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[discussions] =?iso-8859-1?Q?=AB?= C'est parce qu'il y a des solutions qu'il y a des =?iso-8859-1?Q?probl=E8mes=20=BB?= (Marx)

Posté par Vincent CHARBONNIER le 27/6.

piece jointe : TEXT/HTML
Quelques camarades se sont émus du qualificatif d'impréparation que
j'avais employé pour caractérise le processus qui est en cours entre
l'UNEF et l'UNEF-ID.
Je suis d'accord sur le fait que le projet d'unité du syndicalisme
étudiant soutenue par une partie des camarades de l'UNEF n'est pas
sortie du chapeau lors du dernier CN. Je ne mésestime pas non plus les
efforts entrepris pour lancer la discussion au sein de l'union.
Demeurent cependant plusieurs interrogations

1. Pourquoi maintenant, à un moment où l'UNEF est en crise larvée, et
surtout a connu deux défaites consécutives aux élections du CROUS, qui
touchent au cúur même de son identité telle qu'elle s'est
progressivement constituée depuis la scission de 1971, en laquelle,
contrairement au
camarade ELyasse, et même à une doxa officielle encore en vigueur, je ne
vois aucun renouveau. La situation a effectivement largement évolué
depuis ces dernières années. Mais je continue de penser qu'il fut
d'autres temps où la réunification eut été encore plus consistante et
plus efficace,
au sortir du mouvement de 1986 par exemple, si les choses s'étaient
passé autrement lors des fameux états généraux de 1987Ö Dire que la
réunification est devenue possible aujourd'hui parce que les choses ont
changé de telle sorte qu'elle devient possible est une pure simple
tautologie,
doublée d'un paralogisme. Et là je pointe chez certains camarades, de la
direction notamment, quelques maladresses qui n'en sont pas moins des
fautes, justifiant que l'on parle d'impréparation.

D'abord et pour commencer dans l'ordre, les déclarations de Karine
Delpas à Libération qui interviennent peu de temps avant le 79e congrès,

presqu'un an après les mauvais résultats aux élections 1998 du CROUS.
Ces déclarations ont choqué, un peu par leur teneur (le thème de la
"maison
commune" qui fait irrésistiblement penser à une version syndicale de la
gauche plurielle, dans l'exacte mesure où Karine faisait justement
remarquer
qu'on ne peut dissoudre hic et nunc toutes les différences), mais
surtout par la forme, c'est-à-dire apprendre par la presse ce qu'il eut
été, au moins, poli de dire aux militants d'abord, et d'en discuter dans
toute l'union. Ensuite, la proposition d'une liste commune avec l'U-ID
présentée au dernier CN, alors même que beaucoup d'AG n'étaient pas
présentes. Ce qui a priori pouvait constituer une bonne idée, est
complètement annulée par une démarche absolument nulle et
anti-syndicale, auto-destructrice en fait.  Voilà l'impréparation. Et
cette impréparation suscite logiquement des réflexes légitimes
d'incompréhension de la part de militants qui se sentent largement
floués, consultés et prévenus finalement en dernier, et qui se
demandent, non moins légitimement, où peut bien se nicher la démocratie
dans ce salmigondis.

Et je pose alors une question : pourquoi ?
Pourquoi, et comment des militants aussi aguerris que des membsre d'une
direction syndicale en viennent à faire d'aussi grosses bévues
politiques,
c'est-à-dire heurter de plein fouet une culture syndicale dont on sait,
je ne l'apprends à personne je crois, qu'elle s'est historiquement
forgée depuis ses 20 dernières années en opposition (parfois violente,
souvent sectaire, et réciproquement) à l'UNEF-ID. Il n'est de mystère
pour personne que nombre de dirigeants et de militants, mais pas tous,
des deux UNEF sont aussi militants et parfois cadres du PC et du PS. Tu
sais aussi bien que moi que les syndicats étudiants constituent des
écoles de formation dans lesquelles la gauche, aujourd'hui plurielle a
souvent puisé. Ancien militant à l'UNEF-ID, j'ai vu nombre de camarades,
à qui je m'étais opposé jadis, devenir députés en 1997 (Yann Galut par
exemple). Ne parmlons pas de Marie-Pierre, memebre du CC du PCF alors
même qu'elle n'avait pas encore tout à fait quitté la présidence de
l'UNEF. Alors vraiment je ne comprends pas comment de telles fautes ont
pu être commises. Car il était téléphoné que présenter lors du dernier
CN la proposition d'une liste commune avec l'UNEF-ID sans avoir
pleinement discuté dans les AGE ne pouvait que conduire au clash. Ou
bien alors c'est une opération de déstabilisation pour éjecter quelques
turbulents camarades. Dans ce cas c'est du Dr Folamour syndical, et
c'est prendre des risques inconsidérés où bien être tellement sur de son
fait qu'on en oublie le réel. Dans tous les cas, c'est encore et
toujours de l'impréparation et une belle connerie qui mérite un zéro
pointé.

