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[discussions] =?iso-8859-1?Q?La_honte_de_la_R=E9publique_:_agissons_!?=

Posté par Anthony Whitney le 14/12.

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    A la lecture du Monde dat=E9 du 11 d=E9cembre dernier dont je vous =
joins les principaux articles j'ai comme d'autres =E9t=E9 =
indign=E9-choqu=E9 de ce que nous saviosn par oui-dires, le traitement =
inhumain r=E9serv=E9 aux demandeurs du droit d'asile, r=E9fugi=E9s =
politiques voire "=E9conomiques".
    Qui sont pour moi la honte de notre R=E9publique.=20
    J'attends d'une part des organisations progressistes dont nous =
sommes membres, syndicales, associatives, politiques, qu'elles =
d=E9noncent cet =E9tat de fait et demande au gouvernement d'agir =
d'urgence pour les modifier. Voire qu'elles envisagent ensemble quelles =
actions =E0 mener. Car le rajout par rapport aux articles du Monde c'est =
que la d=E9l=E9gation d'associations est sortie de Matignon m=E9contente =
et sans avoir obtenu gain de cause, et faisant appel =E0 la cr=E9ation =
d'une commission d'enquete parlementaire.
    Dans le respect du droit international, des droits de l'homme, et de =
la dignit=E9 humaine.
    J'attends aussi de nos =E9lus (les =E9lus "du peuple") qui eux ont =
acc=E8s =E0 ces zones de non droit-=E0 l'inverse de la presse-qu'ils s'y =
rendent afin de constater-d=E9noncer-agir =E0 leur niveau pour mettre =
fin =E0 cet =E9tat de fait.=20
    La R=E9publique est un principe qui ne se divise pas. Le respect de =
la personne humaine =E9galement. A chacun d'assumer ses =
responsabilit=E9s. Le silence ou l'inaction ne pouvant etre =
consid=E9r=E9s "puisque nous savons" que comme une forme de =
complicit=E9.
    salutations
    aw
   =20
-------------------------------------------------------------------------=
---   =20
    =20
    A Roissy, des dizaines d' =E9trangers, priv=E9s de droits, sont =
maintenus dans la pr=E9carit=E9=20

     LE MONDE | 10.12.01 | 12h26=20


    La zone d'attente de l'a=E9roport Charles-de-Gaulle accueille les =
demandeurs d'asile =E0 leur descente d'avion. Ils restent parfois =
plusieurs jours sans manger, n'ont pas toujours acc=E8s aux toilettes, =
et beaucoup ne parviennent pas =E0 obtenir les formulaires =
administratifs.=20



    Les panneaux d'affichage annoncent sans discontinuer les "vols =
annul=E9s". L'a=E9rogare 2 B de Roissy-Charles-de-Gaulle est =
=E9trangement calme ce jeudi 6 d=E9cembre. Les aiguilleurs du ciel ont =
d=E9cr=E9t=E9 une gr=E8ve de vingt-quatre heures et de rares voyageurs =
errent entre les magasins duty free. Soudain, cinq Africains encadr=E9s =
par deux policiers sortent d'une salle d'embarquement et se dirigent =
vers les toilettes. Premier aper=E7u d'une longue s=E9rie de personnes =
parqu=E9es dans diff=E9rents recoins de l'a=E9roport. Etrangers non =
admis sur le territoire, ils sont retenus en zone d'attente.

    8 h 50. Le s=E9nateur (PCF) Robert Bret se pr=E9sente au poste de la =
police aux fronti=E8res (PAF) pour la visite de contr=F4le que la loi =
l'autorise =E0 effectuer en tant que parlementaire. Au mur, une affiche =
reproduit la D=E9claration universelle des droits de l'homme. Un tableau =
indique les noms des quarante-sept =E9trangers maintenus =E0 quelques =
m=E8tres de l=E0. "Les deux ZAPI [zones d'attente pour personnes en =
instance] sont pleines =E0 craquer. On est un peu pris au d=E9pourvu", =
s'excuse l'officier de quart de la PAF en ouvrant le chemin vers =
l'"extension", une salle d'embarquement d'Air France r=E9quisitionn=E9e =
par le minist=E8re de l'int=E9rieur.

    Derri=E8re les paravents blancs =E0 lis=E9r=E9 jaune qu'A=E9roports =
de Paris utilise pour masquer les chantiers, une petite foule =
d'=E9trangers, africains pour la plupart, attendent, assis ou =
prostr=E9s. Les femmes se sont regroup=E9es. Une odeur =E2cre de =
salet=E9 prend =E0 la gorge. La chaleur est lourde. Sur le c=F4t=E9, dix =
personnes patientent depuis une heure pour aller aux toilettes. Le long =
des baies vitr=E9es, quatre cabines t=E9l=E9phoniques. Deux sont hors =
service, les deux autres n'acceptent que la Carte bleue. Un policier =
distribue le petit d=E9jeuner : un caf=E9 sans sucre et un morceau de =
pain.

    Plusieurs hommes approchent, ils montrent la notification de leur =
non-admission sur le territoire et de maintien en zone d'attente en =
attendant leur vol de retour. Siss=E9 M., S=E9n=E9galais =E2g=E9 de =
vingt-six ans, rel=E8ve le bas de son pantalon pour montrer sa peau =
grise : "Je ne me suis pas lav=E9 depuis onze jours", assure-t-il, las. =
"Il faut attendre trois heures pour aller aux toilettes. La nourriture =
est mauvaise", reprend Adama B., Burkinab=E9, qui a fui les ratonnades =
en C=F4te d'Ivoire. Certains disent avoir =E9t=E9 aid=E9s par le =
personnel d'Air Afrique pour obtenir une place sur un vol en direction =
de Paris. Ils ont tous pay=E9 entre 25 000 et 40 000 francs.

