[discussions] Cas de conscience
Posté par Webmestre le 28/11.
Fallait-il autoriser le message ci-dessous ?
Contre: question d'hygiène. Ce tissu d'ordures et de calomnies n'a rien à
faire là.
Pour: il constitue en soi une information.
(Au passage, la fin constitue un joli pied de nez à tous les faux témoins
dévoués qui se sont bousculés pour démentir qu'il se soit jeté sur Emmanuel
en hurlant le 30 juin)
Solution (non satisfaisante) adoptée: le publier sous cette forme et décider
que ce sera le dernier. Le cloporte boxeur Lieutaud est prié d'aller
exprimer ailleurs sa haine d'un de nos camarades, son incapacité à écrire le
français, sa révérence pour l'Académie des Sciences morales et politiques,
ses concepts de science-péteux raté (ah ! la guerre froide et la
décolonisation...) et ses calomnies diverses.
-----Message d'origine-----
De : phillipe lieutaud
À : discussions@unef.org
Date : mercredi 28 novembre 2001 16:16
Objet : Sur le syndicalisme étudiant
>Ne pas oublier la situation des étudiants de France !
>
>Sylvain,
>Que nous n'ayons pas la même conception du syndicalisme est évident, même
si
>ce n'est pas si grave car le mouvement étudiant ne ressemblerait pas à une
>mosaïque s'il n'existait qu'une seule conception.
>Attention, ne me fais pas dire que le syndicalisme étudiant doit être
>déconnecté de la société : mais en effet il doit se pencher essentiellement
>sur les questions liées à l'université. Sur les questions des travailleurs,
>des chômeurs, etc, je me retrouve dans la charte, car beaucoup d'étudiants
>travaillent pour financer leurs études, souvent par des boulots précaires.
>Leurs luttes rejoignent souvent les nôtres, et, l'an dernier, nous nous
>sommes mobilisés avec la CGT Services sur le Mc-Do de Cluny.
>De même, de nombreux étudiants sont des sans-papiers. Cependant, même si je
>soutiens l'idée qu'une carte de séjour donne droit à une carte d'étudiant,
>je ne prendrais pas de position en tant que syndicaliste sur la question de
>la naturalisation (même si j'y suis favorable), car cela touche des débats
>tels que droit du sol/droit du sang, etc. Enfin sur toutes ces questions,
se
>mobiliser peut à terme changer les choses car des pétitions permettent des
>prises de conscience, des mobilisations des décisions favorables à des
>individus, et à moyen terme des personnes changeront leur vote.
>En plus, je ne pense pas que l'Afghanistan est la question des étudiants
>sans-papiers soit liée. Pas plus en tout cas que le riz cantonnais et la
>bouillabaisse ou Lyasse et la vie étudiante. Donc je me retrouve dans la
>charte. Sur les résolutions de congrès de l'AGET-FSE, que je ne connais
pas,
>je te fais confiance. Je suis d'accord avec la partie sur le mouvement
>social, pas sur celle de
>l'internationalisme. Ce qui prouve que la FSE est diverse, ce qui est
plutôt
>bon signe. Le monolithisme n'a jamais été preuve de bonne santé.
>Donc, oui, je reconnais que je ne suis pas d'accord avec l'AGET-FSE sur ce
>point. Et alors ? La FSE et une fédération, et je me retrouve dans la
charte
>à 98%. Je suis d'accord lorsqu'elle affirme que nous devons rester
vigilants
>sur les questions politiques, mais la charte reste vigilante et définit des
>gardes fous.
>
>1-b : sur la guerre d'Algérie, tu oublie juste que l'Algérie, jusqu'au
>référendum de 1962, ce sont 3 départements français. Que des étudiants sont
>envoyés dans le contingent se battre contre le FLN. Donc, oui, cette guerre
>concernait les étudiants et de facto les syndicats, même si le problème
>était de se positionner. Beaucoup d'étudiants défendaient l'Algérie
>Française, non ? L'UNEF elle-même a attendu longtemps (1960) pour prendre
>des positions nationales alors que le conflit a commencé en 1954. Même
chose
>pour le Viêt-Nam. Sauf que ce conflit se plaçait dans le cadre de la guerre
>froide, ce qui n'était pas le cas de l'Algérie, plutôt liée à la
>décolonisation.
