Re: [discussions] Re: Etrange manifeste...
Posté par Julien Esquie le 18/3.
piece jointe : TEXT/HTML
Bonsoir,
Je glisse quelques commentaires dans le message d'H. Ducros.
> - tu nous dit que "ce n'est pas son objet" de poser la question des
> conditions de travail des enseignants (comme si elles étaient séparables des
> coups portés à l'école publique ! )
Il la pose tout de même - si tant est qu'on veuille considérer que, pour un enseignant, être, de facto, interdit d'enseigner, ce sont de bien mauvaises "conditions de travail". Ou faudrait-il évoquer des conditions de non-travail, étant donné que le travail des enseignants est d'enseigner ?
> - et c'est logiquement qu'il trouve sa cohérence dans l'appel à détruire les
> organisations syndicales (en fait le SNES, car dans le second degré, visé
> par ce texte, le syndicat essentiel est celui-là.).
a) Le manifeste n'appelle à la destruction d'aucune organisation syndicale. J'y insiste : aucune, à moins de considérer qu'une organisation, du simple fait qu'elle se dit "syndicale", l'est effectivement. Le SNES n'est pas un syndicat. D'une part, il ne fonctionne pas comme un syndicat (un syndicat ne recourt pas à des sondages pour connaître les positions de sa base), d'autre part, et ce depuis des lustres, il agit au contraire des intérêts matériels et moraux de ses mandants. Le manifeste appelle donc à la destruction d'organisations pseudo-syndicales.
b) Le fait d'en appeler à détruire des organisations qui se font passer pour des syndicats n'aurait aucun sens dans le cadre d'un refus de toute lutte de type syndical. Si le manifeste appelle à détruire le SNES, c'est, quoique veuillent en conclure ceux qui lisent un peu trop vite, parce qu'il continue de croire au syndicalisme - sans poser toutefois qu'il pourrait être le remède à tous nos maux.
c) Il doit exister, en France, une dizaine de syndicats d'enseignants, réels ou supposés. Le manifeste n'appelle à en détruire que trois : le SE-UNSA, le SGEN-CFDT, la FSU.
> Il ne fait pas montre d'un grand courage dans ce qui devrait pourtant être
> sa conclusion à lire cette réponse: "rejoignez le syndicat FO!". Ou est-ce
> que le SNALC est dans le coup? A l'approche des élections, cet appel à un
> air quand même un peu louche.
Le manifeste n'a pas à se substituer aux enseignants. Il laisse cela aux différentes "avant-gardes du prolétariat", occupées, depuis près de soixante-dix ans, à se substituer, mais en vain, aux vilaines directions, et se contente - et visiblement, c'est déjà beaucoup - de les appeler à la responsabilité. Dès lors qu'ils seront conscients de cette responsabilité, et, plus important, qu'ils auront le courage de l'assumer, il leur reviendra de déterminer eux-mêmes comment ils jugent bon d'agir. S'ils veulent et peuvent reprendre en main le SNES - à mon sens, le fonctionnement de cette organisation rend la chose impossible - qu'ils le fassent !
> Après tout, puisque le camarade Julien de Rouen cite le PT, puisque que le
> promoteur de cet appel valorise FO qui dans l'enseignement est tenu par le
> PT, on peut rappeler qu'un dirigeant notoire du PT, A.Hébert, s'est déjà
> distingué en Loire-Atlantique en manifestant sa préférence pour le RPR lors
> de plusieurs élections législatives ou présidentielles.
Hors-sujet.
Quiconque connaît un tout petit peu le PT et la théorie "trotskiste" admettra que le manifeste est incompatible avec l'un et l'autre.
> On appelle les enseignants à "s'organiser", mais pour commencer, à casser
> leur organisation, sans même dire qu'il leur faut en rejoindre une autre!
Ce n'est pas - ce n'est plus - leur organisation.
Et nous posons que les enseignants sont de grandes personnes : quand ils auront ouvert les yeux, ils sauront ce qu'ils ont à faire, sans qu'il soit besoin de le leur dire.
> On prétend défendre l'enseignement... mais contre quoi? Puisque le manifeste
> écrit "la politique désastreuse est arrivée à son terme".
> C'est qu'il n'y a plus rien à faire pour l'empêcher? Ô courageux résistants
> de la vingt-cinquième heure!
Reconstruire.
> S'agit-il de s'opposer à la nouvelle attaque contre les collèges concoctée
> par la "gauche plurielle"? S'agit-il de s'opposer à la "réforme" des IUFM?
Opposition totale, cela va de soi, à la "réforme" des collèges.
Opposition au principe même des IUFM.
> Et pour cause: satisfaire ces revendications implique de combattre pour
> imposer aux directions syndicales que les syndicats changent de position et
> reprennent les exigences des enseignants. Impossible? Non.
Si : cela fait plusieurs décennies que tout ce que la France compte de "trotskistes" essaie. En vain. Allez-vous nous lancer le mot d'ordre de la "défense de l'Etat ouvrier" ?
> - Un appel qui ne propose RIEN comme combat réel contre le gouvernement, sa
> politique, et pour tout dire ses commanditaires capitalistes.
Apprenez à lire !
> - Un appel qui propose de DETRUIRE la principale organisation syndicale des
> enseignants, héritage en fait du mouvement ouvrier tel qu'il s'est prolongé
> dans l'enseignement via la FEN ( avant qu'elle soit détruite en 1993).
De qui vous moquez-vous ? Le SNES n'est plus ce que vous dites. VOUS ne proposez rien qui n'ait échoué mille fois - le Titanic est en train de couler, vous voulez sauver l'argenterie.
> - Un appel qui de plus, comme l'a relevé le camarade de Rouen, met les
> enseignants au banc des accusés.
Sur ce point, vous avez lu correctement. Cessons la litanie sur cette pauvre classe ouvrière qu'on trompe.
> même on peut partager les
> préoccupations de ses signataires sur l'aggravation de la situation dans les
> collèges et lycées, une fois écartées les caricatures (le lycée tel que se
> l'imaginent les universitaires qui frémissent parce que des enseignants et
> autres veulent AUSSi s'occuper d'AIDER les élèves et pas SEULEMENT de leur
> faire cours. Mais le mal n'est pas là, si il n'y avait pas ça, ce serait
> pire encore).
Ce manifeste n'émane pas d'universitaires. Il a été rédigé par un professeur de lycée, et un autre de collège - votre serviteur.
Cordialement,
J. Esquié