    NI REFOUL=C9S NI ADMIS

    Beaucoup racontent des pers=E9cutions, des brimades, des viols, les =
assassinats de membres de leur famille dans leur pays. Ces r=E9cits, ils =
n'ont pu les faire entendre en arrivant."D=E8s ma sortie d'avion, un =
policier m'a demand=E9 ce que je foutais l=E0 parce que je n'avais pas =
de passeport. J'ai demand=E9 l'asile mais il a fait semblant de ne pas =
entendre", explique Alpha C., Guin=E9en. Des dizaines d'autres =
t=E9moignent de ce refus d'enregistrer les demandes. Jo=EBl L., =
Sierra-L=E9onais, "le r=E9clame tous les jours". En vain.

    "Quelqu'un veut encore du caf=E9 ?", s'enquiert le policier =E0 =
l'entr=E9e. Quelques minutes plus tard, des croissants arrivent. "C'est =
la premi=E8re fois. C'est parce que vous =EAtes venus", glisse Alpha C. =
Le chef de quart assurera quelques minutes plus tard que les =E9trangers =
peuvent d=E9poser leur demande d'asile "d=E8s qu'ils le souhaitent". =
"Nous prenons sur proc=E8s-verbal, leur donnons une copie et alors nous =
les transf=E9rons =E0 l'h=F4tel", insiste l'agent de la PAF.

    Au moment o=F9 les visiteurs quittent l'"extension", une main tape =
=E0 une baie vitr=E9e. Dans un recoin qui sert de lieu de repos, en zone =
internationale, six hommes sont assis. Eux n'ont pas le droit =
d'acc=E9der =E0 la salle d'embarquement : ils n'ont pas =E9t=E9 =
enregistr=E9s comme d=E9sirant entrer sur le territoire. Ni refoul=E9s =
ni admis. Depuis trois, cinq ou sept jours, ces Afghans, Irakiens ou =
Congolais attendent que les agents de la PAF les "voient". Avec toujours =
les m=EAmes accusations. "D=E8s que je suis arriv=E9, je me suis =
pr=E9sent=E9 au poste pour demander l'asile. Ils m'ont renvoy=E9. J'ai =
d=E9j=E0 essay=E9 quatre fois", relate Olivier P. en montrant son dos =
lac=E9r=E9. Ce jeune Congolais affirme =EAtre un militant du Mouvement =
populaire de la r=E9volution, pourchass=E9 =E0 Kinshasa. Un Irakien au =
teint gris explique dans un mauvais anglais qu'il n'a pas mang=E9 depuis =
six jours. Aucun repas n'est pr=E9vu de ce c=F4t=E9-l=E0 de la paroi. =
"On ne peut pas nourrir tout le monde !, explique le chef de la PAF. =
C'est vrai qu'il y en a qui errent en zone internationale car il y a =
trop de demandes."

    FAUX PASSEPORT

    Terminal 2 A, 11 heures. Au sous-sol, sous un escalier, la"salle de =
correspondance des non-admis" : un poste de police dans deux pi=E8ces =
aveugles. La premi=E8re abrite une montagne de sacs de voyage, un couple =
chinois et une Angolaise avec ses deux enfants. Dans la seconde, d'une =
surface d'environ 25 m2, trente-neuf personnes s'entassent sur des bancs =
m=E9talliques ou attendent allong=E9es sur un tapis pos=E9 au sol. =
Quatre bouteilles d'Evian remplies d'urine s'alignent le long du mur de =
b=E9ton. Pas de douche, pas de sanitaires, aucun paravent. Pendant leur =
maintien en zone d'attente =96 vingt jours maximum =96, tous re=E7oivent =
un repas par jour. Certains en sont =E0 leur dix-neuvi=E8me repas...

    De tr=E8s jeunes visages se tendent. Boubakar M., Guin=E9en, =
s'approche : "Depuis neuf jours, on m'a demand=E9 quatre fois de partir. =
Comme je refusais, les policiers m'ont gifl=E9." Amadou, Guin=E9en lui =
aussi, au visage encore imberbe, attend depuis treize jours avec une =
blessure =E0 la jambe : "Le m=E9decin ne m'a donn=E9 que de l'aspirine", =
assure-t-il. Le juge a maintenu l'enfant malgr=E9 ses quinze ans, tout =
en pr=E9cisant que sa demande d'asile "est prise en compte". Dialo K., =
lui, essaie de faire reconna=EEtre son =E2ge. Guin=E9en, comme ses deux =
voisins, il affirme avoir quatorze ans. La police a retenu l'=E2ge =
not=E9 sur son faux passeport, vingt et un ans, en d=E9pit de sa =
silhouette et de ses traits adolescents. "Au tribunal, l'avocate a dit : =
"Regardez, c'est un enfant". Le juge l'a reconnu et demand=E9 un examen =
osseux pour d=E9terminer mon =E2ge. Mais cela fait cinq jours et on ne =
m'a pas emmen=E9 =E0 l'h=F4pital."

