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[discussions] Nouvelle agression rectorale contre la liberte d'expression en Sorbonne

Posté par UNEF Paris IV le 18/11.

piece jointe : MULTIPART/APPLEDOUBLE
Ci-dessous, et ci-jointe, lettre adressée au Recteur à ce sujet


UNION NATIONALE
DES ETUDIANTS DE FRANCE
 o Fondée à Lille en 1907 o Reconnue d'utilité publique le 16 mai 1929 o
Membre fondateur de l'UIE      o Charte de Grenoble, 1946, naissance du
syndicalisme étudiant o Fondatrice de la MNEF o 59ème Congrès Paris 1971
Renouveau du Syndicalisme Etudiant o

UNEF PARIS IV

A Monsieur le Recteur de l¹Académie de Paris,
Monsieur le Vice-Chancelier des Universités.
Copie à Monsieur le Président de l¹Université de Paris IV.


Paris, le 9 novembre 2001,

Monsieur le Recteur,
Monsieur le Vice-Chancelier,
Nous nous trouvons une fois de plus saisis de faits gravement attentatoires
à la liberté d¹expression en Sorbonne, commis par un membre de votre
personnel prétendant agir en votre nom.
Ce mardi 6 novembre, à douze heures puis à treize heures, des militants du
PCF étudiant en Sorbonne qui distribuaient un tract dans l¹entrée du 17, là
où ils ont toujours distribué où leurs pères et les pères de leurs pères ont
distribué avant eux où ils ont toujours vu d¹autres organisations politiques
distribuer, où ils avaient distribué la veille quand, au même endroit, des
militants de LO tentaient de vendre leur journal, ont été expulsés par des
vigiles agissant sur l¹ordre de Monsieur Oudry.
Celui-ci, qui a poussé le grotesque jusqu¹à déchirer un tract et menacer de
faire traduire l¹un d¹eux devant le Conseil de discipline de l¹Université de
Paris IV, a prétendu, contre tout bon sens, que la distribution de tracts
politiques avait toujours été interdite en Sorbonne, se réclamant d¹un
arrêté rectoral qu¹il a été incapable de montrer, et que seules pouvaient
distribuer les organisations étudiantes représentées dans les conseils, en
citant l¹UNEF à titre d¹exemple.
La farce nous paraît d¹autant plus amusante que nous avons été souvent nous
aussi victimes de ses abus de pouvoir et de sa sotte prétention, fondés sur
des arrêtés que nous espérons imaginaires. Manifestement, Monsieur Oudry
n¹est disposé à reconnaître notre droit à nous exprimer que lorsque nous ne
sommes pas là.
Nous ne devrions pas avoir besoin de vous rappeler que, le 29 mars 2000,
jour des dernières élections du CROUS, votre personnel a décrété à huit
heures que les syndicats étudiants n¹avaient jamais eu le droit de
distribuer à l¹intérieur, avant de nous y autoriser " à titre exceptionnel "
( !) à dix heures. Vous vous souvenez sans doute aussi que le 20 mai 1999,
une demi-douzaine de militants du GUD ont distribué dans cette même entrée
du 17 sous la protection des vigiles, les responsables arguant qu¹ils ne
pouvaient les en empêcher du moment qu¹ils avaient des cartes d¹étudiant,
alors que le caractère ouvertement illégal de leur propagande, le fait qu¹il
appartinssent à Paris II et le trouble qu¹ils provoquaient par les menaces
qu¹ils lançaient contre les étudiants manifestant contre leur présence nous
semblaient des motifs plus que suffisants. Ces deux rappels devraient vous
conduire à constater et à déplorer avec nous que pour certains de vos
employés, la " règle " qu¹ils prétendent faire respecter par les étudiants
de la Sorbonne, y compris en employant la violence, relève plus de
l¹inspiration du moment que du droit écrit.
Qu¹un des militants du PCF, moi en l¹occurrence, ait été également adhérent
à l¹UNEF Paris IV, n¹ajoute ni n¹enlève rien bien sûr à notre position. Nous
ne pouvons accepter que des étudiants distribuant un tract sans susciter
aucun trouble soient victimes de mesures d¹expulsion arbitraire de la part
d¹un personnage que nous avons appris à apprécier.
Si l¹arrêté dont Monsieur Oudry s¹est réclamé a une quelconque existence, il
nous paraît contraire aux dispositions légales reconnaissant la liberté
d¹expression politique sur les Universités. Il est en tout cas contraire à
tous les usages établis en Sorbonne, et n¹a jamais eu le moindre début
d¹application jusqu¹au lundi 5 compris : cela devrait largement suffire à le
rendre caduc. Son invocation soudaine contre un seul parti politique est en
tout cas inacceptable.
Nous vous prions donc de bien vouloir nous confirmer qu¹il s¹agit d¹une
malheureuse erreur et que les étudiants de la Sorbonne gardent le droit
qu¹ils ont toujours eu de s¹exprimer à l¹intérieur de leur Université, y
compris par tracts. Nous nous voyons également contraints de vous demander
d¹affecter Monsieur Oudry, décidément aussi incapable d¹admettre la notion
d¹usage établi que les règles du plus élémentaires savoir-vivre, à une
fonction où il sera hors d¹état de nuire aux libertés séculaires de
l¹Université de Paris.
Bien évidemment, dans l¹attente de votre réponse, nous soutiendrons par tous
les moyens que nous jugerons légitimes tout étudiant qui serait victime de
nouvelles atteintes arbitraires à sa liberté d¹expression.
Ne doutant pas que vous comprendrez et approuverez notre démarche, je vous
prie de croire, Messieurs, à ma haute considération.

Emmanuel Lyasse,
Président de l'UNEF Paris IV.