[discussions] Petition contre la repress=?ISO-8859-1?Q?ion_=E0_Paris_I?=
Posté par Sylvain Billot le 10/2.
Bonjour,
pour signer électroniquement (même si vous n'êtes pas à Paris I : la pétition
est nationale, et est relayée par toutes les sections de la FSE) la pétition
contre la répression à Paris I (la pétition est ci-dessous, suivie du tract
national de la FSE), il suffit d'envoyer un email à petition_paris1@yahoo.fr,
avec vos nom, prenom, profession, université, email.
A Tolbiac-Paris I, en une demi-journée, la pétition a recueilli 250
signatures-papier d'étudiants, profs ou iatos de Paris I. C'est un très bon début.
Sylvain (allocataire de recherche, syndiqué à OXYGENE-FSE, et poursuivi devant
la section disciplinaire)
PETITION
Je, soussigné(e), quelle que soit notre appréciation des réformes en cours,
quelle que soit notre appréciation sur la grève de novembre et décembre 2003 à
Tolbiac, ses revendications et ses méthodes d’action décidées en assemblée
générale, demandons au Président de l’Université de Paris I d’arrêter
immédiatement, inconditionnellement et définitivement les poursuites engagées
devant la section disciplinaire contre Sylvain Billot, Benoît Peluchon et
Stéphane Rey, ainsi que d’éventuelles poursuites judiciaires.
TRACT DE LA FSE
Non à la répression contre les grévistes !
Non à la répression anti-syndicale !
Levée immédiate de toutes les poursuites
contre tous les militants incriminés !
Une mobilisation étudiante d’ampleur nationale contre la réforme ECTS-LMD et le
projet d’autonomie des universités a eu lieu en novembre et décembre 2003.Elle a
touché près de 30 universités, dont environ 10 ont été bloquées par les
étudiants, notamment suite à l’appel en ce sens lancé par la coordination
nationale de Rennes. Les étudiants ont ainsi renoué avec une méthode
traditionnelle des luttes étudiantes, déjà largement utilisée en 1986 et 1995.
Dans le cadre de cette mobilisation, une grève étudiante massive a eu lieu sur
le site Tolbiac de l’Université de Paris I. Suite à cette grève, le président de
l’université, M. Kaplan, a engagé une brutale procédure de répression contre
ceux qu’ils considèrent comme les principaux « meneurs » de la grève. Il a saisi
la section disciplinaire du conseil d’administration compétente pour les
enseignants-chercheurs à l’encontre de trois des étudiants-enseignants
grévistes, qui sont également enseignants à l’université. Accusés « d’atteinte à
l’autorité de l’État, destruction, dégradation, et détérioration dangereuses
pour les personnes ainsi que rébellion » (sic !), les trois
étudiants-enseignants, dont le secrétaire national la FSE-Solidarité Étudiante !
et le président de la section FSE de Paris I (Oxygène-FSE Paris I), risquent de
très lourdes sanctions, pouvant aller jusqu’au licenciement ou à la révocation
de la fonction publique, sans parler des menaces de poursuites pénales
impliquant un risque de condamnation à de nombreuses années de prison, tout cela
simplement pour avoir participé avec des centaines et des centaines d’autres
étudiants à la grève.