    Terminal 2 F, au bout de la zone internationale, sous les boutiques =
de luxe orn=E9es pour No=EBl, le poste de police a =E9t=E9 repeint =E0 =
neuf. Au centre, une porte vitr=E9e o=F9 apparaissent deux visages =
coll=E9s au carreau. Derri=E8re, quatorze =E9trangers s'y entassent, =
dans une pi=E8ce de 9 m2 sans fen=EAtres. "C'est impossible de savoir =
s'il fait jour ou nuit", raconte l'un d'eux. Ici encore, des plaintes =
montent sur l'attente pour aller aux toilettes, l'insuffisance de =
nourriture. "Hier, j'ai r=E2l=E9, un policier m'a dit de manger mes =
chaussures", dit Isidore T., Burkinab=E9. Un homme jusque-l=E0 =
silencieux tend un morceau de papier : "J'ai demand=E9 =E0 partir pour =
l'Equateur. J'ai de l'argent mais ils ne veulent pas me laisser =
repartir. S'il vous pla=EEt, vous ne pouvez pas m'acheter un billet ?"

    Ce reportage a =E9t=E9 r=E9alis=E9 lors d'une visite inopin=E9e de =
Robert Bret, s=E9nateur (PCF) des Bouches du Rh=F4ne, en zone d'attente. =
Le Monde, alert=E9 sur l'aggravation des conditions de maintien des =
=E9trangers =E0 Roissy, avait par deux fois demand=E9 (le 22 et le 29 =
novembre) une autorisation de visiter cette zone au cabinet de Daniel =
Vaillant. Devant le refus du minist=E8re de l'int=E9rieur, la direction =
du journal a d=E9cid=E9 de le faire sans autorisation.

    Sylvia Zappi


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---   =20

    Des locaux surpeupl=E9s


    Maintien en zone d'attente. Sont maintenus en zone d'attente les =
=E9trangers =E0 qui les autorit=E9s ont oppos=E9 un refus d'entr=E9e sur =
le territoire, qui sollicitent l'asile ou pour qui le transit a =E9t=E9 =
interrompu (refus d'autorisation d'entr=E9e du pays de destination ou =
faux visa). La loi sur l'immigration pr=E9cise que ce maintien doit se =
faire dans des locaux assurant "des prestations de type h=F4telier". =
Deux b=E2timents servent pour l'h=E9bergement : les ZAPI 2 et 3 (zones =
d'attente pour personnes en instance) situ=E9es =E0 proximit=E9 de =
l'a=E9rogare. Ces locaux, qui ont =E9t=E9 agrandis, peuvent accueillir =
296 personnes.

    Droit. L'=E9tranger =E0 qui l'entr=E9e sur le territoire est =
refus=E9e ne peut =EAtre renvoy=E9 dans son pays contre son gr=E9 avant =
le d=E9lai d'un jour franc. Il peut, dans ce d=E9lai, formuler une =
demande d'asile. Apr=E8s avis d'un repr=E9sentant du minist=E8re des =
affaires =E9trang=E8res, la police aux fronti=E8res (PAF) se prononce =
sur la recevabilit=E9 de la demande. Si elle juge celle-ci =
"manifestement infond=E9e", la PAF tente de renvoyer l'=E9tranger dans =
son pays de provenance d=E8s que le premier vol se pr=E9sente. Le =
maintien en zone d'attente est contr=F4l=E9 par un juge judiciaire, qui, =
au terme des quatre premiers jours, statue sur le renouvellement du =
maintien. Il ne peut exc=E9der vingt jours ; au-del=E0, l'=E9tranger =
doit =EAtre rel=E2ch=E9.

    Afflux. Les capacit=E9s d'accueil des zones d'attente n'ont pas =
suffi ces derni=E8res semaines : le 6 d=E9cembre, 408 =E9trangers =
=E9taient maintenus ; une semaine auparavant, ils =E9taient 510. La PAF =
a r=E9quisitionn=E9 une salle d'attente dans le terminal 2 et utilis=E9 =
ses locaux dans les diff=E9rentes a=E9rogares de l'a=E9roport de Roissy. =
Les autorit=E9s sont confront=E9es depuis dix ans =E0 une augmentation =
r=E9guli=E8re des personnes refoul=E9es =E0 la fronti=E8re. Le nombre =
total de personnes maintenues a atteint 19 000 personnes en 2000 contre =
9 300 en 1999, soit une augmentation de 103 %. A la fin du premier =
semestre 2001, il =E9taient d=E9j=E0 10 700. 89 % de ces =E9trangers =
arrivent =E0 l'a=E9roport de Roissy. Le reste se partage entre =
l'a=E9roport d'Orly et les diff=E9rents a=E9roports, gares et ports de =
France.