>
>Enfin, sur cette question de l'internationalisme, autant j'aurais crié à
>Berlin "plutôt rouges que morts" il y a plus de 25 ans, autant je pense
>qu'aujourd'hui il faut replacer les choses dans leur contexte. De 1948 à
>1989, les relations internationales sont dominées par "la guerre froide",
>c'est-à-dire que le monde est, grosso modo, coupé en deux blocs qui ne se
>font pas de cadeaux (les non-alignés penchent d'un côté ou de l'autre et ne
>sont pas totalement neutres). Cette guerre opposait deux conceptions
>d'organisation de la société, et tous les coups étaient permis.
>Objectivement, ce qu'a fait la CIA n'était pas beau, mais le KGB n'était
pas
>non plus un club de boy-scouts. Une liste exhaustive de leurs exactions
>prendrait du temps.
>Qu'une partie de la jeunesse française soutienne les positions de l'Est,
>c'était son droit. Comme le conflit se délocalisait dans les périphéries
des
>blocs, la jeunesse se mobilisait pour Castro, Che Guevara, Pol Pot, Mao, Hô
>Chi Minh, etc. D'où les prises de position internationales, référence aussi
>à l'internationalisme du mouvement ouvrier. Sauf que ces combats ne se
>valaient pas : le blocus de Cuba est une atteinte au droit international
>même si Castro n'est pas un saint ; le Che est une belle icône ; Hô Chi
Minh
>un nationaliste courageux qui s'est battu pour la liberté de son peuple ;
>Pol Pot un boucher inculte, etc. Le mouvement étudiant ne s'est pas
toujours
>honoré par ses prises de positions internationales (le Cambodge est un bon
>exemple). Lyasse, il ne s'en cache pas, n'est-il pas un des derniers
>défenseurs de Milosevic, d'Enver Hodja, du régime nord-coréen, qui tue
(avec
>l'aimable bienveillance des USA) entre 200 000 et 2 millions de Coréens
>chaque année ? C'est cela ton modèle ? La partialité ? (un peu comme le
>tissu d'âneries que nous fournit Lyasse sur l'histoire de l'Afghanistan :
>"les officiers militaires ont ensuite invité le Parti Marxiste à former un
>gouvernement" : qu'est-ce qu'ils sont charitables...). Il est vrai que tous
>ces régimes sont animés par de grands démocrates soucieux du bien-être de
>leur peuple. Ce qui est "drôle", c'est que ceux que tu dénonces (les USA)
>ont quand même passé des accords, ou utilisent les mêmes méthodes que ces
>hommes politiques qui sont les modèles politiques des animateurs de ce
>forum.
>
>Je pense que la chute du Mur a fait évolué l'internationalisme étudiant
>français qui ne doit plus être tourné dans un soutien quasi-systématique à
>"l'Est" ou dans les anciennes périphéries des blocs, oubliant les étudiants
>opprimés de son propre camp. Notre mission est de développer des liens
>étroits avec les étudiants européens, notamment de l'UE, car les réformes
>prochaines nous concernent tous. Nous devons être liés aux étudiants des
>autres pays sur les questions de mondialisation mais sans oublier ceux qui
>ne disposent pas d'ordinateurs, de livres, etc. Pourquoi ne pas inciter nos
>universités à développer des partenariats et aider ces universités ? Une
>sorte de parrainage ?
>
>Sur les pétitions sur l'Afghanistan : "ce sont pourtant des moyens à notre
>portée pour faire réfléchir, voire convaincre les étudiants." Les
convaincre
>sur quoi ? Sensibiliser sur la situation des étudiants des Sans-Papiers
>obligera bien un jour nos gouvernants à légiférer sur eux (comme ils l'ont
>en partie fait) sauf à prendre le risque que cet électorat se détourne de
la
>gauche. Mais quel poids avons-nous sur Bush ? Donc, oui, je répète qu'aider
>les sans-papiers est utile pour eux car c'est ce qu'ils attendent, et que
>des papiers, c'est du concret ! Pas une guerre, avec moins de 100 soldats
>français, qui se déroule à des milliers de kilomètres (aucun missile
>français n'a été tiré, c'est bien la preuve que l'influence française est
>décisive dans ce conflit !). Sur les questions de conscience, je ne retire
>rien. Par contre je suis d'accord avec ton idée qu'
>
>> un syndicat ne doit pas se lancer dans une
>> bataille selon la probabilité de "gagner" : il doit le
>> faire quand il estime la cause importante. Il y a des
>> batailles perdues d'avance qu'il faut quand même mener
>> pour espérer vaincre plus tard.
>
>Tout le problème est d'être d'accord sur la bataille. L'Afghanistan n'en
est
>pas une. C'est un des points sur lesquels nous divergeons. Par contre sur
>l'argument d'autorité que j'userais sur toi, je ne vois pas du tout et je
>n'y pensais pas.
