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------=_NextPart_001_0092_01C199C2.D51F7BC0 Content-Type: text/plain; charset="iso-8859-1" Content-Transfer-Encoding: quoted-printable L'allemande Sabine Pustet lors du meeting des syndicalistes europ=E9ens = de combat=20 Solidaire 09-01-2002 Sabine Pustet, syndicaliste allemande=20 Je vous pr=E9viens: l'Allemagne est le fauteur de guerre n=B01=20 Lors du meeting des syndicalistes europ=E9ens de combat, le 13 = d=E9cembre =E0 Bruxelles, la syndicaliste allemande Sabine Pustet a = =E9t=E9 chaudement applaudie par les quelque 700 participants.=20 Speech de Sabine Pustet=20 Il y a quelques semaines, le ministre-pr=E9sident allemand Schr=F6der a = tent=E9 de museler les syndicats. Le plus grand syndicat industriel du = monde, le syndicat des m=E9tallurgistes allemands, avait =E9mis des = critiques prudentes =E0 propos de la guerre en Afghanistan tout en = craignant qu'en Allemagne m=EAme, la guerre ne soit utilis=E9e pour = d=E9manteler davantage encore les droits d=E9mocratiques. Le = ministre-pr=E9sident a r=E9pliqu=E9 aux syndicats qu'ils n'y = comprenaient rien =E0 la politique =E9trang=E8re et qu'ils feraient = mieux de s'en tenir =E0 la d=E9fense des int=E9r=EAts directs de leurs = membres.=20 Bien s=FBr, en disant cela, le ministre-pr=E9sident ne faisait que = r=E9p=E9ter ce que pensent les capitalistes. C'est tr=E8s bien, = estiment-ils, que les syndicats ne s'occupent que de la question de = savoir si la tartine est bien beurr=E9e =AD ou s'il faut absolument = qu'on y rajoute un peu de confiture aussi. Les coll=E8gues remarqueront = d'eux-m=EAmes qu'il faut d'ailleurs se battre de plus en plus pour cette = tartine. Chez nous, en vue des prochaines discussions sur les = conventions collectives, les entreprises m=E9tallurgiques pr=E9sentent = des exigences salariales qui n'avaient plus =E9t=E9 aussi hautes depuis = longtemps.=20 Mais, nous ne pourrions pas d=E9fendre longtemps cette tartine si les = syndicats ne faisaient pas ce que les capitalistes et leur = ministre-pr=E9sident aimeraient tant leur interdire. Autrement dit, si = les syndicats ne faisaient rien contre ce qui constitue la pire menace = pour l'existence de leurs membres, la guerre. Car c'est un fait que les = capitalistes du pays d'o=F9 je viens sont redevenus, une fois de plus, = les premiers des fauteurs de guerre. Et ils s'y sont d=E9j=E0 mis = activement, puisqu'en 1989, d=E9j=E0, ils ont annex=E9 un Etat = souverain, la R=E9publique d=E9mocratique allemande.=20 Un V2 am=E9lior=E9 devait tomber =E0 l'endroit du WTC=20 Dans cette lutte =E0 laquelle il n'a jamais renonc=E9, contre les = Etats-Unis et pour la domination de l'Europe, le capitalisme allemand = disposait de deux armes, au si=E8cle dernier. La premi=E8re =E9tait une = fus=E9e (une version am=E9lior=E9e du V2 qui, comme nous le savons, par = ailleurs, aurait d=FB s'=E9craser =E0 l'endroit pr=E9cis o=F9, le 11 = septembre, se trouvaient les tours du WTC). La seconde arme =E9tait = l'Europe unie. Ce que l'on appelle aujourd'hui unification europ=E9enne = figurait d=E9j=E0 dans les plans des fascistes hitl=E9riens. Au milieu = de la pr=E9c=E9dente guerre mondiale, en 1943, le minist=E8re fasciste = des Affaires =E9trang=E8res avait =E9labor=E9 des plans qui, aujourd'hui = encore, ont une allure tr=E8s moderne.=20 Il y =E9tait question d'une Europe f=E9d=E9rative (=E0 laquelle les = Etats participent volontairement mais, bien s=FBr, sous direction = allemande), d'une union douani=E8re, d'un libre march=E9, et m=EAme = d'une union mon=E9taire.