    Acc=E8s. Sept associations sont habilit=E9es par le minist=E8re de =
l'int=E9rieur =E0 visiter les zones d'attente et =E0 apporter une =
assistance aux =E9trangers, notamment les demandeurs d'asile. Il s'agit =
de l'Association nationale d'assistance aux fronti=E8res pour les =
=E9trangers, France terre d'asile, la Croix-Rouge fran=E7aise, Amnesty =
International, la Cimade, M=E9decins sans fronti=E8res et le Mouvement =
contre le racisme et pour l'amiti=E9 entre les peuples. Elles ont =
effectu=E9 65 visites en 2000, dont 35 =E0 Roissy. Depuis la loi du 15 =
juin 2000 renfor=E7ant la pr=E9somption d'innocence et le droit des =
victimes, les d=E9put=E9s et les s=E9nateurs sont autoris=E9s =E0 =
visiter les zones d'attente. La presse y est interdite d'acc=E8s.=20



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---   =20

    Dix-sept associations interpellent Lionel Jospin


    Dix-sept associations ont adress=E9 une lettre ouverte =E0 Lionel =
Jospin, le 17 octobre, pour d=E9noncer la situation des =E9trangers dans =
les zones d'attente. Amnesty International, l'Association nationale =
d'assistance aux fronti=E8res pour les =E9trangers (Anafe), la Cimade, =
le Groupe de soutien aux travailleurs immigr=E9s (Gisti), la Ligue des =
droits de l'homme, le Syndicat des avocats de France et le Syndicat de =
la magistrature, notamment, exhortent le gouvernement =E0 prendre des =
mesures pour mettre fin "aux multiples dysfonctionnements ou =
ill=E9galit=E9s pr=E9judiciables aux =E9trangers maintenus". Elles =
estiment que "le dispositif qui pr=E9vaut actuellement ne peut =EAtre =
consid=E9r=E9 comme respectueux du droit des personnes et des r=E8gles =
fran=E7aises et europ=E9ennes relatives =E0 la protection du droit des =
individus". Les signataires devaient =EAtre re=E7us par les conseillers =
du premier ministre, lundi 10 d=E9cembre. Mardi, ils devraient rendre =
public leur diagnostic des zones d'attente et d=E9noncer "ces lieux de =
privation de libert=E9 pour les =E9trangers".


    =20



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       =20
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      =20
        =20
        "Ils dorment l=E0 des jours durant, ne peuvent se laver"=20

         LE MONDE | 10.12.01 | 13h19=20



        DES DIZAINES d'employ=E9s c=F4toient chaque jour les =E9trangers =
maintenus dans les diff=E9rentes zones d'attente de l'a=E9roport de =
Roissy. H=F4tesses, employ=E9s des compagnies a=E9riennes, femmes de =
m=E9nage ou agents de s=E9curit=E9, ils fermaient jusqu'ici les yeux sur =
les mauvaises mani=E8res de la police aux fronti=E8res. Depuis quelques =
jours, certains ont d=E9cid=E9 de t=E9moigner.

         Pierre, employ=E9, et Marie, h=F4tesse au sol au terminal 2B =
dans une compagnie a=E9rienne.

        "On a vu la situation se d=E9t=E9riorer depuis quelques =
semaines. Il y a un mois, la police a r=E9quisitionn=E9 une salle =
d'embarquement. On s'est dit alors que c'=E9tait provisoire. Le premier =
jour, ils y ont maintenu huit "propos=E9s reconduite fronti=E8re" [les =
=E9trangers que la France veut renvoyer dans leur pays]. Le week-end =
suivant, ils =E9taient soixante-dix, hommes, femmes et enfants =
m=E9lang=E9s. Ils dorment l=E0 des jours durant, ne peuvent se laver. =
Comme il n'y a pas de sanitaires, les hommes urinent dans des =
bouteilles. Les odeurs sont terribles car il n'y a pas d'a=E9ration. Un =
jour, les policiers leur ont distribu=E9 des pommes comme repas : cela =
faisait zoo. On les traite de mani=E8re inadmissible. Quand on a compris =
qu'ils allaient rester, on s'est dit qu'il fallait faire quelque chose, =
alerter. Nous assistons de plus en plus =E0 des embarquements forc=E9s =
avec des policiers violents. Avant, ces =E9trangers, on les voyait =
passer lors de l'embarquement, menott=E9s. On les entendait parfois =
hurler, pleurer, parce qu'ils ne voulaient pas repartir."

         Claude, agent d'une soci=E9t=E9 priv=E9e de s=E9curit=E9. Il =
assiste la police aux contr=F4les des fronti=E8res.

        "Cela fait des ann=E9es que je travaille =E0 Roissy =E0 c=F4t=E9 =
des policiers. Par l=E2chet=E9, je n'ai jamais eu le courage de =
d=E9noncer. Jusqu'au jour o=F9 j'ai vu arriver ce couple libanais avec =
ses trois enfants. Ils attendaient d'=EAtre enregistr=E9s comme =
demandeurs d'asile, en zone internationale. Tous les jours, ils se =
signalaient au poste de police, mais les agents les renvoyaient =
s'asseoir. Ils sont rest=E9s l=E0 quatre semaines avant de repartir vers =
le terminal B. Ils ne pouvaient pas se laver, n'avaient aucune =
distribution de nourriture. Ils avaient de l'argent mais ne pouvaient =
rien acheter, car il n'y a ni caf=E9t=E9ria ni distributeur.

        "Un jour, je suis all=E9 chercher des sandwichs pour eux mais =
j'ai d=FB me cacher car la police nous interdit de leur parler. J'ai =
appel=E9 une femme de m=E9nage qui a tout cach=E9 dans un sac-poubelle =
et l'a discr=E8tement pos=E9 =E0 c=F4t=E9 d'eux en passant le balai. La =
police les laisse s'=E9puiser en attendant qu'ils s'en aillent =
d'eux-m=EAmes. D'autres jours, on voit un =E9tranger tra=EEn=E9 endormi =
par deux policiers pour un embarquement forc=E9 : un m=E9decin lui a =
fait une piq=FBre."

