syndicalisme étudiant", ce qui me paraît le plus
dramatique dans cette affaire — je vais y revenir. En conséquence, et
pour expliciter une formule employé dans mon dernier message, je
continue de penser qu'il y a des diviseurs (la DN), des divisants (ceux
qui se sont mal opposés à ce coup de force, par un autre, se soutenant
d'une légitimité auto-proclamée) et des divisés (la grande masse des
adhérents qui ne pigent pas trop la théologie de ce Concile de
Nicée-II). En outre, quand je lis dans ton message la grossière
assimilation que tu fais entre l'UNEF-ID et la Mafia, je ne sais alors
plus ce qui peut les différencier de l'UNI, d'autant que, en parlant de
Mafia, on pourrait peut-être balayer devant sa porte (Cf. Pantin entre
autres crapuleries).
Pour répondre rapidement à C. Guintraud, et en abondant dans le sens des
différentes réponses qui lui ont été adressés à ce propos, il faut une
sacrée dose d'immaturité ou d'ignorance, c'est au choix, pour prétendre
que les processus en cours de recomposition syndicale, vont jeter aux
poubelles de l'histoire, ce qui constitue le socle et la plaie du
"syndicalisme" étudiant depuis plus de 30 ans, sa structuration
politique en dernière instance. Je précise tout de suite, pour parer aux
critiques, que je ne récuse nullement le nécessaire engagement politique
du syndicalisme et des syndiqués. Ce que je récuse, c'est la
fossilisation d'organisations étudiantes en organes d'interventions
politiques en milieu étudiant, et en écoles de formation des cadres, qui
pour le PS, qui pour le PCF, etc. Il n'est qu'à regarder les parcours
des dirigeants des UNEF, pour se faire un avis
Or, les processus de recomposition, dont j'estime qu'ils sont largement
préférables à tout repli identitaire autour d'une pureté syndicale, qui
comme toute pureté, ethnique, religieuse, etc., est lourde de
crispations et de déviations, ne semblent pas invalider, bien au
contraire, ces postulats de départ. Pour dire les choses nettement, le
processus de rapprochement UNEF/UNEF-ID, lancé depuis plus d'un an, est
la traduction syndicale, de l'évolution politique de la direction
nationale du PC, jusque dans ses errements. Il est manifeste que ce
processus, je le répète [cf. mon texte déjà diffusé, L'amour du
mensonge] n'a pas été et n'est pas maîtrisé, ce que quelques camarades
(occasion de leur rendre au moins cet hommage) ont très vite compris,
avec tout le parti qu'ils pouvaient en tirer... Nos gosses pourront en
juger pour l'UNEF, quant aux anciennes recompositions, on peut voir à
quoi elles ont abouti, au mieux, à des échardes dans un corps
insensible.
Je ne m'en cache donc pas, je suis pour une ré-unification du
syndicalisme étudiant, mais une ré-unification qui aille plus loin que
le doux rêve d'une grande UNEF bis repetita. Il me semble, et et c'est
une proposition tout à fait sérieuse, qu'une vraie ré-unification
devrait aller jusqu'à l'intégration du mouvement étudiant au mouvement
syndical dans sa généralité. Pourquoi, l'UNEF, qui fit, en quelque
sorte, et sans vraiment (se) le dire, le choix de l'autonomie, au
congrès de Grenoble une 1946, soit deux ans avant la FEN (Fédération de
l'Éducation Nationale), ne pourrait-elle pas intégrer, soit la
Confédération Générale du Travail, dont elle serait la fédération
étudiante, soit, c'est ce choix qui à ma préférence personnelle, une
intégration au sein de la première fédération syndicale de
l'enseignement et de la Fonction Publique d'État : la Fédération
Syndicale Unitaire, comme le Syndicat National des Étudiants de France.
Ce dernier choix est d'autant incongru que les questions liées à
l'enseignement, à la pédagogie pour aller vite, sont des questions dont
on commence timidement à saisir l'importance et l'ampleur. Or, ces
questions ont aussi celles des enseignants, sachant également, que nous
sommes beaucoup, moi y compris, à être à la fois étudiants et
enseignants, dans le secondaire et/ou dans le supérieur. Il me semble
qu'il faut sérieusement réfléchir à cette question, car il en va un peu
aussi de l'avenir, du syndicalisme étudiant certes, mais surtout de
l'université, dont on ne sait pas penser avec suffisamment de finesse et
de nuances les contradictions (cf. Réforme Bayrou).
Un jour viendra où je serai parmi
Les constructeurs d’un vivant édifice,
La foule immense où l’homme est un ami
P. Éluard, La puissance de l’espoir