=20 Nous ne savons pas qui a envoy=E9 ces deux avions dans les tours du WTC = mais nous savons tr=E8s exactement qui, aujourd'hui, dans l'esprit de = cette politique =E9trang=E8re fasciste, m=E8ne la lutte de la = concurrence et pr=E9pare la guerre. Ce que je vous apporte aujourd'hui = du pays o=F9, voici soixante ans, tout cela avait d=E9j=E0 =E9t=E9 = planifi=E9, c'est une mise en garde. L'on parle beaucoup du = =ABSuper-Etat europ=E9en=BB. Aussi grave que cela puisse para=EEtre =E0 = certaines oreilles, il s'agit ici d'une sorte de justification. Elle = part du principe que les grandes horreurs du si=E8cle dernier, les = guerres entre les grandes puissances capitalistes, appartiennent au = pass=E9. Que les guerres de l'avenir seront des guerres du Nord, riche, = contre le Sud, pauvre.=20 La Forteresse Europe=20 est un baril de poudre=20 Nous devons mettre en garde les travailleurs contre de telles illusions. = Pour ceux qui ne sont pas tr=E8s au courant, la =ABForteresse Europe=BB = peut certes avoir quelque chose d'apaisant. Nous devons enlever cet = apaisement. Ils ne sont ni en s=E9curit=E9, ni prot=E9g=E9s, mais assis = sur un baril de poudre. Plus vite et mieux ils le comprendront, plus ils = insisteront aupr=E8s de leur gouvernement pour que celui-ci entreprenne = quelque chose contre la menace de guerre et contre le fauteur de guerre = num=E9ro un en Europe.=20 Tous les signes montrent =ADmalgr=E9 les propos enj=F4leurs =AD qu'une = crise de l'=E9conomie capitaliste est =E0 nos portes. Dans cette crise, = les syndicats, et nous tous, allons devoir batailler ferme pour nous = garantir une existence digne. Cette bataille se m=E8nera sur les = salaires et le nombre d'heures d'exploitation, sur l'emploi et le = ch=F4mage. Nous n'avons certainement pas le droit d'oublier ni de = n=E9gliger le pire danger de la crise: une nouvelle tentative de sauver = ce mode de production moribond au moyen d'une guerre.=20 Karl Marx a =E9crit: =ABLes syndicats manquent totalement leur objectif = s'ils se contentent de mener une petite guerre contre le fonctionnement = du syst=E8me existant au lieu d'essayer, en m=EAme temps, de changer ce = syst=E8me=BB Oublier ce qui est clairement visible, n=E9gliger ce danger = dont je viens de parler ici, me semble le pire service que les syndicats = puissent rendre aux ouvriers et aux employ=E9s.=20 Sabine Pustet =E0 propos=20 de =ABNotre difficile combat pour l'unit=E9=BB=20 Sabine Pustet est secr=E9taire et membre de la direction du syndicat = Ver.di =E0 Munich, une organisation syndicale r=E9gionale au sein de = laquelle les services publics et le priv=E9 si=E8gent ensemble et qui, = depuis la fusion de mars 2001, est devenue la premi=E8re centrale = d'Allemagne. Nous lui avons demand=E9 ce que les syndicalistes de gauche = pensent de cette fusion.=20 Sabine Pustet. Ils ont vot=E9 contre la fusion, mais ont =E9t=E9 mis en = minorit=E9. Cela semble peut-=EAtre bizarre, parce que, normalement, les = gens de gauche sont pour l'unit=E9 de la classe ouvri=E8re. Seulement, = nous craignions que la fusion ne d=E9bouche sur une concurrence plus = aigu=EB entre les grandes centrales et que la gauche n'ait plus eu voix = au chapitre. Il ne reste d=E9sormais plus que trois centrales = importantes en Allemagne: la m=E9tallurgie, la chimie et les services. = Le secteur des m=E9dias, par exemple, a adopt=E9 une position de gauche = et risque d'=EAtre totalement marginalis=E9. On en est d=E9j=E0 =E0 = l'adaptation au syst=E8me qui fait la pluie et le beau temps. Ainsi = qu'=E0 la lutte entre les gros bonzes des syndicats en vue de = l'extension de leur zone d'influence.=20 Quelle alternative les syndicalistes de gauche ont-ils d=E9fendue?=20 Sabine Pustet. Nous voulions transformer les syndicats allemands en = syndicats d'affili=E9s, sans les scinder en centrales. Maintenant, cela = revient =E0 garder les positions dans lesquelles nous pouvons r=E9aliser = certaines choses. Ma section, par exemple, avec ses 30.000 membres, a = approuv=E9 une excellente r=E9solution =E0 propos de la guerre et elle a = appel=E9 =E0 manifester contre une participation de l'Allemagne. Je l'ai = d=E9j=E0 dit lors du meeting: la question de la paix et de la guerre a = toujours =E9t=E9 un th=E8me important du mouvement ouvrier, et le sera = toujours.