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[discussions] Re :MANIFESTE POUR L'INSTRUCTION PUBLIQUE

Posté par Emmanuel Lyasse le 18/3.

Tout à fait d'accord. Je signe, et j'appelle les lecteurs de ce mail à
signer.
Emmanuel Lyasse, étudiant à Paris IV (élu au CS), ATER en histoire romaine
à Strasbourg
Marc Bloch

----------
>De : "Julien Esquie" 
>À : 
>Objet : [discussions] MANIFESTE POUR L'INSTRUCTION PUBLIQUE
>Date : Lun 11 mars 2002 20:31
>

>
>
> MANIFESTE POUR L'INSTRUCTION PUBLIQUE
> Appel à la résistance
>
>
>
> Le système d'instruction publique français est en train de sombrer. Cette
> évidence ne peut échapper à quiconque fréquente les établissements
> scolaires. Il reste qu'à l'extérieur, elle est mal connue : la presse
> n'informe plus et le mutisme complice des organisations syndicales
> majoritaires paraît s'accorder avec l'étrange silence de l'immense majorité
> des enseignants. Pour notre plus grande honte.
>
> Nous avons à dénoncer ici une forfaiture : de très nombreux enseignants,
> dont la vocation était d'instruire, n'ont aujourd'hui d'autre choix que de
> participer, bon gré mal gré, à une entreprise d'abrutissement dont leurs
> élèves sont les premières victimes. Savoir lire et écrire correctement est
> redevenu, pour ainsi dire, le privilège d'une élite. Ces enseignants, qui
> cèdent souvent sans lui opposer la moindre résistance à la tyrannie
> imbécile des prétendues « sciences de l'éducation » et de leurs zélateurs
> (inspecteurs, formateurs et autres tuteurs), abdiquent leur véritable
> mission. Par désinvolture ou par sottise, ils se font les agents aveugles
> et irresponsables d'une immense machine à détruire l'intelligence. Ils
> acceptent sans broncher que l'école soit mise au service d'intérêts
> radicalement opposés à une certaine idée de l'homme, que les siècles passés
> nous avaient laissée en héritage.
>
> Des réformes successives ont peu à peu affaibli l'institution, réduit sa
> capacité à instruire. Longtemps, il a été possible de croire que
> l'évolution négative de l'état des choses résultait d'erreurs, de compromis
> hasardeux. Mais aujourd'hui, plus de dix ans après la promulgation de la
> loi d'orientation du 10 juillet 1989, qui entérine la transformation de
> l'institution scolaire en « service public », aucun doute n'est plus permis
> : l'école a perdu sa mission d'instruire et devient peu à peu l'instrument
> privilégié du contrôle social et de la propagande.
>
> L'objectif des gouvernements, quels qu'ils soient, soumis aux pressions des
> instances économiques internationales, est clairement de détruire de fond
> en comble le système d'instruction publique, en France comme ailleurs.
> Disqualification des professeurs, abandon du principe de laïcité sur lequel
> se fonde pourtant l'école de la République ; savoirs fondamentaux que l'on
> a rabaissés au rang de simples prétextes éducatifs et relégués à la
> périphérie d'un « système » dont l'élève, par pure démagogie, est devenu le
> centre ; déconcentration et autorité accrue des chefs d'établissement ;
> T.P.E., N.T.I.C., E.C.J.S., et aujourd'hui I.D.D. Voilà énumérés les
> principaux moyens d'une politique désastreuse arrivée à son terme.
>
> On voit maintenant des professeurs s'épuiser dans les collèges à enseigner
> ce que les instituteurs ont été empêchés de transmettre ; un peu partout,
> des individus isolés tentent l'impossible - souvent en vain - pour sauver
> ce qui pourrait encore l'être. La possession du baccalauréat n'empêche plus
> désormais, dans bien des cas, qu'on puisse être, stricto sensu,
> parfaitement illettré. Dans quelques rares établissements  très privilégiés
>  si on enseigne encore quelque chose, c'est qu'il faut bien permettre la
> reconstitution des élites. Partout ailleurs, le chaos et la violence
s'installent.
>
> C'est que, dans de trop nombreux collèges et lycées, le simple droit
> d'étudier se trouve refusé à ceux qui veulent être instruits, par
> l'obligation qu'on leur a faite de côtoyer et subir ceux qu'on a rendus
> incapables d'apprendre et que la perversion des règles de discipline
> encourage à la violence aveugle de la délinquance. Ces derniers finissent
> toujours par imposer leur loi particulière, en toute impunité. On a voulu
> définir  atroce ironie !  les établissements scolaires comme des « lieux de
> vie » ! Mais dans certains cas, ce n'est pas seulement l'intelligence de la
> jeunesse qu'on laisse mourir, c'est la jeunesse elle-même qu'on tue.
>
> Nous accusons les gouvernements qui se sont succédé de s'être faits, sous
> couvert d'une phraséologie démagogique et fallacieuse dont seuls des
> imbéciles pourraient désormais être dupes, les exécutants de la politique
> la plus cynique et la plus basse qu'on ait vue en France depuis des
> décennies. Politique d'abrutissement et d'asservissement des masses,