         Olivier Eyraud, salari=E9 d'Air France, et syndicaliste =E0 la =
CFDT.

        "Je travaille =E0 Roissy depuis 1983. C'est en voyant ce qui se =
passait lors des embarquements des =E9trangers reconduits que je me suis =
d=E9cid=E9 =E0 devenir visiteur pour le Mouvement contre le racisme et =
pour l'amiti=E9 entre les peuples (MRAP). Gr=E2ce =E0 mon travail, j'ai =
voyag=E9 et vu la mis=E8re du monde. Mais je ne pensais pas voir =E7a =
l=E0 o=F9 je vis. Voir comment on les parque, comment on refuse de les =
entendre, les =E9couter parler de coups dans les a=E9rogares. Ce n'est =
que ma troisi=E8me visite. C'est tr=E8s dur. J'esp=E8re pouvoir, comme =
l'autre soir, attendre que tout le monde soit couch=E9 =E0 la maison =
avant de pleurer comme un enfant. Trois jours apr=E8s la visite, je suis =
encore boulevers=E9."

        S. Z.

        =20



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      =20
        Droits de reproduction et de diffusion r=E9serv=E9s; =A9 Le =
Monde 2001
        Usage strictement personnel. L'utilisateur du site reconna=EEt =
avoir pris connaissance de la licence de droits d'usage, en accepter et =
en respecter les dispositions.
        Politique de confidentialit=E9 du site.=20

     =20

 =20

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A la lecture du Monde daté du 11 = décembre=20 dernier dont je vous joins les principaux articles j'ai comme = d'autres=20 été indigné-choqué de ce que nous = saviosn par=20 oui-dires, le traitement inhumain réservé aux = demandeurs du=20 droit d'asile, réfugiés politiques voire=20 "économiques".
Qui sont pour moi la honte de notre République.=20
J'attends d'une part des = organisations=20 progressistes dont nous sommes membres, syndicales, associatives,=20 politiques, qu'elles dénoncent cet état de fait et = demande au=20 gouvernement d'agir d'urgence pour les modifier. Voire qu'elles = envisagent=20 ensemble quelles actions à mener. Car le rajout par rapport = aux=20 articles du Monde c'est que la délégation = d'associations est=20 sortie de Matignon mécontente et sans avoir obtenu gain de = cause, et=20 faisant appel à la création d'une commission d'enquete = parlementaire.
Dans le respect du droit = international, des=20 droits de l'homme, et de la dignité = humaine.
J'attends aussi de nos élus (les élus = "du=20 peuple") qui eux ont accès à ces zones de non=20 droit-à l'inverse de la presse-qu'ils s'y rendent afin de=20 constater-dénoncer-agir à leur niveau pour mettre fin = à=20 cet état de fait.
La République est un principe = qui ne=20 se divise pas. Le respect de la personne humaine également. A = chacun=20 d'assumer ses responsabilités. Le silence ou l'inaction ne = pouvant=20 etre considérés "puisque nous savons" que = comme une=20 forme de complicité.
salutations
aw
3DLeMonde.fr=20
=20

A Roissy, des dizaines d' étrangers,=20 privés de droits, sont maintenus dans la=20 précarité=20

3D"" LE = MONDE | 10.12.01=20 | 12h26=20

La zone d'attente de l'aéroport Charles-de-Gaulle = accueille les=20 demandeurs d'asile à leur descente d'avion. Ils restent = parfois=20 plusieurs jours sans manger, n'ont pas toujours accès aux = toilettes,=20 et beaucoup ne parviennent pas à obtenir les formulaires=20 administratifs.=20

Les panneaux d'affichage annoncent sans discontinuer les = "vols=20 annulés". L'aérogare 2 B de = Roissy-Charles-de-Gaulle=20 est étrangement calme ce jeudi 6 décembre. Les = aiguilleurs du=20 ciel ont décrété une grève de = vingt-quatre=20 heures et de rares voyageurs errent entre les magasins duty = free.=20 Soudain, cinq Africains encadrés par deux policiers sortent = d'une=20 salle d'embarquement et se dirigent vers les toilettes. Premier=20 aperçu d'une longue série de personnes parquées = dans=20 différents recoins de l'aéroport. Etrangers non admis = sur le=20 territoire, ils sont retenus en zone d'attente.

8 h 50. Le sénateur (PCF) Robert Bret se présente = au poste=20 de la police aux frontières (PAF) pour la visite de = contrôle=20 que la loi l'autorise à effectuer en tant que parlementaire. = Au mur,=20 une affiche reproduit la Déclaration universelle des droits = de=20 l'homme. Un tableau indique les noms des quarante-sept = étrangers=20 maintenus à quelques mètres de là. "Les = deux=20 ZAPI [zones d'attente pour personnes en instance] sont = pleines=20 à craquer. On est un peu pris au dépourvu", = s'excuse=20 l'officier de quart de la PAF en ouvrant le chemin vers=20 l'"extension", une salle d'embarquement d'Air France=20 réquisitionnée par le ministère de=20 l'intérieur.

