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[discussions] RE:

Posté par Benharous Lionel le 21/6.

Ma première intervention sur ce forum n'avait pour but que de relancer un
débat qui, d'après ce que je lisais sur ce forum, me semblait bien loin des
arguments de fond et des aspirations des étudiants. Toutefois, puisqu'un
message me cite, autant y répondre.

Mon cher Emmanuel,
mon premier message était explicite : je suis aujourd'hui simple adhérent de
l'U.N.E.F. Paris VIII. Il est donc vrai que je ne suis plus ni président, ni
même adhérent de l'U.N.E.F. Paris IV (j'en ai même quitté le bureau avant le
congrès de Toulouse auquel je me suis rendu en tant que membre du Bureau
National). Toutefois, je ne vois pas en quoi cela serait une raison pour ne
pas m'exprimer sur ce forum : je reste attaché à mon organisation syndicale
étudiante et, concernant un débat d'une telle ampleur, je tiens à faire part
de mes convictions.
ensuite, j'étais effectivement (et je suis toujours) contre certaines
dispositions contenues dans la réforme Bayrou. Je ne suis pas amnésique et
je me souviens que, lorsque j'étais encore adhérent à Paris IV, j'avais
participé à une tentative (malheureusement vaine) de mobilisation des
étudiants (tracts, diff., réunions publiques...). Et alors ? Cela doit-il
m'empêcher aujourd'hui d'être en faveur du processus d'unité avec
l'U.N.E.F.-I.D. et des associations étudiantes.
enfin, les informations dont Raf fait état sur ce forum ne viennent pas de
moi. Après quelques années de militantisme commun, et vu que je t'ai encore
vu il y a quelques jours, je croyais que tu me ferais le crédit de croire
que, lorsque j'ai quelque chose à dire, je n'ai pas besoin de passer par un
intermédiaire.

Mais revenons au débat principal : la réunification !
Ce forum, que je lis assidument, me laisse dans l'expectative quant aux
arguments en défaveur d'un rapprochement avec l'U.N.E.F.-I.D. Je lis :
"manque de démocratie", "pratiques staliniennes"... Soit ! Détaché de la vie
quotidienne de l'U.N.E.F., je suis incapable de juger de cela. De plus, cela
fait plusieurs années que je porte, avec d'autres, le débat quant au manque
de démocratie dont ont pu parfois faire preuve nos instances nationales (si
certains se souviennent, je faisais déjà partie des gens qui refusaient de
ratifier l'adhésion de l'U.N.E.F. à la F.M.J.D.). Toutefois, la tenus d'un
congrès national me semble être une garantie en la matière : n'est-ce pas la
structure souveraine de l'U.N.E.F. ? ne doit-on pas toujours se rallier aux
positions des adhérents ? Soit on répond oui, soit je ne comprend plus rien
à ce qu'est la démocratie interne.

Mais qu'en est-il des arguments de fond ? On peut ne pas aimer la manière
dont le débat est amené, il faut tout de même, surtout lorsque ce débat est
d'une telle importance, prendre position. Puisque les arguments de fond me
semblent manquer sur ce forum pour s'opposer à la réunification, je me vois
contraint de répondre à ceux que j'entends ailleurs.
D'abord, la réunification serait synonyme de perte d'identité de l'U.N.E.F.
Je suis persuadé du contraire. De quoi avons-nous peur ? De nous faire
manger par une orga. plus solide, plus nombreuse que le nôtre ? Le risque
existe. Mais rien ne nous empêchera de défendre nos positions à l'intérieur
d'une orga. plus large. Si nous savons convaincre (et ne sommes nous pas
persuadés que notre orientation est la meilleure pour le monde étudiant ?),
nous ferons évoluer dans le bon sens la nouvelle structure.
Ensuite, la réunification serait synonyme d'alliance avec une orga de
"mafieux", seulement interessée par les adhésions et l'argent, prête à
vendre l'éducation nationale au secteur privé. J'ai eu l'occasion de
débattre de très nombreuses fois avec des militants de l'U.N.E.F.-I.D. :
j'ai constaté maintes desaccords, notamment quant aux pratiques syndicales
mais aussi sur les questions orientationnelles. Mais qui peut dire
qu'aujourd'hui l'U.N.E.F.-I.D. n'est pas une organisation qui défend, ultra
majoritairement, une université publique, laïque, ouverte à tous, plus juste
et plus solidaire ? Et qui peut le prouver de manière précise ? A ceux-là je
répondrai : qui avons-nous été pour, depuis des années, avoir voulu, de
manière quasi unanime dans l'U.N.E.F., multiplier les actions communes avec
eux ?
Enfin, la réunification marquerait la défaite du vieux dogme du syndicalisme
étudiant : restons groupusculaires mais purs. Il était temps. Pourquoi
sommes nous à l'U.N.E.F. ? Pour nous faire plaisir ? Pour nous assurer une
formation nous permettant d'obtenir des places dans des appareils politiques
(simple précision : je ne suis pas communiste, je n'ai jamais été au P.C.,
je n'y serai probablement jamais et de nombreuses personnes dans l'U.N.E.F.
peuvent en attester; ma position ne répond pas de ce fait à une quête de
places dans cet appareil) ? Non ! Nous sommes là pour améliorer les
conditions de vie et d'étude des étudiants. Nous ne sommes qu'un outil à
leur service, pas l'"avant garde éclairée" ? Et force est de constater que
nous ne sommes pas efficaces, notamment faute de nombre. Alors que les
centrales syndicales salariées s'engagent dans des rapprochements de plus en
plus forts, nous resterions englués dans des querelles qui ruinent nos
possibilité d'action. En quoi pouvons-nous influer que la politique
universitaire ? En rien et il est temps que cela change...

D'autres arguments existent certainement. Je ne les connais pas... Mais sans
doute srrez-vous nombreux à m'en faire part. Je tenterai d'y répondre... ou
peut être serai-je convaincu ?

Lionel Benharous

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