=20 Photos - Quand le syndicat allemand a manifest=E9 contre une = participation =E0 la guerre en Afghanistan, le chancelier socialiste = Schr=F6der (SPD) a d=E9clar=E9 qu'il n'avait pas =E0 s'occuper de = politique. Pour Sabine Pustet au contraire, =ABle syndicat ne doit pas = se pr=E9occuper que de savoir si la tartine est bien beurr=E9e=BB.=20 (Photo www.arbeiterfotografie.com)=20 ------=_NextPart_001_0092_01C199C2.D51F7BC0 Content-Type: text/html; charset="iso-8859-1" Content-Transfer-Encoding: quoted-printableL'allemande Sabine = Pustet lors du=20 meeting des syndicalistes européens de combat=20
Solidaire = 09-01-2002------=_NextPart_001_0092_01C199C2.D51F7BC0--
Sabine Pustet, syndicaliste allemande =
Je vous préviens: l'Allemagne est le = fauteur=20 de guerre n°1
Lors du meeting des syndicalistes européens de = combat, le 13=20 décembre à Bruxelles, la syndicaliste allemande Sabine = Pustet a=20 été chaudement applaudie par les quelque 700 participants. =
Speech de Sabine Pustet
Il y a quelques semaines, le ministre-président allemand = Schröder=20 a tenté de museler les syndicats. Le plus grand syndicat = industriel du=20 monde, le syndicat des métallurgistes allemands, avait = émis des=20 critiques prudentes à propos de la guerre en Afghanistan tout en=20 craignant qu'en Allemagne même, la guerre ne soit utilisée = pour=20 démanteler davantage encore les droits démocratiques. Le=20 ministre-président a répliqué aux syndicats qu'ils = n'y=20 comprenaient rien à la politique étrangère et = qu'ils=20 feraient mieux de s'en tenir à la défense des=20 intérêts directs de leurs membres.
Bien sûr, en disant cela, le ministre-président ne = faisait que=20 répéter ce que pensent les capitalistes. C'est très = bien,=20 estiment-ils, que les syndicats ne s'occupent que de la question de = savoir si la=20 tartine est bien beurrée ou s'il faut absolument qu'on y = rajoute un=20 peu de confiture aussi. Les collègues remarqueront = d'eux-mêmes=20 qu'il faut d'ailleurs se battre de plus en plus pour cette tartine. Chez = nous,=20 en vue des prochaines discussions sur les conventions collectives, les=20 entreprises métallurgiques présentent des exigences = salariales qui=20 n'avaient plus été aussi hautes depuis longtemps.
Mais, nous ne pourrions pas défendre longtemps cette tartine = si les=20 syndicats ne faisaient pas ce que les capitalistes et leur=20 ministre-président aimeraient tant leur interdire. Autrement dit, = si les=20 syndicats ne faisaient rien contre ce qui constitue la pire menace pour=20 l'existence de leurs membres, la guerre. Car c'est un fait que les = capitalistes=20 du pays d'où je viens sont redevenus, une fois de plus, les = premiers des=20 fauteurs de guerre. Et ils s'y sont déjà mis activement, = puisqu'en=20 1989, déjà, ils ont annexé un Etat souverain, la=20 République démocratique allemande.
Un V2 amélioré devait tomber = à=20 l'endroit du WTC
Dans cette lutte à laquelle il n'a jamais renoncé, = contre les=20 Etats-Unis et pour la domination de l'Europe, le capitalisme allemand = disposait=20 de deux armes, au siècle dernier. La première était = une=20 fusée (une version améliorée du V2 qui, comme nous = le=20 savons, par ailleurs, aurait dû s'écraser à = l'endroit=20 précis où, le 11 septembre, se trouvaient les tours du = WTC). La=20 seconde arme était l'Europe unie. Ce que l'on appelle aujourd'hui = unification européenne figurait déjà dans les plans = des=20 fascistes hitlériens. Au milieu de la précédente = guerre=20 mondiale, en 1943, le ministère fasciste des Affaires=20 étrangères avait élaboré des plans qui, = aujourd'hui=20 encore, ont une allure très moderne.
Il y était question d'une Europe fédérative = (à=20 laquelle les Etats participent volontairement mais, bien sûr, sous = direction allemande), d'une union douanière, d'un libre = marché, et=20 même d'une union monétaire.
