[discussions] Unite, Unite, Unite !?!
Posté par Emmanuel Lyasse le 21/6.
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Puisque vous y tenez tant, je vais parler de ce que vous appelez le fond.
Rassurez vous ! pas quand même de fond à la manière de Stéphane. Je ne vais
pas essayer ici de vous faire croire que Raphaël a 107 ans et Lionel bien
plus encore. Beaucoup trop d'entre vous savent que l'un et l'autre sont
légèrement plus jeunes que moi.
Non, je vais parler du fond dont parlent ces deux là, c'est à dire du
problème de l'unification.
J'ai eu souvent l'occasion de dire, pendant les dix à douze mois où cette
question a pourri tout débat dans l'UNEF qu'elle me semblait une fausse
question. Que la vraie question était: quel syndicat, quelle UNEF
voulons-nous construire qui soit utile aux étudiants de France ?
Je n'ai pas changé d'avis.
A la question "Faut-il l'unité ?", la réponse est évidemment oui. Mais il y
a un préalable, de simple bon sens. Ce préalable n'est pas "Avec qui ?",
celui que mettent, sans l'afficher, les camarades qui ne veulent pas
entendre parler d'unité avec le SEUL de Montpellier ou l'AGET-ASL de
Toulouse Arsenal, mais "Pour quoi faire ?".
On croirait à vous lire que l'unité est une fin en soi.
Non. Pas plus que l'UNEF, d'ailleurs, n'est une fin en soi.
C'est un moyen d'être plus efficaces pour défendre les intérêts des
étudiants, pour en mobiliser le plus grand nombre possible pour ce faire .
Tourner le dos à cet objectif sous prétexte de réaliser cette unité, c'est
soit se tromper lourdement, soit se foutre de la gueule du peuple.
C'est ce que la direction nationale issue du congrès de Pantin a prétendu
nous faire faire.
Oui, Lionel, je peux dire que "l'U.N.E.F.-I.D. n'est pas une organisation
qui défend, ultra
majoritairement, une université publique, laïque, ouverte à tous, plus juste
et plus solidaire". La preuve: je l'écris.
Pourquoi ? Parce que l'UNEF-ID est une organisation qui n'apparaît sur les
facs que de manière épisodique, et avec un message unique "Tout va bien,
c'est grâce à l'UNEF-ID", une organisation qui n'est plus un syndicat mais
une machine à encaisser des cotisations en juillet et à gagner des élections
l'hiver.
D'une part, elle ne fait rien pour défendre les étudiants, individuellement
ou collectivement, d'autre part, quand elle s'adresse à eux, c'est pour leur
mentir (cf, toujours, notre texte sur "La machine à mentir aux étudiants").
Sa position sur la réforme Bayrou en est un exemple caractéristique. Cette
réforme, elle était déjà écrite depuis vingt ans au moins. Après d'autres,
Devaquet et Jospin avaient échoué à l'imposer. Quand Bayrou l'a ressortie,
l'U-ID a préféré crier très fort "C'est une grande victoire, c'est grâce à
nous", que tenter de la combattre.
Tu rappelles nos efforts pour mobiliser contre elle en 97, et leur ridicule
résultat. A l'époque, nous n'avions pas su convaincre les étudiants de sa
nocivité. Aujourd'hui, alors qu'elle est appliquée, il n'y a plus besoin de
les en convaincre: ils la constatent quotidiennement.
Aujourd'hui, la direction nationale issue de Pantin prétend nous faire voter
pour une liste au CNESER dans la profession de foi de laquelle il n'est pas
question de réforme Bayrou. Il y est en revanche question d'une "révolution
pédagogique" qui semble une ¦uvre posthume de Claude Allègre, continuateur
(et précurseur, d'ailleurs) de Bayrou.
J'entends l'argument: si nous sommes convaincus que nos positions sont les
bonnes, pourquoi ne pas croire que nous les ferons triompher dans une
organisation unique ?
Foutage de gueule, encore une fois.
Et vous êtes les mêmes qui nous reprochez de ne pas nous soucier de nous
adresser aux étudiants.
Si nos positions sont les bonnes, pourquoi renoncer à les exprimer en nous
manifestant en tant qu'UNEF auprès des étudiants, dans le cadre d'un débat
public, pour nous en remettre à un débat interne et à de man¦uvres
d'appareil ? Faut-il attendre vraiment d'avoir convaincu Carine Seiler de la
justesse de cette position pour appeler les étudiants à lutter contre la
réforme Bayrou ?
Partout où l'UNEF a clairement affiché ce qu'elle était, elle a progressé, y
compris électoralement. La victoire historique remportée par les camarades
de Montpellier Lettres, alliés (déjà) au SEUl, en est le dernier exemple.
Alors, où est le "groupuscule qui est sûr d'avoir raison et se moque donc de
l'opinion des étudiants ce qui est très mal" ?
Du côté des AGE qui veulent maintenir l'UNEF comme un syndicat présent au
quotidien sur les facs, s'adressant aux étudiants pour les appeler à se
défendre, et crédible pour ce faire par ce qu'elle regroupe des étudiants
dont les problèmes sont les mêmes que ceux de tous les étudiants, ou du côté
du club de la rue Pailleron qui se suicide en psalmodiant "Mourons pour
l'unité ! C'est le sort le plus beau.." ?
Certes, le taux de syndicalisation des étudiants est plus que faible,
ridicule. Il faudrait en analyser sérieusement les causes. Mais votre
unification-liquidation y changera-t-elle quelque chose ? Sort-on du statut
de groupuscule en dissolvant un groupuscule dans un autre ?
Voilà.
Assez sur cette question de l'unité.
La prochaine fois, nous parlerons de la "révolution pédagogique".
C''est encore moins drôle, mais plus instructif.