Derrière les paravents blancs à = liséré jaune=20 qu'Aéroports de Paris utilise pour masquer les chantiers, une = petite=20 foule d'étrangers, africains pour la plupart, attendent, = assis ou=20 prostrés. Les femmes se sont regroupées. Une odeur = âcre=20 de saleté prend à la gorge. La chaleur est lourde. Sur = le=20 côté, dix personnes patientent depuis une heure pour = aller aux=20 toilettes. Le long des baies vitrées, quatre cabines=20 téléphoniques. Deux sont hors service, les deux autres = n'acceptent que la Carte bleue. Un policier distribue le petit=20 déjeuner : un café sans sucre et un morceau de = pain.

Plusieurs hommes approchent, ils montrent la notification de leur = non-admission sur le territoire et de maintien en zone d'attente en=20 attendant leur vol de retour. Sissé M., = Sénégalais=20 âgé de vingt-six ans, relève le bas de son = pantalon pour=20 montrer sa peau grise : "Je ne me suis pas lavé = depuis onze=20 jours", assure-t-il, las. "Il faut attendre trois = heures=20 pour aller aux toilettes. La nourriture est mauvaise", = reprend=20 Adama B., Burkinabé, qui a fui les ratonnades en Côte = d'Ivoire.=20 Certains disent avoir été aidés par le = personnel d'Air=20 Afrique pour obtenir une place sur un vol en direction de Paris. Ils = ont=20 tous payé entre 25 000 et 40 000 francs.

NI REFOULÉS NI ADMIS

Beaucoup racontent des persécutions, des brimades, des = viols, les=20 assassinats de membres de leur famille dans leur pays. Ces = récits,=20 ils n'ont pu les faire entendre en arrivant."Dès ma = sortie=20 d'avion, un policier m'a demandé ce que je foutais là = parce=20 que je n'avais pas de passeport. J'ai demandé l'asile mais il = a fait=20 semblant de ne pas entendre", explique Alpha C., = Guinéen.=20 Des dizaines d'autres témoignent de ce refus d'enregistrer = les=20 demandes. Joël L., Sierra-Léonais, "le = réclame=20 tous les jours". En vain.

"Quelqu'un veut encore du café ?", = s'enquiert le=20 policier à l'entrée. Quelques minutes plus tard, des=20 croissants arrivent. "C'est la première fois. C'est = parce que=20 vous êtes venus", glisse Alpha C. Le chef de quart = assurera=20 quelques minutes plus tard que les étrangers peuvent = déposer=20 leur demande d'asile "dès qu'ils le = souhaitent".=20 "Nous prenons sur procès-verbal, leur donnons une = copie et=20 alors nous les transférons à l'hôtel", = insiste=20 l'agent de la PAF.

Au moment où les visiteurs quittent = l'"extension", une=20 main tape à une baie vitrée. Dans un recoin qui sert = de lieu=20 de repos, en zone internationale, six hommes sont assis. Eux n'ont = pas le=20 droit d'accéder à la salle d'embarquement : ils n'ont = pas=20 été enregistrés comme désirant entrer = sur le=20 territoire. Ni refoulés ni admis. Depuis trois, cinq ou sept = jours,=20 ces Afghans, Irakiens ou Congolais attendent que les agents de la = PAF les=20 "voient". Avec toujours les mêmes accusations.=20 "Dès que je suis arrivé, je me suis=20 présenté au poste pour demander l'asile. Ils m'ont=20 renvoyé. J'ai déjà essayé quatre = fois",=20 relate Olivier P. en montrant son dos lacéré. Ce jeune = Congolais affirme être un militant du Mouvement populaire de = la=20 révolution, pourchassé à Kinshasa. Un Irakien = au teint=20 gris explique dans un mauvais anglais qu'il n'a pas mangé = depuis six=20 jours. Aucun repas n'est prévu de ce = côté-là de=20 la paroi. "On ne peut pas nourrir tout le monde !, = explique le=20 chef de la PAF. C'est vrai qu'il y en a qui errent en zone = internationale=20 car il y a trop de demandes."

FAUX PASSEPORT

Terminal 2 A, 11 heures. Au sous-sol, sous un escalier, = la"salle=20 de correspondance des non-admis" : un poste de police dans = deux=20 pièces aveugles. La première abrite une montagne de = sacs de=20 voyage, un couple chinois et une Angolaise avec ses deux enfants. = Dans la=20 seconde, d'une surface d'environ 25 m2, trente-neuf = personnes=20 s'entassent sur des bancs métalliques ou attendent = allongées=20 sur un tapis posé au sol. Quatre bouteilles d'Evian remplies = d'urine=20 s'alignent le long du mur de béton. Pas de douche, pas de = sanitaires,=20 aucun paravent. Pendant leur maintien en zone d'attente – = vingt jours=20 maximum –, tous reçoivent un repas par jour. Certains = en sont=20 à leur dix-neuvième repas...

De très jeunes visages se tendent. Boubakar M., = Guinéen,=20 s'approche : "Depuis neuf jours, on m'a demandé = quatre fois=20 de partir. Comme je refusais, les policiers m'ont = giflé."=20 Amadou, Guinéen lui aussi, au visage encore imberbe, attend = depuis=20 treize jours avec une blessure à la jambe : "Le=20 médecin ne m'a donné que de l'aspirine", = assure-t-il.=20 Le juge a maintenu l'enfant malgré ses quinze ans, tout en=20 précisant que sa demande d'asile "est prise en=20 compte". Dialo K., lui, essaie de faire reconnaître = son=20 âge. Guinéen, comme ses deux voisins, il affirme avoir = quatorze=20 ans. La police a retenu l'âge noté sur son faux = passeport,=20 vingt et un ans, en dépit de sa silhouette et de ses traits=20 adolescents. "Au tribunal, l'avocate a dit : "Regardez, = c'est=20 un enfant". Le juge l'a reconnu et demandé un examen = osseux pour=20 déterminer mon âge. Mais cela fait cinq jours et on ne = m'a pas=20 emmené à l'hôpital."

