[discussions] RE:
Posté par Benharous Lionel le 26/6.
Mon cher Emmanuel (et les autres) !
Il était temps : parlons enfin de fond. Je commençai à croire que cela
n'était plus possible... preuve que je me trompais.
Mais avant cela, une précision préliminaire : ta remarque initiale pourrait
être désobligeante quant à mon âge. Je te rappelle donc que je n'ai que 27
ans (j'ai connu, à l'U.N.E.F., des congressistes beaucoup plus vieux) et
j'ai abandonné mes responsabilités dans l'organisation à 24 ans (ce qui me
semble raisonnable). Tu remarqueras, de surcroit quz, quoique je te
connaisse quelque peu pour t'avoir cotoyé,je me refuse à toute attaque ou
remarque personnelle...
J'ai bien entendu tes arguments et trois d'entre eux me paraîssent
pertinents.
Le premier : il est effectivement vain et idiot de vouloir l'unification
pour l'unification. L'essentiel n'est pas là... mais le débat est important.
Je rejoins en cela Raf. : avoir la meilleure ligne du monde si nous sommes
incapables de la faire partager à un maximum d'étudiants et si nous ne
pouvons pas peser sur les décisions qui concernent l'éducation nationale et
l'enseignement supérieur, à quoi cela sert-il ? A rien !!! Ou à nous faire
plaisir (mais tu reconnais toi même que tel ne doit pas être notre but
premier). Pour être utile aux étudiants (et je crois que nous sommes
d'accord sur le fait qu'il s'agit de la finalité première d'un syndicat
étudiant), le débat sur les formes de lutte et sur les organisations
susceptibles de la mener ne peut être oublié... Sinon, laissons se
développer les corpos et les organisations communautaristes et que chacun
défende ses intérêts particuliers !
Le second : il est vrai que, depuis quelques années, l'U.N.E.F.-I.D. s'est
fait une spécialité de "vendre des cartes en été et de faire des voix en
hiver". Et alors ? Nous n'avons pas les mêmes pratiques syndicales qu'eux :
quel scoop ! Je pense même que là réside notre différence majeure avec eux.
Mais, si je dois un jour adhérer à une organisation réunifiée, jamais on ne
me fera procéder ainsi... De quoi a-t-on peur ? Sommes-nous moins sûrs de
nos positions, de nos convictions qu'ils ne le sont ? Le refus systématique
d'évoquer un rapprochement (voir même d'en débattre) me semble un signe de
"frilosité" plus qu'un remarquable désir de pureté.
Le troisième : la création d'une nouvelle organisation, plus large,
n'engendrera pas forcément une recrudescence de la syndicalisation chez les
étudiants. C'est vrai... mais qu'en savons-nous ? L'histoire a montré, chez
les étudiants comme chez les salariés, que les taux de syndicalisation ont
été les plus forts lorsque les organisation syndicales étaient unies...
Pourquoi cela ne se reproduirait-il pas ? Qui peut nier que la différence
entre les deux U.N.E.F. n'est pas claire pour les étudiants, donne l'image
d'une connivence trop forte entre ces organisations syndicales et le pouvoir
politique, et constitue un frein à la syndicalisation ? En tout cas, je suis
persuadé que l'unification aura pour conséquence un regard différent des
étudiants sur leurs organisations syndicales. Quant au reste (se syndiquer),
ce sera le travail des militants...
Pour le reste, je suis en desaccord avec toi.
Non (et même si je ne te dénie pas le droit de l'écrire), l'U.N.E.F.-I.D.
n'est pas une organisation qui souhaite la casse du service public
d'éducation nationale. J'ai cotoyé des dizaines de militants de cette
organisation et aucun ne m'a tenu un tel discours. D'accord, nous avons pu
être, et nous sommes encore, en opposition avec eux sur certains points.
Mais nous partageons, dans les grandes lignes, la même vision de
l'université de demain. Ne sont-ils pas pour plus de justice sociale
lorsqu'ils mènent campagne pour le demi-tarif sur les transports ?
lorsqu'ils sortent une affiche pour dénoncer le nombre grandissant
d'étudiants salariés ? lorsqu'ils participent à l'obtention de l'anonymat
des copies ? Ne sont-ils pas pour une université publique lorsqu'ils ne
cessent de demander des moyens supplémentaires de la part de l'Etat ? A
caricaturer les positions, je ne crois pas que l'on facilite la lisibilité
du débat. De plus, je ne suis pas sûr que toi, moi et d'autres sur ce forum
partageons la même vision de l'université. Et alors ? N'avons nous pas été
dans la même organisation (et parfois dans le même bureau d'A.G.E.). N'avons
nous pas été capables de militer ensemble ? Pourquoi ne pourrions-nous plus
le refaire ?
Oui la réforme Bayrou est appliquée, parfois mal, mais malheureusement le
débat n'est plus là. Malgré mon jeune âge, je n'ai pas souvenir qu'une
réforme ait été supprimée une fois son application lancée et généralisée...
Ce que nous devons revendiquer, c'est la mise en place d'une nouvelle
réforme qui conserve les acquis mais corrige les excès et les maladresses de
la précédente. Et pour cela, l'U.N.E.F. actuelle est-elle la mieux placée ?
Après cinq ans de militantisme dans cette organisation, il me faut constater
qu'au mieux nous avons été capables de "conserver nos droits". Jamais "d'en
gagner de nouveaux". Eux influent sur les décisions. Pourquoi ? Refuser de
voir que la raison majeure en est leur nombre et le nombre de leurs élus me
paraît faire preuve d'un aveuglement inquiétant... Oui, et même si
l'argument paraît galvaudé, "plus nombreux, nous serons plus forts" !
Bref, nos points d'accord semblent plus nombreux que ce qui nous sépare...
Aussi ne puis-je perdre espoir de te voir ralier la position qui me semble
faire preuve d'ouverture et permettra au syndicalisme étudiant de sortir du
marasme dans lequel il se trouve...
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