[discussions] Collectif national du 03 / 06 : un congres, vite !
Posté par Jean-Paul CANEVET le 31/5.
piece jointe : TEXT/HTML
"Je ne suis d'aucune faction, je les combattrai toutes"
SAINT-JUST,
9 Thermidor an II
J'ai bien peur qu'il soit trop tard. Les listes "véritables" de rassemblement qu'il aurait fallu mettre en place pour les élections au CNOUS et au CNESER ne verront jamais le jour. Et qui sait où nous en serons dans deux ans ?
Une vaine tentative, extrêmement maladroite, dont l'impréparation la disputait à des ambitions sans doute pas très nobles, a été surtout beaucoup trop tardive pour les élections au CNOUS. D'aucun aurait pu en prédire les résultats sans grands risques d'erreur. A ce propos d'ailleurs la position de l'AGET-ASL a été la bonne , et ce d'autant plus qu'ils ont pu réagir assez rapidement à la proposition qui leur avait été faite. Cela dénote de la cohérence dans le discours et de l'anticipation quant aux grandes échéances. On ne peut malheureusement pas en dire autant de tout le monde.
Si nous pouvons aisément comprendre que les délais imposés pour la constitution d'une liste commune au CNOUS ait pu faire barrage à la réponse positive de certains syndicats ou associations, il ne faut pour autant excuser certaines attitudes :
Il faut radicalement cesser de prendre les institutions dans une ligne de mire (virtuelle qui plus est, au regard de notre force actuelle et de notre capacité à peser sur la société), démarche aisée lorsque cela nous empêche de nous remettre en cause. N'avons-nous pas eu les oreilles rabâché d'un discours lénifiant en guise de bilan des élections au CROUS ? Discours qui consistait à reporter la faute sur le manque de publicité, les efforts insuffisants de communication, le mauvais déroulement du scrutin.... Si tant est que cela pu être par endroit la stricte vérité, cette accusation ne peut se faire au détriment d'une sérieuse autocritique personnelle. On en est loin.
Pour ce qui concerne le CNOUS, je reste persuadé que la mise sur pied d'une liste de rassemblement aurait été facilitée par un travail en amont. La première étape aurait du en effet être la constitution de listes de rassemblement dans les CROUS. Personne ces derniers temps n'a cru bon de le faire remarquer. Moi même... C'est tout de même le fond du problème. Les ingénu(e)s qui voient dans la très étroite liste de rassemblement (sic) les gestes d'une ouverture doivent sérieusement revoir leur position.
Egalement, nous attendions un peu plus des organisations sollicitées pour la constitution de cette liste de rassemblement, qu'un simple refus, aussi motivé soit-il. Une telle décision aurait mérité un tant soit plus d'explications et cela n'a pas été le cas, du moins pas que je sache. Pour en revenir à l'actualité et donc au CNESER, je me réjouis de constater que SUD-étudiant a pris l'initiative cette fois ci d'appeler à un tel rassemblement. Seulement, plus qu'une simple déclaration d'intention, ce sont de gestes concrets dont le syndicalisme étudiant offensif a besoin aujourd'hui. Et j'ai cru percevoir, dans les intonations de telle ou telle phrase, les accents d'une stricte orthodoxie, qui ne laissent rien présager de bon quant aux nécessaires et salutaires concessions que suppose une liste de rassemblement. Il va sans dire que j'espère plus que jamais que les faits me donneront tort, et que chacun aujourd'hui a dorénavant compris où va son intérêt, et, d'une façon plus vaste celui du "vrai" syndicalisme étudiant.
Dans ces périodes de divisions et de grandes confusions, la lisibilité doit un facteur déterminant du mouvement étudiant (ou ce qui se prétend comme tel). Depuis le dernier congrès de l'UNEF, il me semble que c'est une notion qui s'est complètement évaporée, ...le résultat sans aucun doute d'un processus historique long et complexe. Si j'émettais déjà des doutes sur la lisibilité du projet syndical de l'UNEF, il faut dire que la lisibilité de celui des SE m'a alors, mais complètement, échappé. Que penser de SUD-étudiant dont on peut aujourd'hui dire sans complexe que l'ambition de réunifier le syndicalisme étudiant a échoué ?
Le SEUL, syndicat local certes, mais syndicat tout de même, dont le projet présente une vrai lisibilité, a malheureusement trop souvent des réticences à opérer les rapprochements qui seraient salutaires, de peur sans doute de voir s'effacer une partie de sa personnalité.
Ce qui reste incontestable, et c'est à mon sens la véritable leçon des élections aux CROUS, c'est que le projet et les propositions de l'Unef-id, outre leur lisibilité, remportent l'adhésion des étudiants, du moins de ceux qui se déplacent voter.
Cette lisibilité leur fait gagner du temps.
Après l'allocation d'étude & l'autonomie étudiante, l'Unef-id a la modeste ambition d'amorcer une "révolution pédagogique" . Cela nous promet de belles affiches et de beaux slogans pour les années à venir, année où se déroulera nombre d'élections dans les conseils centraux des universités. Cette lisibilité tient à plusieurs choses (dont pour la plupart je n'aurais pas la prétention de traiter), mais il me semble que la quasi unanimité qui est faite autour de ces questions dans leur organisation y est pour beaucoup. Il y a fort à parier que la plupart des combats qu'ils mèneront ce prochains mois tourneront autour de ce thème central .
Cette unanimité, cette confiance en un projet syndical, cette faculté a rassembler derrière des objectifs précis, cela fait longtemps que l'UNEF ne l'a plus, autant pour des questions de forme que pour des questions de fond. Toutes les questions abordées ces derniers mois en sont la preuve criante. Combien d'AGE font remonter leur cotisation au national dans les temps ? Et pourquoi ?
Combien d'AGE mènent des campagnes purement locale ?
Combien d'AGE répondent efficacement aux mots d'ordre (de moins en moins nombreux d'ailleurs ) de journée d'action ? Pourquoi ?
Combien de militants sont capables de dire avec précision, sans hésitation quels sont les grandes lignes du projet de l'UNEF, les buts qu'elle s'est fixée ?
Pourquoi sommes-nous obliger de nous interroger le 03 Juin à deux jours du dépôt de listes au CNESER sur la teneur de notre programme ?
Autant de questions auxquelles chaque militant de l'UNEF se doit de répondre. Autant de questions qui si elles ne trouvent pas de réponses rapidement seront de fait des point de ruptures, et il me semble que nous en avons déjà eu la preuve. Autant de questions toujours en suspens qui font que la balkanisation de l'UNEF risque encore d'aller en s'accélérant. Pas dans les semaines qui viennent non ! Mais gageons que les prochaines élections ou les prochains "mouvements" étudiants soient le début de la fin. Chaque action sur le terrain, chaque échéance nationale, chaque élection cristallise un peu plus les différences.
Une situation d'urgence : voilà la réalité de l'UNEF. Des mesures fortes s'imposent : je désespère que les principaux responsables ne l'aient pas pleinement compris. Leur responsabilité s'étend pourtant encore à ce domaine là. Il nous faut un congrès rapidement, le plus vite possible. Soyons nombreux à nous manifester pour exiger en Octobre prochain un congrès exceptionnel pour l'UNEF.
Mail, téléphone, courrier , si nous devons avoir un seul objectif ces prochains mois c'est celui d'imposer un congrès : exceptionnel.
salutations syndicales.
Manuel Canévet, président du CEN-UNEF