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[discussions] Piquets de gr=?ISO-8859-1?Q?=E8ve_reconduit?==?ISO-8859-1?Q?s_=E0_Tolbiac_v?=endredi 5/12

Posté par Sylvain Billot le 6/12.

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Lors d'une AG de plus de 1000 étudiants, vendredi 5/12, à Tolbiac, la grève et 
les piquets de grève ont été reconduits. 

Voici ci-dessous et ci-joint le tract du comité de grève qui sera diffusé à 
Tolbiac lundi 8 décembre au matin.

Sylvain Billot (Paris I)


Lundi 8 décembre : Piquets de grève reconduits à Tolbiac

 "Il est bien dans l'ordre des choses que le démantèlement du système 
économique d'après-guerre s'accompagne d'une attaque importante contre la 
démocratie effective (liberté, souveraineté populaire, et droits de l'homme) 
sous la bannière de TINA (there is no alternative). Ce slogan, inutile de le 
dire, n'est qu'une supercherie. L'ordre socio-économique particulier qu'on 
impose est le résultat de décisions humaines prises à l'intérieur 
d'institutions humaines. Les décisions peuvent être modifiées, les institutions 
peuvent être changées. Si nécessaire, elles peuvent être renversées et 
remplacées, comme des gens honnêtes et courageux l'ont fait tout au long de 
l'histoire." Noam Chomsky
 
Vendredi 5 décembre, l'Assemblée générale (AG) des étudiants de Tolbiac 
(rassemblant plus de 1000 personnes) a voté la reconduction de la grève et des 
piquets de grève. 

L'AG a voté la plateforme de revendications suivantes :

  Abrogation des décrets Lang-ECTS-LMD
 Retrait définitif du projet Ferry
 Interdiction des diplômes locaux
 Hausse en nombre et en montant des bourses
 Construction de Cité-U à hauteur des besoins
 Contre la décentralisation des CROUS
 Maintien du statut de MI-SE (étudiant surveillant). Titularisation des 
emplois-jeunes dans la fonction publique. Réintégration des licenciés.
 
C'est sur cette base que les 5 délégués de Tolbiac (élus par l'AG) ont 
participé à la 2ème réunion de la coordination nationale des facs en grève ce 
dimanche à Paris XIII-Villateneuse. Nos délégués ont proposé à la coordination 
nationale d'appeler tous les étudiants à entrer dans la grève (avec piquets de 
grève durs dès que possible), de demander à tous les syndicats étudiants 
d’appeler immédiatement à la grève nationale jusqu’à l’abrogation des décrets 
Lang ECTS-LMD, et de s’adresser à tous les syndicats d’enseignants du supérieur 
et à tous les syndicats de personnels IATOS pou qu’ils appellent à la grève 
jusqu’à vaincre le gouvernement.

Halte à la désinformation : rétablissons quelques vérités sur les Réformes 
Lang / Ferry

Pour briser la mobilisation des étudiants, Luc Ferry, relayé par les principaux 
médias, les Présidents d'Université, l'UNI et les BDE, mène une campagne de 
désinformation : selon eux, les réformes ne changerait rien et nous pourrions 
dormir tranquilles. Mais alors, pourquoi tant d'acharnement à faire passer ces 
réformes ? 

La réforme ECTS-LMD met fin aux diplômes nationaux ? VRAI !

 Avant les décrets ECTS-LMD, les textes affirmaient : "Les règles communes et 
les critères d'organisation de ces diplômes nationaux sont déterminés par le 
présent arrêté. Tous les diplômes nationaux portant une même dénomination 
consacrent un niveau de connaissances et de compétences équivalent" (arrêté du 
9/4/1997, art.1). 

Bref, le caractère national des diplômes était garanti par la définition de 
maquettes nationales (même contenu, même volume horaire d'enseignement, mêmes 
modalités d'examen) par arrêté ministériel, s'appliquant identiquement dans 
toutes les universités.

Les décrets ECTS-LMD suppriment les maquettes nationales : "Le présent décret a 
pour objet d'instaurer un cadre permettant aux établissements d'enseignement 
supérieur d'innover par l'organisation de nouvelles formations " (arrêté du 
8/4/2002, art.1). L'arrêté du 23/4/2002 sur les licences dit : "Les domaines de 
formation sont définis par le conseil d'administration sur proposition du 
conseil des études et de la vie universitaire et après concertation avec les 
représentants du monde professionnel." (art.8). Chaque université pourra donc 
définir ses propres diplômes, qui ne seront  plus nationaux que sur le papier, 
c'est-à-dire en réalité inégaux d'une fac à une autre.
 
La réforme ECTS-LMD crée des diplômes européens ? FAUX !

 Beaucoup d'étudiants sont partagés sur les réformes parce que certains leur 
font croire que la réforme ECTS-LMD créerait des diplômes européens. Mais ceux-
là ne citent pas un seul texte pour prouver leur affirmation. 
En réalité, il n'y a rien de plus faux. La réforme ne met en place aucune 
équivalence entre les diplômes. Chaque université, complètement autonome, 
pourra ou NON reconnaître les crédits ECTS (européens) acquis dans une autre 
université.
 
