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[discussions] Re : La frite ?

Posté par Emmanuel Lyasse le 22/5.

Il y a du vrai dans ce que tu dis, mon camarade, mais ton jugement sur le CN
me semble excessivement négatif.
Certes, rien de décisif n'a bougé, et le congrès qu'on nous annonce pour
dans très longtemps semble préparé pour être une farce aussi mauvaise que
celui de Pantin.
De tout ce qui a été dit avant le CN de la nécessité de rénover l'UNEF, il
ne reste que le mot d'ordre d'abolition des structures pyramidales. C'est
grotesque, mais "lorsqu'on vient d'en rire on voudrait en pleurer", car
c'est de notre syndicat qu'il s'agit.
Pourquoi ? Parce qu'une bonne partie des valeureux contestataires ont
mystérieusement disparu dans la nuit de vendredi à samedi. Convaincus par
quelques bonnes paroles prodiguées en BN, au point que la douche froide qu'a
été le rapport du CN ne les a pas réveillés ? Incapables, plutôt, d'aller
jusqu'au bout de la logique qu'ils avaient choisie, et de tendre la main aux
camarades qui avaient le tort d'être arrivé avant eux aux mêmes conclusions
qu'eux sur la direction nationale.
Certes, de ce côté-ci, tout le monde n'a pas brillé par son tact. Torts
partagés, donc. Mais je tiens à te préciser que la dangereuse gauchiste qui
a fait mettre aux voix la proposition de demander la démission du BN, cette
"proposition hyper radicale" s'appelle Karine Delpas. Cette démission était
demandée par Paris IV et Nantes, et également par la contribution
personnelle de Lise Pastor, mais c'est Karine qui a décidé de s'offrir un
gentil plébiscite sous ce prétexte, en choisissant pour ce faire le moment
où il y avait le moins de contestataires dans la salle. Elle a fait voter
son rapport anti pyramide dans la foulée.
Face à ce putsch, qui a protesté ? Nantes et Paris IV. Les néo-opposants de
la veille ont été les premiers à nous répondre que nous étions contre le
changement (En somme, dans le cadre de l'abolition des structures
pyramidales, la présidente peut choisir à sa convenance le moment des votes,
au mépris de l'ordre du jour. C'est beau)
Certains indices laissent penser que le coup était prémédité, en particulier
la présence à ce moment-là d'au moins deux camarades jadis membres du BN,
dont on se demandait bien quelle AGE ils représentaient, et qu'on n'a pas
revus le dimanche.
Alors, rien de changé ?
Je ne crois pas. Si personne n'a été à la hauteur de la situation, les faits
ont fini par s'imposer d'eux-mêmes.
Sur la mutuelle, nous avons eu un beau débat, qui aurait pu, à une vois
près, avoir une heureuse conclusion. Si tout le monde avait été là, et avait
voté de façon cohérente...
Et en fin de compte, nous avons investi une liste pour le CNOUS en
contradiction totale avec le rapport de la veille, correspondant exactement
à ce que préconisait le texte proposé par Paris IV, Paris I et Evry, lequel
n'avait pourtant intéressé personne.
Parce que les faits sont têtus, et qu'on ne peut faire élire le CNOUS au
moment où on n'a que des amis dans la salle.
En répondant à la proposition qui lui était faite, et en des termes clairs
et prometteurs pour l'avenir, l'AGET Arsenal a su, elle, se montrer à la
hauteur de la situation.
Si tout le monde en fait autant, cette liste aura un élu et un suppléant,
qui ne seront pas ceux de la ligne qui a conduit à la déroute de mars
dernier, mais ceux d'un renouveau du syndicalisme étudiant.
Quel que soit le résultat, l'UNEF a emprunté, certes sans le faire exprès,
le voie du renouveau. Le tout est qu'elle assume ce choix, et qu'elle y
reste. Pour les élections du CNESER, et pour la préparation d'un 80e congrès
qui évoque plus le 59e que le 79e.
Le triste samedi du CN a une fois de plus mis en relief l'obstacle
principal: la tendance presque générale à faire prédominer sur la volonté de
construire ensemble l'UNEF comme le syndicat dont les étudiants de France
ont besoin des vieux clivages n'ayant rien de syndical.
Si cet obstacle n'est pas dépassé, les organisations qui prétendent
représenter les étudiants sans les défendre ont de beaux jours devant elles.
EL