La procédure disciplinaire engagée est, premièrement, manifestement un moyen
détourné pour sanctionner des actes relevant du droit d’expression, de
manifestation et de grève. Il s’agit plus précisément pour M. Kaplan — qui a
défendu le projet d’autonomie des universités du Ministre Ferry à la Conférence
des Présidents d’Université, en contradiction flagrante avec le texte adopté par
les trois conseils de l’université de Paris I exigeant son retrait — , de faire
des exemples pour rendre impossible à l’avenir tout grève sérieuse à
l’université. Il est clair en effet que, si les trois étudiants-enseignants
accusés étaient sanctionnés, la présidence de l’université utiliserait ce
précédent pour tuer dans l’œuf toute grève par la simple menace de poursuite
disciplinaires et/ou pénales contre les grévistes. Un tel précédent servirait à
tous les autres présidents d’université contre les grèves. À l’heure où le
gouvernement, après sa loi contre les retraites et ses mesures contre les
chômeurs, prépare de nouvelles attaques libérales contre la Sécurité Sociale, le
Code du Travail et les services publics (notamment le projet Ferry sur la
modernisation universitaire et la décentralisation-privatisation des CROUS)
ainsi que la remise en cause du droit de grève en particulier dans les services
publics, c’est la possibilité pour les étudiants et les personnels se défendre
contre ces attaques selon des modalités librement décidées en assemblées
générales, y compris la grève, qui est visée. Quel étudiant, quel salarié, quel
syndicat, quel parti attaché aux libertés démocratiques pourrait accepter la
remise en cause du droit de grève ?
Deuxièmement, sur les trois accusés, deux sont des syndicalistes étudiants : la
procédure disciplinaire engagée est manifestement une façon détournée de
sanctionner des militants pour leurs activités syndicales. C’est une remise en
cause de cet autre droit fondamental pour les salariés et les étudiants, celui
de pouvoir s’organiser librement pour défendre leurs intérêts matériels et
moraux dans le syndicat de leur choix. Quel étudiant, quel salarié, quel
syndicat, quel parti attaché aux libertés démocratiques pourrait laisser faire
la remise en cause du droit syndical ?
Les poursuites engagées par la présidence de l’Université de Paris I
s’inscrivent dans une série de mesures de répression antisyndicale, notamment
lors des grèves et manifestations massives de mai et juin 2003. Mais elles
constituent une inquiétante escalade. Parmi les trois étudiants poursuivis,
figurent le secrétaire national de la FSE – Solidarité Étudiante ! et le
président de la section de Paris I (Oxygène-FSE). Notre fédération est connue
pour sa lutte intransigeante contre les réformes de privatisation de
l’Université. La section FSE de Paris I s’est avec constance opposée également à
l’application de cette politique à l’université de Paris I, au point que, dès
mai-juin 2003, certains membres de la direction de l’université n’ont pas caché
leur volonté de faire interdire Oxygène-FSE à Paris I ! Après les menaces
verbales, la présidence de Paris I a manifestement décidé de passer aux travaux
pratiques : les poursuites engagées sont clairement une tentative se débarrasser
d’un syndicat gênant pour appliquer jusqu’au bout la casse du service public.
Qu’on partage ou non les positions de la FSE, on ne peut laisser faire, car, ce
qui est en jeu, c’est la liberté pour les syndicats de définir leurs positions
en toute indépendance. Laisser faire aujourd’hui la répression contre la FSE, ce
serait laisser créer un grave précédent, faisant peser une menace permanente sur
tout syndicat qui aurait le tort - aux yeux du gouvernement ou du patronat - de
se montrer un peu trop revendicatif. Quel étudiant, quel salarié, quel syndicat,
quel parti attaché aux libertés démocratiques pourrait accepter une quelconque
atteinte à la liberté et l’indépendance des syndicats ?
C’est pourquoi nous nous sommes adressés à toutes les organisations syndicales
étudiantes et de salariés et à tous les partis politiques se revendiquant du
mouvement social et des libertés démocratiques pour leur demander,
indépendamment des divergences d’appréciation, de prendre publiquement position
et à intervenir pour l’arrêt immédiat, inconditionnel et définitif de toutes les
poursuites disciplinaires déjà engagées que d’éventuelles pénales à l’encontre
des trois étudiants grévistes.
Nous appelons tous les étudiants et personnels des universités et des CROUS à
signer massivement la pétition demandant le retrait de toutes les poursuites à
l’encontre des trois étudiants grévistes de Paris I, Sylvain Billot (président
de la section FSE de Paris I), Benoît Peluchon et Stéphane Rey (secrétaire
national de la FSE-Solidarité Étudiante !).
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