[discussions] Proces politiques en Tunisie samedi 1er fevrier : en 30 secondes 9 de prison + agressions de la police
Posté par Anthony Whitney le 3/2.
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IMPORTANT-INFORMATION SUR LES PROCES POLITIQUES DE SAMEDI
en PJ le communique du CRLDHT, ci dessous un "condensé" des evenements de la
triste journée de Samedi.
Tunisie : Procès expéditif : en 30 secondes
9 de prison pour quatre opposants politiques remis sous les verrous
et agressions physiques tout azimut de la police
Exposé des faits : Quatre opposants politiques, militants du Parti
Communiste Ouvrier Tunisien (PCOT, interdit par le régime de Ben Ali), sont
sortis de 4 ans de clandestinité samedi 2 février pour se présenter à leur
procès au Palais de Tunis après que leurs avocats aient introduit un appel
de leur condamnation par coutumace en première instance à 9 ans de prison
sous les chefs d’inculpation suivants : « appartenance à une organisation
illégale, tenue de réunions illégales, outrage à l'ordre public, incitation
à la rébellion, violation des lois, diffusion de tracts et de fausses
nouvelles. »
Après etre arrivés sous l'oeil des caméras de télévision étrangères en
présence de nombreux observateurs d'organisations internationales des droits
de l'Homme (FIDH, AI) et de diplomates européens et américains, juste après
l'ouverture du procès, plus d'une trentaine de policiers en uniforme sont
entrés, une dizaine de policiers en civils étaient également présents. Après
avoir demandé aux avocats de reculer, ce qu'ils ont refusé de faire, ils ont
fait procéder à l’évacuation de la salle.
Vers 13h30, au moins six policiers se sont emparés des trois prévenus, en
violation du Code pénal tunisien. Les trois prévenus ont été conduits dans
une autre salle où une seconde séance s'est déroulée en secret, hors de la
présence des avocats. Messieurs Hammami, Madouri et Taamallah se sont
plaints d'avoir été maltraités. Une troisième séance s’est déroulée, à
laquelle MM. Hammami et Taamallah assistaient. Les avocats se sont retirés
en signe de protestation.
A l’issue de cette troisième et dernière séance qui aurait duré « 30
secondes », Hamma Hammami, porte-parole du POCT, et Samir Taamallah se sont
vus confirmer leur peines, c'est à dire 9 ans et 3 mois de prison ferme pour
chacun. Quant à Abdeljabbar Madouri, qui n’a pas pu comparaitre, sa peine a
été augmentée de deux ans, c'est à dire qu'elle est passée à 11 ans et 3
mois de prison ferme, ses avocats restent sans nouvelles de ce dernier après
qu'il ait été agressé et enlevé du tribunal ce matin par la police.
Par ailleurs, Ammar Amroussia, également militant du PCOT, a été violemment
tabassé puis arrêté (il avait tous ses vêtements déchirés et presque nu) ce
soir à sa sortie du tribunal. Il faut rappeler qu’il est sorti ce matin de 5
ans de vie en clandestinité car condamné lui aussi par contumace pour
appartenance au PCOT dans le cadre d'une autre affaire.
A la sortie du tribunal la police a violemment tabassé les avocats et les
autres personnes présentes, proches des prévenus, observateurs et
journalistes ont été également agressé, notamment Alain Renon, journaliste
de RFI qui a interviewé H. Hammami en direct à son arrivée au palais de
justice.
Une Députée européenne aurait également été insultée et agressée. D'autres
arrestations ont eu lieu, et la défense craint que M Abdeljabbar Maddouri n’
ait subi la torture et de mauvais traitements.
Par ailleurs, hier soir, l'équipe de France 2 s'est vue confisquer une
cassette vidéo et son matériel a été endommagé. Aujourd'hui, un caméraman
d'Arte a été brutalisé devant le Tribunal, sa caméra cassée et sa cassette
confisquée. Une caméraman de France 3 a également été malmenée. La police a
procédé à la confiscation de tout matériel audiovisuel, documents, papiers,
cassettes.
Les avocats ont vivement protesté et le Conseil de l’Ordre des Avocats réuni
hier a décidé une grève générale du barreau jeudi 7 février prochain. Les
avocats ont adressé en commun avec 10 ONG (RSF, Syndicat Magistrature…) une
lettre ouverte de protestation au président Ben Ali et aux ministres de la
Justice et de l’Intérieur tunisiens contre « l’absence des garanties
élémentaires des droits de la défense dans ce procès. »
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>
> INFO-URGENTES:L'arrestation de Ammar Amroussia;
> Les militants agressés
> Aprés le simulacre de procés contre Hamma Hammami,Abdejjabar Maddouri,et
Samir Taamallah,les portes du tribunal oû étaient séquestrés des centaines
de militants,d'observateurs et de journalistes,ont été ouvertes.Les forces
de répression se sont alors déchainés avec une violence indescriptible.Ils
voulaient à tout prix
>arrêter Ammar AMMROUSSIA,le quatième militant sorti lui aussi de quatre
années et demi de clandestinité,et encourant une peine de deux ans
d'emprisonnement ferme.
> Ammar était entouré de plusieurs militants tunisiens et étrangers dont
Marguerite Rollinde,Brigitte Peyret,Simon Suskine...qui essayaient de le
protéger,et de faciliter sa sortie indemne.
> Mais,à peine franchi le premier pas,un nombre incalculable de membres de
la police politique se sont attaqués avec une sauvagerie et une barbarie
digne des SS Nazis,pour kidnapper Ammar Ammroussia,en
>piétinant,frappant sans ménagement et sans distinction les militants ,
>les amis et les camarades qui l'accompagnaient.
> Parmi les blessés graves figurent:
> -Chokri Latif:président du comité de soutien à
> A/belanes:souffrant de traumatisme
> de la colonne vertébrale et de
> déchirure musculaire au dos;
>
> -Néji Marzouk:membre du comité directeur de la
> LTDH,atteint à la jambe;
> -Simon Suskine:observateur belge:contusions sur
> tout le corps;
> -Lotfi Hammami:ex-détenu politique:contusions
> sur tout le corps
> Ammar Ammroussia a été lui-même viollement agressé,et il était sans
connaissance,avec les vêtements déchirés au moment ou il était emmené
>par la police politique.Personne,n'est d'ailleurs jusqu'à aujourd'hui
>au courant d'informations le concernant, lui, ou son camarade Abdejjabar
Maddouri.
> Il est à signaler également,que le journaliste de Réalités,Hédi
>Yahmed a été arreté devant le tribunal puis relaché,tandis que le sort du
frère de Ammar,Samir Amroussia,kidnappé devant le tribunal
>est toujours incertain,et on craint que son enlèvement ne serve comme moyen
de chantage sur Ammar.
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