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>De : "redstar" 
>À : "redstar" 
>Objet : La frite ?
>Date : Lun 22 mai 2000 1:40
>

> Et pourtant, le dernier CN de l'Unef s'annonçait plein de possibilités.
> Le BN avait été marqué par l'expression d'une forte grogne, ce qui
> avait -une fois n'est pas coutume et doit être souligné - amené le
> Secrétariat a faire des gestes d'ouvertures assez prometteurs.
>
> L'espérance a été de courte durée.
>
> Il est vrai que, dès le lendemain, de fidèles renforts venaient conforter
> les positions du secrétariat, qui, de réunions discrètes en concile du BN
> réaffirmait sa ligne, reprenant doucement en main les positions concédées la
> veille ou l'avant veille.
>
> Une victoire à la Pyrrhus...
>
> Difficile victoire, il est vrai, tant les ficelles employées ont été grosse.
> 1- blindage du CN comme les convoyeurs de la Brinks aimeraient en voir plus
> souvent.
> 2- Vote délirant sur une proposition hyper radicale ( les forces gauchistes
> se révélant, encore une fois, d'excellents alliés naïfs et maladroits du
> SN).
> 3- Départ, de dépit légitime, de membres du BN et CN. Espérons que certains
> remilitent un jour, comme on dit souvent, ce sont les meilleurs qui s'en
> vont....
> La machine à casser les militants est encore en marche.
>
> Perspectives à termes ? (1)
>
> Congrès, stages , chaines....
> Tout est marqué par le sceau de la bidouille. Les adhérents ne font plus
> confiance en leur direction, on va leur apprendre, tiens!, qui c'est les
> chefs.
> Le plus grave dans ces magouilles de seconde zone est peut-être le débat sur
> le congrès qui, de novembre, voit sa tenue prévue en mars 2001 ! T'a raison,
> comme ça, il n'y aura plus personne. Et ce n'est pas jouer à cassandre, le
> mouvement est déjà effectif.
> Soit le SN fait confiance aux responsables intermédiaires de l'Unef, tentent
> de mettre au premier plan les derniers à avoir un peu d'expérience, soit
> dans un an, ils partiront, et derrière ? ???
> La force de l'Unef sur le debut de la décennie a été de générer des
> responsables et faire confiance dans ces derniers. Ce mouvement, avec
> l'arrivée de la dernière direction s'est arrêté.
> Pour faire confiance aux autres, il est vrai aussi, qu'il faut commencer par
> se faire confiance....
>
> Perspectives à terme? (2)
>
> Plus que jamais pourtant, il existe une voie non explorée dans le
> mlitantisme. Evidemment, les explorateurs qui voudraient s'y engager se
> doivent de revoir une conception misérabiliste, fondée sur un rapport de
> classe, exaltant une phraséologie surannée.
> Attention, dire ceci n'implique pas du tout qu'il n'y ait pas de miséreux à
> l'université, qu'il n'y ait pas de tentation du patronat de faire main basse
> sur la direction de l'enseignement supérieur, et qu'il ne faille pas être
> radical ! Il faut par contre, en regard des FAITS, d'un ETAT D'ESPRIT des
> étudiants poser les débats qui se posent chez les étudiants. Il faut poser
> les débats qui portent aujourd'hui chez les étudiants, et de là,
> ressurgiront les questions de fonds précitées...
>
> Le tout est une question de méthode.
>
> Il faut bien l'avouer, le tenue en interne des débats à l'Unef n'est pas
> éloignée de la conception en externe de la façon dont on considère les
> étudiants. On prend les gens pour des cons.
> On ne peut plus tenter de truquer les cartes, d'imposer des vues. Ca a pu
> marcher dans les années 30, c'est fini. Les étudiants attendent de pouvoir
> se fonder leur avis, pouvoir aussi comparer les avis (important ça aussi).
> On ne peut pas défendre une université distillant l'esprit critique et faire
> l'inverse dans nos organisations. C'est un tout. C'est à construire.
>
> A suivre.
>
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