Terminal 2 F, au bout de la zone internationale, sous les = boutiques de=20 luxe ornées pour Noël, le poste de police a = été=20 repeint à neuf. Au centre, une porte vitrée où=20 apparaissent deux visages collés au carreau. Derrière, = quatorze étrangers s'y entassent, dans une pièce de 9=20 m2 sans fenêtres. "C'est impossible de = savoir s'il=20 fait jour ou nuit", raconte l'un d'eux. Ici encore, des = plaintes=20 montent sur l'attente pour aller aux toilettes, l'insuffisance de=20 nourriture. "Hier, j'ai râlé, un policier m'a = dit de=20 manger mes chaussures", dit Isidore T., Burkinabé. = Un homme=20 jusque-là silencieux tend un morceau de papier : = "J'ai=20 demandé à partir pour l'Equateur. J'ai de l'argent = mais ils ne=20 veulent pas me laisser repartir. S'il vous plaît, vous ne = pouvez pas=20 m'acheter un billet ?"

Ce reportage a été réalisé lors = d'une=20 visite inopinée de Robert Bret, sénateur (PCF) des = Bouches du=20 Rhône, en zone d'attente. Le Monde, alerté sur = l'aggravation des conditions de maintien des étrangers = à=20 Roissy, avait par deux fois demandé (le 22 et le 29 novembre) = une=20 autorisation de visiter cette zone au cabinet de Daniel Vaillant. = Devant le=20 refus du ministère de l'intérieur, la direction du = journal a=20 décidé de le faire sans autorisation.

Sylvia Zappi


Des locaux surpeuplés

Maintien en zone d'attente. Sont maintenus en zone = d'attente les=20 étrangers à qui les autorités ont opposé = un=20 refus d'entrée sur le territoire, qui sollicitent l'asile ou = pour qui=20 le transit a été interrompu (refus d'autorisation=20 d'entrée du pays de destination ou faux visa). La loi sur=20 l'immigration précise que ce maintien doit se faire dans des = locaux=20 assurant "des prestations de type hôtelier". Deux=20 bâtiments servent pour l'hébergement : les ZAPI 2 et 3 = (zones=20 d'attente pour personnes en instance) situées à=20 proximité de l'aérogare. Ces locaux, qui ont = été=20 agrandis, peuvent accueillir 296 personnes.

Droit. L'étranger à qui l'entrée sur = le=20 territoire est refusée ne peut être renvoyé dans = son=20 pays contre son gré avant le délai d'un jour franc. Il = peut,=20 dans ce délai, formuler une demande d'asile. Après = avis d'un=20 représentant du ministère des affaires=20 étrangères, la police aux frontières (PAF) se = prononce=20 sur la recevabilité de la demande. Si elle juge celle-ci=20 "manifestement infondée", la PAF tente de = renvoyer=20 l'étranger dans son pays de provenance dès que le = premier vol=20 se présente. Le maintien en zone d'attente est = contrôlé=20 par un juge judiciaire, qui, au terme des quatre premiers jours, = statue sur=20 le renouvellement du maintien. Il ne peut excéder vingt jours = ;=20 au-delà, l'étranger doit être = relâché.

Afflux. Les capacités d'accueil des zones d'attente = n'ont=20 pas suffi ces dernières semaines : le 6 décembre, 408=20 étrangers étaient maintenus ; une semaine auparavant, = ils=20 étaient 510. La PAF a réquisitionné une salle = d'attente=20 dans le terminal 2 et utilisé ses locaux dans les = différentes=20 aérogares de l'aéroport de Roissy. Les = autorités sont=20 confrontées depuis dix ans à une augmentation=20 régulière des personnes refoulées à la=20 frontière. Le nombre total de personnes maintenues a atteint = 19 000=20 personnes en 2000 contre 9 300 en 1999, soit une augmentation de 103 = %. A la=20 fin du premier semestre 2001, il étaient déjà = 10 700.=20 89 % de ces étrangers arrivent à l'aéroport de = Roissy.=20 Le reste se partage entre l'aéroport d'Orly et les = différents=20 aéroports, gares et ports de France.

Accès. Sept associations sont habilitées par = le=20 ministère de l'intérieur à visiter les zones = d'attente=20 et à apporter une assistance aux étrangers, notamment = les=20 demandeurs d'asile. Il s'agit de l'Association nationale = d'assistance aux=20 frontières pour les étrangers, France terre d'asile, = la=20 Croix-Rouge française, Amnesty International, la Cimade,=20 Médecins sans frontières et le Mouvement contre le = racisme et=20 pour l'amitié entre les peuples. Elles ont effectué 65 = visites=20 en 2000, dont 35 à Roissy. Depuis la loi du 15 juin 2000=20 renforçant la présomption d'innocence et le droit des=20 victimes, les députés et les sénateurs sont=20 autorisés à visiter les zones d'attente. La presse y = est=20 interdite d'accès.


