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[discussions] Des =?iso-8859-1?Q?d=E9combres=20=E0?= la ruine

Posté par Vincent CHARBONNIER le 29/6.

piece jointe : TEXT/HTML
Il est désormais évident qu'il n'y plus deux mais trois UNEF (pour
l'instant...), et que l'émiettement du syndicalisme étudiant se
transforme en balkanisation généralisée, où l'on ne sait plus distinguer
les fauteurs des innocents et réciproquement. On assiste à une véritable
fuite, dans tous les sens de ce terme, où la direction s'enferme dans le
mutisme à mesure que son isolement lui devient sensible et où un groupe
oppositionnel, effectivement majoritaire, eu égard à la direction
nationale et seulement à elle, se prévalant d'une légitimité, assurément
plus large que celle du secrétariat national, pusique fondé sur un
certain nombre d'AGE,  promeut une véritable révolution de palais, qui
s'enivre de sa réussite largement fondé sur la défaite et le discrédit
de quelques camarades de la direction nationale.
Mais cette ivresse m'écœure au plus haut point, tant elle masque très
mal son sombre fond fait de rancœurs recuites mêlées à la joie de voir
une direction se discréditer de telle manière. Comment peut-on ainsi
s'autocongratuler de faire chuter une direction et des orientations
décidées au dernier congrès, que beaucoup applaudirent à l'époque et qui
dénoncent aujourd'hui la trahison (ou supoosée telle) des orientations
qu'il prit... en proposant d'y revenir comme seule source de
regénération de l'Union nationale aujourd'hui. Vous avez la mémoire
courte ou  alors vous confondez dialectique et contorsions. Car de ce
79e congrès de Pantin on peut tout dire sauf qu'il fut démocratique.
Vous tordez le baton dans l'autre sens camarades, en aggravant un peu
plus la situation, et en prenant le pari, audacieux certes, de
représenter l'UNEF réelle contre une direction qui a failli. Quel autre
nom donner à cela que révolution de palais ? Il eut été plus juste et
finalement beaucoup plus légitime d'en appeler à un congrès. Et cela
tombe bien, car il en est un de prévu, très prochaînement de surcroît.
Au  lieu de cela il a été décidé de faire finalement concurrence à la
direction nationale, en constituant une liste « dissidente », pour les
élections au CNESER. J'observe que le terrain choisi par « l'UNEF
réellement existante » est celui de la DNationale si violemment honnie
pour avoir imposé, de manière abrupte et, il faut bien le reconnaître,
fort peu démocratique, une liste commune avec l'UNEF-ID. C'est à une
lutte fratricide et vaniteuse que les militant-e-s sont conviés sous
couvert de défendre l'organisation contre ses prétendus liquidateurs.
Tout ceci me paraît extrêmement révélateur du fond de l'affaire,
beaucoup moins limpide que l'on veut nous faire accroire, qui ne me
paraît pas autre chose, je suis désolé de me répéter une fois encore,
qu'une révolution de palais, ou de Kremlin pour être encore plus précis.
L'UNEF, votre UNEF, vivra certainement camarades, mais seulement dans
vos rêves !
Dans vos rêves, car votre démarche se paye d'une absence totale de
réflexion sur le pourquoi et le comment du processus engagé par la
direction nationale. Vous n'avez analysé la victoire de l'U-Id et
partant la seconde défaite consécutive de l'UNEF aux élections du CROUS,
que sur le mode de l'invective, de l'affirmation péremptoire et du
préjugé. Les causes réelles de la victoire de l'U-Id sont ignorées. Non,
l'U-Id n'a pas seulement gagné par la démagogie (qui ne gagne pas sans
démagogie...!!??), l'U-Id a gagné parce que les propositions qu'elle
avance, et que je ne partage pas totalement du reste, sont porteuses
auprès des étudiants. L'idée d'une indépendance réelle est peut-être une
aspiration profonde de la jeunesse aujourd'hui ! Peut-on continuer à
ignorer dédaigneusement cette aspiration en la mettant au compte de je
ne sais quelle ignorance crasse ?!?! La division syndicale, où à tout le
moins, l'existence de deux Union Nationale des Étudiants de France,
n'est pas comprise par les étudiants d'aujourd'hui, pas plus que les
raisons qui furent à l'origine de la scission de 1971. Il est à cet
égard significatif que la doxa officielle de « l'UNEF réellement
existante » ressasse à l'envi, l'antienne classique de ce congrès de
scission comme étant celui du renouveau!! Oui camarades, 29 ans après,
l'histoire le confirme, le renouveau est patent!! Va t-on continuer
longtemps à se regarder le nombril ou à se contempler dans le miroir de
la radicalité qui se radicalise en radicalisant sa radicalité
radicalement pure ?
Plutôt que s'enfermer dans des tours d'ivoire d'où l'on édicte les
règles de la pureté syndicale pour les incrédules et les incroyants, il
eut été plus juste, plus productif en tout cas, de discuter avec la
DNationale, plutôt que la stigmatiser, elle et l'U-Id de manière aussi
haineuse. C'est une occasion historique de peser sur le cours des
choses, de relancer la bataille syndicale dans l'unité, à un moment où
l'enseignement supérieur est à la croisée des chemins, au moment où les
dégâts des dernières réformes commencent à être pris en considération et
à être contestés. Ce n'est pas le moment de se rejouer les grands débats
sur la liquidation de l'organisation et sur les déviations
co-gestionnaires de l'UNEF, d'il y a 30 ans. Bien naïfs sont ceux qui
croient que les étudiants sont les yeux rivés sur le psychodrame de
pacotille qui agite l'UNEF aujourd'hui, attendant avec angoisse et
tremblement les oracles des grands prêtres du syndicalisme de lutte,
l'arrobas (l'@) au doigt!!! Non camarades, le sort du monde, pas plus
que celui des étudiants n'est aujourd'hui en jeu !!! La vie et les
étudiants sont ailleurs !
Allons donc plutôt les voir que de parler à leur place

A bientôt

Vincent Charbonnier, Nantes
Ancien militant Unef-Id et Unef