Nous ne savons pas qui a envoyé ces deux avions dans les tours = du WTC=20 mais nous savons très exactement qui, aujourd'hui, dans l'esprit = de cette=20 politique étrangère fasciste, mène la lutte de la=20 concurrence et prépare la guerre. Ce que je vous apporte = aujourd'hui du=20 pays où, voici soixante ans, tout cela avait déjà=20 été planifié, c'est une mise en garde. L'on parle = beaucoup=20 du «Super-Etat européen». Aussi grave que cela puisse = paraître à certaines oreilles, il s'agit ici d'une sorte de = justification. Elle part du principe que les grandes horreurs du = siècle=20 dernier, les guerres entre les grandes puissances capitalistes, = appartiennent au=20 passé. Que les guerres de l'avenir seront des guerres du Nord, = riche,=20 contre le Sud, pauvre.
La Forteresse Europe
est un baril de = poudre=20Nous devons mettre en garde les travailleurs contre de telles = illusions. Pour=20 ceux qui ne sont pas très au courant, la «Forteresse = Europe»=20 peut certes avoir quelque chose d'apaisant. Nous devons enlever cet = apaisement.=20 Ils ne sont ni en sécurité, ni protégés, = mais assis=20 sur un baril de poudre. Plus vite et mieux ils le comprendront, plus ils = insisteront auprès de leur gouvernement pour que celui-ci = entreprenne=20 quelque chose contre la menace de guerre et contre le fauteur de guerre=20 numéro un en Europe.
Tous les signes montrent malgré les propos = enjôleurs =20 qu'une crise de l'économie capitaliste est à nos portes. = Dans=20 cette crise, les syndicats, et nous tous, allons devoir batailler ferme = pour=20 nous garantir une existence digne. Cette bataille se mènera sur = les=20 salaires et le nombre d'heures d'exploitation, sur l'emploi et le = chômage.=20 Nous n'avons certainement pas le droit d'oublier ni de négliger = le pire=20 danger de la crise: une nouvelle tentative de sauver ce mode de = production=20 moribond au moyen d'une guerre.
Karl Marx a écrit: «Les syndicats manquent totalement = leur=20 objectif s'ils se contentent de mener une petite guerre contre le = fonctionnement=20 du système existant au lieu d'essayer, en même temps, de = changer ce=20 système» Oublier ce qui est clairement visible, = négliger=20 ce danger dont je viens de parler ici, me semble le pire service que les = syndicats puissent rendre aux ouvriers et aux employés.
Sabine Pustet à propos
de = «Notre=20 difficile combat pour l'unité»Sabine Pustet est secrétaire et membre de la direction = du=20 syndicat Ver.di à Munich, une organisation syndicale = régionale au=20 sein de laquelle les services publics et le privé siègent = ensemble=20 et qui, depuis la fusion de mars 2001, est devenue la première = centrale=20 d'Allemagne. Nous lui avons demandé ce que les syndicalistes de = gauche=20 pensent de cette fusion.
Sabine Pustet. Ils ont voté contre la fusion, mais ont=20 été mis en minorité. Cela semble peut-être = bizarre,=20 parce que, normalement, les gens de gauche sont pour l'unité de = la classe=20 ouvrière. Seulement, nous craignions que la fusion ne = débouche sur=20 une concurrence plus aiguë entre les grandes centrales et que la = gauche=20 n'ait plus eu voix au chapitre. Il ne reste désormais plus que = trois=20 centrales importantes en Allemagne: la métallurgie, la chimie et = les=20 services. Le secteur des médias, par exemple, a adopté une = position de gauche et risque d'être totalement marginalisé. = On en=20 est déjà à l'adaptation au système qui fait = la pluie=20 et le beau temps. Ainsi qu'à la lutte entre les gros bonzes des = syndicats=20 en vue de l'extension de leur zone d'influence.
Quelle alternative les syndicalistes de = gauche ont-ils=20 défendue?
Sabine Pustet. Nous voulions transformer les syndicats = allemands en=20 syndicats d'affiliés, sans les scinder en centrales. Maintenant, = cela=20 revient à garder les positions dans lesquelles nous pouvons=20 réaliser certaines choses. Ma section, par exemple, avec ses = 30.000=20 membres, a approuvé une excellente résolution à = propos de=20 la guerre et elle a appelé à manifester contre une = participation=20 de l'Allemagne. Je l'ai déjà dit lors du meeting: la = question de=20 la paix et de la guerre a toujours été un thème = important=20 du mouvement ouvrier, et le sera toujours.
Photos - Quand le syndicat = allemand a=20 manifesté contre une participation à la guerre en = Afghanistan, le=20 chancelier socialiste Schröder (SPD) a déclaré qu'il = n'avait=20 pas à s'occuper de politique. Pour Sabine Pustet au contraire, = «le=20 syndicat ne doit pas se préoccuper que de savoir si la tartine = est bien=20 beurrée».
(Photo www.arbeiterfotografie.com)