>De même, sur l'anti-intellectualisme. Même si je reconnais que le
>syndicaliste est avant tout un acteur sur le terrain, à la différence du
>politique qui use souvent de belles phrases creuses. Je n'ai en tout cas
>jamais défendu l'idée d'un syndicaliste le nez dans le guidon du terrain et
>qui ne regarde pas ce qui se passe à côté. Un syndicaliste est avant tout
>quelqu'un qui se base sur la loi pour défendre des droits et trouver des
>solutions rapides à une situation. Et lorsque la loi laisse tomber le
>salarié, il faut utiliser autre chose. Un salarié de Moulinex, en ce
moment,
>a besoin d'argent pour nourrir sa famille, pas d'un discours sur la lutte
>des classes. S'il menace de faire sauter son usine, cela doit nous aider à
>prendre conscience, si ce n'étais déjà fait, du décalage entre nos élites
>politiques et la situation de nombreux salariés ; doit nous orienter vers
de
>nouvelles stratégies syndicales.
>
>Le syndicaliste n'oppose pas "concret et abstrait", mais utilise l'abstrait
>pour faire avancer le concret. Et je suis d'accord que le "politique" et le
>"syndical" se nourrissent l'un de l'autre, même si un syndicaliste ne doit
>jamais oublier vers qui doit battre son coeur. Sur les questions de
>"soulager sa conscience", je ne me considère pas comme un de ces
>intellectuels des salons de banlieue, une sorte de Lyasse qui parle des
>réformes concernant les DEUG mais qui n'a pas discuté avec un étudiant de
>DEUG, sauf pendant une élection, depuis 10 ans, qui soulage sa conscience
>mais qui a depuis longtemps oublié ce qu'étais la guerre. Au moins BHL (que
>je n'apprécie guère) s'est rendu en Afghanistan, en Yougoslavie, etc. . Je
>suis d'accord que l'humanitaire ne doit pas être instrumentalisé par le
>politique, et pour ce faire, en tant qu'acteur sur cette sphère, doit
>posséder "une pensée globale critique". Mais c'est pareil pour le
>syndicalisme étudiant. Que tu exprimes ton point de vue de citoyen,
>d'adhérent à un parti politique, d'accord, mais que tu souhaites mobiliser
>ton organisation syndicale sur cette bataille, c'est autre chose (référence
>ma première lettre). Autre chose, sur Rony Braumann, il représente un point
>de vue de la galaxie humanitaire, mais il y en a d'autres.
>
>Pour finir : te mobiliseras-tu sur la situation des Tibétains opprimés par
>la Chine ? des Tchétchènes par la Russie ? Des journalistes et des
>intellectuels cubains, iraniens, chinois, irakiens, syriens, libyens, etc ?
>Des prisonniers turcs ? Y-a-t-il des petits et des grands impérialismes,
qui
>doivent chacun recevoir des réponses différentes ? Un mois de mobilisation
>pour l'Afghanistan ; 3 jours pour la Chine, 2 heures pour l'Iran ? Le
risque
>dans la manière dont tu vois les choses, c'est qu'au bout du compte, tu te
>sois beaucoup mobilisé pour l'international, mais qu'à la fin, comme
Lyasse,
>tu ne saches toujours pas que les AIE n'existent plus et que les étudiants
>français aient vu reculé leurs droits.
>
>Philippe Lieutaud
>Militant de l'AGEPS-FSE
>
>P.S 1: à l'attention du frustré-boxé de Paris-IV
>Apprends deux-trois trucs sur la première invasion de l'Afghanistan dans
>l'"Histoire diplomatique de 1919 à nos jours", de Jean-Baptiste Duroselle,
>11ème édition, aux pages 810-812 . Cet ouvrage, couronné par l'académie des
>sciences morales et politiques, sans être exhaustif, remet à leur juste
>place tes mugissements et les témoignages que tu nous apportes, qui pour
moi
>sont tout aussi sérieux que ceux qui remettent en cause l'Holocauste.
Encore
>une preuve de ton ignorance crasse et de ton parti pris, pire ennemi de
>l'intellectuel. Je plains les personnes à qui tu donnes des cours.
>P.S 2 : j'ai du mal à comprendre en quoi je suis aigri. Lorsque je me
>rappelle comment tu rampais et tremblais devant moi, ou plutôt devant mes
>pieds, le 30 juin vers 10 heures, un large sourire réchauffe mon visage et
>ensoleille mes tristes journées occupées à travailler chez moi.
>
>
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