Dix-sept associations interpellent Lionel Jospin

Dix-sept associations ont adressé une lettre ouverte = à=20 Lionel Jospin, le 17 octobre, pour dénoncer la situation des=20 étrangers dans les zones d'attente. Amnesty International,=20 l'Association nationale d'assistance aux frontières pour les=20 étrangers (Anafe), la Cimade, le Groupe de soutien aux = travailleurs=20 immigrés (Gisti), la Ligue des droits de l'homme, le Syndicat = des=20 avocats de France et le Syndicat de la magistrature, notamment, = exhortent le=20 gouvernement à prendre des mesures pour mettre fin = "aux=20 multiples dysfonctionnements ou illégalités=20 préjudiciables aux étrangers maintenus". = Elles=20 estiment que "le dispositif qui prévaut actuellement = ne peut=20 être considéré comme respectueux du droit des = personnes=20 et des règles françaises et européennes = relatives=20 à la protection du droit des individus". Les = signataires=20 devaient être reçus par les conseillers du premier = ministre,=20 lundi 10 décembre. Mardi, ils devraient rendre public leur = diagnostic=20 des zones d'attente et dénoncer "ces lieux de = privation de=20 liberté pour les étrangers".

3D"Retour=20


3DLeMonde.fr=20
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"Ils dorment là des jours = durant, ne=20 peuvent se laver"=20

3D"" LE = MONDE |=20 10.12.01 | 13h19=20

DES DIZAINES d'employés côtoient chaque jour les = étrangers maintenus dans les différentes zones = d'attente=20 de l'aéroport de Roissy. Hôtesses, employés = des=20 compagnies aériennes, femmes de ménage ou agents = de=20 sécurité, ils fermaient jusqu'ici les yeux sur les = mauvaises manières de la police aux frontières. = Depuis=20 quelques jours, certains ont décidé de=20 témoigner.

 Pierre, employé, et Marie, hôtesse au = sol au=20 terminal 2B dans une compagnie aérienne.

"On a vu la situation se détériorer depuis = quelques semaines. Il y a un mois, la police a=20 réquisitionné une salle d'embarquement. On s'est = dit alors=20 que c'était provisoire. Le premier jour, ils y ont = maintenu huit=20 "proposés reconduite frontière" [les=20 étrangers que la France veut renvoyer dans leur pays]. Le = week-end suivant, ils étaient soixante-dix, hommes, = femmes et=20 enfants mélangés. Ils dorment là des jours = durant,=20 ne peuvent se laver. Comme il n'y a pas de sanitaires, les = hommes=20 urinent dans des bouteilles. Les odeurs sont terribles car il = n'y a pas=20 d'aération. Un jour, les policiers leur ont = distribué des=20 pommes comme repas : cela faisait zoo. On les traite de = manière=20 inadmissible. Quand on a compris qu'ils allaient rester, on = s'est dit=20 qu'il fallait faire quelque chose, alerter. Nous assistons de = plus en=20 plus à des embarquements forcés avec des policiers = violents. Avant, ces étrangers, on les voyait passer lors = de=20 l'embarquement, menottés. On les entendait parfois = hurler,=20 pleurer, parce qu'ils ne voulaient pas repartir."

 Claude, agent d'une société = privée de=20 sécurité. Il assiste la police aux contrôles = des=20 frontières.

"Cela fait des années que je travaille à = Roissy=20 à côté des policiers. Par = lâcheté, je=20 n'ai jamais eu le courage de dénoncer. Jusqu'au jour = où=20 j'ai vu arriver ce couple libanais avec ses trois enfants. Ils=20 attendaient d'être enregistrés comme demandeurs = d'asile, en=20 zone internationale. Tous les jours, ils se signalaient au poste = de=20 police, mais les agents les renvoyaient s'asseoir. Ils sont=20 restés là quatre semaines avant de repartir vers = le=20 terminal B. Ils ne pouvaient pas se laver, n'avaient aucune = distribution=20 de nourriture. Ils avaient de l'argent mais ne pouvaient rien = acheter,=20 car il n'y a ni cafétéria ni distributeur.

"Un jour, je suis allé chercher des sandwichs = pour eux=20 mais j'ai dû me cacher car la police nous interdit de leur = parler.=20 J'ai appelé une femme de ménage qui a tout = caché=20 dans un sac-poubelle et l'a discrètement posé = à=20 côté d'eux en passant le balai. La police les = laisse=20 s'épuiser en attendant qu'ils s'en aillent = d'eux-mêmes.=20 D'autres jours, on voit un étranger traîné = endormi=20 par deux policiers pour un embarquement forcé : un = médecin=20 lui a fait une piqûre."

 Olivier Eyraud, salarié d'Air France, et = syndicaliste=20 à la CFDT.

"Je travaille à Roissy depuis 1983. C'est en = voyant ce=20 qui se passait lors des embarquements des étrangers = reconduits=20 que je me suis décidé à devenir visiteur = pour le=20 Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les = peuples=20 (MRAP). Grâce à mon travail, j'ai voyagé et = vu la=20 misère du monde. Mais je ne pensais pas voir ça = là=20 où je vis. Voir comment on les parque, comment on refuse = de les=20 entendre, les écouter parler de coups dans les = aérogares.=20 Ce n'est que ma troisième visite. C'est très dur.=20 J'espère pouvoir, comme l'autre soir, attendre que tout = le monde=20 soit couché à la maison avant de pleurer comme un = enfant.=20 Trois jours après la visite, je suis encore=20 bouleversé."

S. Z.

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