> politique fondée sur le mépris de l'homme et de toutes les valeurs qui font
> une civilisation.
>
> Nous accusons les syndicats majoritaires d'avoir prêté main-forte à ces
> gouvernements. Ils ont fait marcher les professeurs, au sens propre comme
> au sens figuré, dans d'innombrables manifestations contre une politique
> qu'ils entendaient délibérément soutenir et favoriser tout en prétendant
> hypocritement le contraire. Ils ont pris le contrôle des inévitables
> mouvements de contestation qu'elle suscitait. Ils ont sciemment égaré des
> milliers d'adhérents, leurs dupes, dans des voies qui ne devaient les mener
> nulle part sinon à l'acceptation de ce qu'on avait prétendu d'abord les
> inciter à contester.
>
> Le pitoyable S.G.E.N., le S.E.-F.E.N., les syndicats de la F.S.U.
> (S.N.E.S., S.N.E.S.U.P., S.N.U.i.p.p., etc.) ne sont pas des syndicats ; ce
> ne sont que les rouages d'un mécanisme bien huilé dont la véritable
> fonction est aujourd'hui, plus que jamais, d'enrégimenter ceux dont ils
> prétendent défendre les intérêts moraux et matériels. Ils ont inspiré
> certaines des dispositions les plus pernicieuses des prétendues réformes.
> Ils font actuellement tout ce qui est nécessaire pour que les enseignants
> ne voient rien d'autre à faire que d'appliquer ce qu'ils ont naguère voulu
> refuser.
>
> Nous appelons tous nos collègues à sortir de leur torpeur et à opposer une
> résistance déterminée à cette volonté totalitaire d'anéantir toute culture,
> de compromettre l'avenir des jeunes générations et donc celui du pays.
>
> Il n'est plus possible d'être au S.G.E.N.-C.F.D.T., à la F.E.N. ou à la
> F.S.U. sans se rendre complice d'une forfaiture !
>
> Nous exhortons les adhérents de ces organisations à renvoyer leur carte et
> à s'organiser autrement. Nous appelons à la création d'un vaste mouvement
> de résistance qui puisse mettre fin au processus criminel dont nous sommes
> quotidiennement les témoins. Un mouvement qui rassemblera tous ceux qui ne
> peuvent plus assister en silence à la destruction insidieuse de notre
> système d'instruction.
>
> Il y va de l'avenir de ce pays et des jeunes générations, comme de
> l'honneur de celles et ceux qui ont pour mission de les instruire.
>
> 2 février 2002
>
>
>
> Site internet : http://www.csip.lautre.net
>
> Signature du manifeste : julien.esquie@libertysurf.fr
> 
>
>
> PREMIERS SIGNATAIRES
>
>
>
> Joëlle Alazard, professeur dHistoire-géographie
>
> Mabrouk Bendjilali, professeur de Sciences de la vie et de la terre
>
> Yvonne Besson, professeur de Lettres modernes, écrivain
>
> Christophe Billon, professeur de Lettres modernes
>
> Christophe Bitaud, instituteur
>
> Loïc Bureau, professeur dHistoire-Géographie
>
> Isabelle Bush, professeur dAnglais
>
> Fanny Capel, professeur de Lettres modernes
>
> Pedro Cordoba, maître de conférences en Espagnol, codirecteur du
> département de Langues romanes de lUniversité de Reims
>
> Jean-Yves Degos, professeur de Mathématiques
>
> Luc Delmas, professeur dHistoire-Géographie
>
> Christophe Escalé, professeur de Lettres modernes
>
> Julien Esquié, professeur de Lettres modernes
>
> Céline Esquié-Lassoureille, professeur de Lettres modernes
>
> Bruno Ferrand, professeur de Mathématiques
>
> Matthieu Fontbonne, ingénieur
>
> Mireille Grange, professeur de Lettres
>
> Viginie Hermant, professeur de Mathématiques
>
> Reynold Humphries, maître de conférences dEtudes cinématographiques,
> Université de Lille III
>
> Marie Labat, professeur dHistoire-Géographie
>
> Christian Labrune, professeur de Lettres modernes
>
> Marie-Christine Lafargue, professeur dAllemand
>
> Michel Lafargue, professeur de Mathématiques
>
> Marc Le Bris, instituteur
>
> Thomas Lienhard, moniteur dHistoire, Université de Lille III
>
> Guillaume Maison, informaticien
>
> Jean-Luc Marquer, instituteur
>
> Cathy Montbeyre, mère de famille, représentante de parents délèves
>
> Yves Moreau, professeur de Mathématiques
>
> Nicolas Patrois, professeur de Mathématiques
>
> Isabelle Rembotte, professeur de Lettres modernes
>
> Hervé Renard, instituteur
>
> Emmanuel Renaud, professeur à Sup. de CO. La Rochelle
>
> Jacky Renaud, professeur de Lettres modernes
>
> Jean-Baptiste Renault, professeur de Lettres modernes
>
> Claude Rochet, conseil de direction générale, professeur associé déconomie
> industrielle à Paris Nord, essayiste
>
> Olivier Simon, père de quatre enfants (primaire et collège), collectif
> Parents pour sauver lécole
>
> Alain Talé, professeur de Lettres classiques
>
> Eliane Thépot, professeur de Lettres
>
> Joseph Urbas, maître de conférences de Littérature américaine, Université
> de Bordeaux III
>
> Stéphane Uteau, professeur de Mathématiques
>
> Cécile Verhulst-Avril, communicatrice
>
>

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