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 L'AG est-elle légitime ?

 L'AG est ouverte à tous et à tous les points de vue. Grâce aux piquets de 
grève, tous les étudiants présents au centre PMF ont la possibilité de 
participer aux débats et aux votes. Les opposants à la grève ont reconnu de 
fait la légitimité des AG en appelant à y participer. Ils ont aussi participer 
(lors des 2 dernières AG) à la tribune et au décompte des votes. Par ailleurs, 
la direction de Paris I, bien que dénonçant la légitimité des piquets de grève, 
reconnaît implicitement la légitimité des AG : vendredi, elle a fait bloquer 
les accès aux cours, incitant les étudiants à aller à l'AG (espérant un vote 
majoritaire pour la levée des piquets de grève).
Pour nous, la démocratie ne consiste pas seulement à voter. Elle consiste aussi 
à débattre (de façon contradictoire) de toutes les questions (condition 
indispensable pour se forger une opinion). Cela n'est possible qu'en AG, où 
tout est soumis au vote : la tribune, l'ordre du jour, et le fonctionnement 
même de l'AG. Le référendum (condamné par le personnel IATOS de Tolbiac, voir 
ci-dessous) que la direction de Paris I compte organiser, avec une question 
biaisée (qui appelle à se prononcer sur un moyen d'action en ignorant la 
question de fond : pour ou contre les réformes ?) et sans débat, est une 
manipulation grossière qui ne trompe personne.
 
Pourquoi des piquets de grève ?

 Voter la grève en AG alors que les cours continuent n'a aucun sens. En effet, 
si les enseignements ont lieu, si les interros se déroulent, ceux qui veulent 
faire grève ne le peuvent pas. La grève n'est pas un acte individuel 
suicidaire, mais un choix décidé et appliqué collectivement. 

Nous déplorons le fait que des enseignants ont dispensé ces derniers jours des 
cours à 20% de leur effectif habituel, pénalisant l'écrasante majorité des 
étudiants, de fait grévistes. A partir de lundi, conformément au vote de l'AG 
de vendredi 5/12, plus aucun cours ne doit avoir lieu. Les amphis seront 
utilisés pour faire vivre la grève (débats, réunions des commissions de 
travail, projection de films, etc.).

La grève effective doit permettre d'élargir la mobilisation et de faire de 
Tolbiac un pôle de résistance pour préparer la grande manifestation du 13/12. 
Nous pouvons obtenir l'abrogation des décrets Lang-ECTS-LMD avant les vacances 
de Noël. Pour cela, la grève doit être nationale et totale. Une grève verbale, 
symbolique, ne sert à rien, sauf à nous bercer de douces illusions. Nous sommes 
une majorité à refuser ces réformes de casse de l'université publique : alors 
utilisons les moyens appropriés pour obtenir satisfaction !
 
La démocratie selon M. Kaplan, président de l'Université Paris I

 M. Kaplan, qui nous donne sans cesse des leçons de démocratie, a convoqué, le 
3 décembre, une réunion du personnel de Paris I. Il a décidé de la transformer 
en AG en excluant de la discussion et du vote le personnel non permanent (comme 
les allocataires de recherche), faisant voter à la va-vite une motion 
condamnant le blocage des cours à PMF. 
Malgré les pressions de M. Kaplan pour qu'il condamne le mouvement étudiant, le 
personnel IATOS de Tolbiac, a dénoncé courageusement, le 4 décembre, en AG, la 
politique de Kaplan. La motion, adoptée à l'unanimité moins une voix, précise 
que les personnels IATOS "ne sont en rien solidaires des décisions du Président 
prises à l'occasion d'une assemblée qu'il a improvisée le 3 
décembre", "n'entendent pas être manipulés par des décisions prises sans eux au 
nom des intérêts de tous, notamment quant au recrutement de vigiles privés et 
quant à l'organisation d'un référendum les 9 et 10 décembre 
prochains", "demandent le retrait immédiat de ces personnels de surveillance et 
le retrait des communiqués actuellement diffusés", "appellent l'ensemble des 
IATOS de Paris I à ne pas participer à l'organisation de ce référendum".

Précisons en outre que M. Kaplan viole systématiquement le mandat qui lui a été 
confié par les 3 conseils centraux (CA, CEVU, CS) en mai 2003, à savoir exiger 
le retrait pur et simple du projet Ferry de renforcement de l'autonomie des 
facs. A la CPU (conférence des présidents d'université) et dans les médias, il 
défend la position inverse (en opposition à la position de son syndicat, le 
Snesup), à savoir le soutien au projet Ferry.

M. Kaplan, qui n'a pas hésité à envoyer les CRS à Tolbiac (jeudi 27/11) pour 
casser la grève, a décidément une bien curieuse conception de la démocratie !
 
Commission tract du comité de grève : Pour défendre tes droits, rejoins la 
grève !!