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[discussions] REPRESSION ANTI-GREVISTE/SYNDICALE A PARIS I

Posté par Sylvain Billot le 8/2.

Le président de l’université de Paris I (M. Kaplan, syndiqué au Snesup) a 
décidé de saisir la section disciplinaire contre 3 grévistes, étudiants en 
3ème cycle (allocataires de recherche, chargés de TD) : 1 non-syndiqué, et 2 
syndiqués à la FSE. Ils sont accusés « d’atteinte à l’autorité de l’Etat, 
destruction, dégradation, et détérioration dangereuses pour les personnes 
ainsi que rébellion ». Ces mesures répressives sont extrêmement graves : si il 
y avait condamnation, ce serait la possibilité même de se mettre en grève qui 
serait remise en cause.

Face à cela, la riposte s’organise : 
-	au niveau de Paris I, une pétition va être lancée dès la semaine 
prochaine : une pétition très courte qui demande au président de Paris I 
l’arrêt immédiat des poursuites. Par ailleurs, un tract intersyndical sera 
lancé au plus vite. Ci-dessous le projet de tract (issu d’une première 
réunion, version non définitive) et la pétition.
-	Au niveau national, le collectif national de la FSE (qui se réunit ce 
week-end) devrait lancer une campagne nationale et s’adresser nationalement à 
toutes les orgas.

Sylvain (Oxygène-FSE Paris I)




Projet de tract

Non à la répression contre les grévistes !
Non à la répression anti-syndicale !
Levée de toutes les poursuites !

Une grève étudiante massive a eu lieu sur le site Tolbiac de l’université de 
Paris I en novembre et décembre 2003, dans le cadre d’une mobilisation 
d’ampleur nationale contre les réformes ECTS-LMD et le projet d’autonomie des 
universités, mobilisation qui a touché près de 30 universités, dont environ 10 
ont été bloquées par les étudiants, suite à l’appel lancé par la coordination 
nationale de Rennes, reprenant ainsi une méthode traditionnelle des luttes 
étudiantes largement utilisée notamment en 1986 et 1995. Suite à cette grève, 
le président de l’Université de Paris I, M. Kaplan, a engagé une brutale 
procédure de répression contre ceux qu’ils considèrent comme les principaux « 
meneurs » de la grève à Tolbiac. Il a saisi la section disciplinaire du 
conseil d’administration compétente pour les enseignants-chercheurs à 
l’encontre de trois des étudiants grévistes en novembre et décembre 2003, qui 
sont également enseignants à l’université. Accusés « d’atteinte à l’autorité 
de l’Etat, destruction, dégradation, et détérioration dangereuses pour les 
personnes ainsi que rébellion » (sic !), les trois étudiants-enseignants 
risquent de très lourdes sanctions, pouvant aller jusqu’au licenciement ou à 
la révocation de la fonction publique, sans parler d’éventuelles poursuites 
pénales, tout cela simplement pour avoir participé avec des centaines et des 
centaines d’autres étudiants à la grève. 

La procédure disciplinaire engagée est donc, premièrement, manifestement un 
moyen détourné pour sanctionner des actes relevant du droit d’expression, de 
manifestation et de grève. A travers les trois étudiants-enseignants 
incriminés, c’est le droit de chacun d’entre nous à exprimer ses positions, à 
revendiquer et à faire grève qui est visé. Il s’agit plus précisément pour M. 
Kaplan — qui a défendu le projet d’autonomie des universités de Ferry à la 
Conférence des Présidents d’Université, en contradiction flagrante avec le 
texte adopté par les trois conseils de Paris I exigeant son retrait — , de 
faire des exemples pour rendre impossible à l’avenir tout grève sérieuse à la 
fac. Il est clair en effet que, si les trois étudiants-enseignants accusés 
étaient sanctionnés, la présidence de l’université utiliserait ce précédent 
pour tuer dans l’œuf toute grève par la simple menace de poursuite 
disciplinaires et/ou pénales contre les grévistes. Il est tout aussi clair que 
le précédent de Paris I servirait à tous les autres présidents d’université 
contre les grèves. A l’heure où le gouvernement, après sa loi contre les 
retraites et ses mesures contre les chômeurs, prépare de nouvelles attaques 
libérales contre la Sécurité Sociale, le Code du Travail et les services 
publics, ainsi que la remise en cause du droit de grève en particulier dans 
les services publics, c’est la possibilité pour les étudiants et les 
personnels se défendre contre ces attaques selon des modalités librement 
décidées en assemblées générales, y compris la grève, qui est visé. Quel 
étudiant, quel salarié, quel syndicat pourrait accepter la remise en cause du 
droit de grève ? 

Deuxièmement, sur les trois accusés, deux sont des syndicalistes étudiants : 
la procédure disciplinaire engagée est manifestement une façon détournée de 
sanctionner des militants pour leurs activités syndicales. C’est une remise en 
cause de cet autre droit fondamental pour les salariés et les étudiants, celui 
de pouvoir s’organiser librement pour défendre leurs intérêts matériels et 
moraux dans le syndicat de leur choix. Quel étudiant, quel salarié, quel 
syndicat pourrait laisser faire la remise en cause du droit syndical ?

Par ailleurs, les deux syndicalistes poursuivis appartiennent à la même 
organisation syndicale, la Fédération Syndicale Etudiante – Solidarité 
Etudiante ! , où ils occupent tous deux des responsabilités, respectivement de 
président de la section de Paris I (Oxygène-FSE) et de secrétaire national de 
cette fédération. La lutte intransigeante de ce syndicat contre les réformes 
l’ a amené à s’opposer à de nombreuses reprises à M. Kaplan, au point que, dès 
mai-juin 2003, certains membres de la direction de l’Université n’ont pas 
caché leur volonté de faire interdire Oxygène-FSE à Paris I. Dans ces 
conditions, la procédure engagée ne peut manquer d’apparaître comme un moyen 
pratique d’essayer de se débarrasser d’un syndicat gênant. C’est une escalade 
dans la répression : d’autres syndicalistes étudiants ont déjà subi de dures 
mesures de répression, notamment sur Paris I un militant de la CNT-FAU contre 
lequel a été engagé un conseil de discipline, 4 procédures judiciaires et 2 
procès (dont un a abouti à un non-lieu et l’autre est actuellement en appel), 
tout comme des militants d’autres organisations sur d’autres universités 
(Caen, Nanterre, etc). Qu’on partage ou non les positions de la FSE, on ne 
peut laisser faire la répression, car laisser faire, ce serait laisser créer 
un grave précédent, faisant peser une menace permanente sur tout syndicat qui 
aurait le tort - aux yeux de la présidence de l’Université ou du gouvernement -
 de se montrer un peu trop revendicatif. C’est la liberté et l’indépendance 
des syndicats qui est en jeu. Qui pourrait accepter qu’elle soit remise en 
cause ? 

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PETITION

Nous, soussignés, quelle que soit notre appréciation des réformes en cours, 
quelle que soit notre appréciation sur la grève de novembre et décembre 2003 à 
Tolbiac, ses revendications et ses méthodes d’action décidées en assemblée 
générale, demandons au Président de l’Université de Paris I d’arrêter 
immédiatement, inconditionnellement et définitivement les poursuites engagées 
devant la section disciplinaire contre S.B, B.P et S.R, ainsi que 
d’éventuelles poursuites judiciaires. 


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