2. Le plus grave dans l'histoire, c'est que l'idée même d'une
unification des forces syndicales étudiantes en perd sa crédibilité :

              a. par le chaos décrit plus haut qui liquide ou preque
l'union en la faisant imploser (cf. la liste de diffusion où la
discussion fait rage)
              b. par l'absence de véritable projet syndical lisible, au
moins pour les militants. Car les étudiants se contrefoutent assez de
nos
              querelles, dont ils (avec même pas mal de militants de
surcroît) ne comprennent vraiment pas tous les enjeux aujourd'hui.
              c. par une discussion peu ordonnée, que nombre de
camarades du BN n'alimentent pas de manière sereine et constructive (cf.

              entre autres les attaques à propos de l'âge de ELyasse,
qui me semblent hors de propos, ou bien la réponse express de Stéphane
              Paturey à mon texte). Cela ne justifie nullement les
attaques en sens inverse (on ne lave pas le sang par le sang disait déjà
Victor Hugo).


En même temps cette rage de discussion est un signe de démocratie et
d'inquiétude (cf. mes contributions antérieures). Il faut qu'elle se
poursuive
et que les "anciens", si tant est que leur autorité leur donne un peu de
légitimité, s'efforcent de montrer que d'autres modes de discussion sont

possibles, non en caporalisant la liste mais en alimentant le débat, ce
qui n'excluera ni les invectives ni les polémiques ni les piques,
toujours utiles
quant à elles (excepté les invectives).

Quant aux étudiants de 2000 ils sont bien évidement différents de leurs
aînés d'il y a 30 ans. Justement, n'est-il pas temps de faire une
évaluation
critique, un bilan des 30 dernière années ? Car au fond, et à bien y
regarder, peu de choses ont véritablement changé. Voila pourquoi, la
question
pédagogique devient un enjeu central et que l'U-Id s'en est
opportunément resaisie, relevée en cela par le SNESup et la FSU dans le
n° de mai 2000 de la revue Pour. Pour ma part, je regrette de ne pas
avoir été entendu plus tôt quand le journal du Cen-Unef avait publié
quelques réflexions à ce propos voici bientôt 3 ans.

En bref, la ré-unification peut être un élément catalyseur du milieu
étudiant à un moment ou l'apathie semble au paroxysme. Rien ne sert de
pointer les infâmies des autres pour masquer les siennes. Réussir le
pari de l'unité, ne signifie pas qu'il faille fermer sa gueule et ne pas
continuer à se battre, c'est montrer aux étudiants que ce qui nous
rassemble est plus fort et plus décisif que ce qui nous divise, et que
c'est donc de l'intérieur que l'on peut changer les choses, que c'est de
l'intérieur d'une grande UNEF que l'on pourra, si l'on est poli,
discuter avec les camarades de l'UNEF-ID, et construire une nouvelle
hégémonie. L'UNEF ne doit pas avoir besoin de malin génie ou d'enfer
pour exister. On le sait, l'enfer c'est toujours les autres, et l'UNEF
tout court, sans ID, en fait peut être partie (des autres).

Dernière chose. Veillons à ne pas tomber dans les travers de la mise en
abyme de l'orthodoxie. Car il y aura toujours plus radical que le
dernier des radicaux. Normal, il suffit de le dire.



Vincent Charbonnier (Nantes)