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[discussions] Réponse à Philippe sur la guerre et le syndicalisme

Posté par =?iso-8859-1?q?Billot=20Sylvain?= le 28/11.

Il est clair que nous n'avons pas la même conception
du syndicalisme. 

1) Pour toi un syndicat étudiant doit s'occuper
uniquement des problèmes de l'université
("syndicalisme"), le reste relève de la politique et
donc des partis politiques. 

1-a : ta conception est contraire à l'esprit et à la
lettre de la charte de la FSE, qui veut lier les
luttes des étudiants à celles des travailleurs,
chômeurs, sans papiers, .... La charte est certes
assez générale et permet plusieurs interprétations.
Les résolutions du congrès de l'aget-fse (que j'ai
trouvé sur internet, sur le site de la FSE) sont elles
beaucoup plus claires et à l'opposé de ta conception
du syndicalisme 
Quelques citations : "De plus, il ne nous paraît pas
concevable de limiter la portée du syndicalisme
étudiant. L'étudiant étant avant tout un citoyen,
concerné par tous les problèmes de la société, d'où la
dimension politique de notre syndicat" ; " Il est
évident que les problèmes de l'université sont le
reflet de problèmes de la société (inégalité des
chances, marchandisation, précarité, racisme...).
C'est pourquoi nous devons rapprocher les étudiants
des combats menés par le mouvement social (lutte
anti-mondialisation, pour la régularisation de tous
les sans-papiers, contre la précarité, pour la défense
de l'environnement...) pour la transformation de la
société et le partage égalitaire des richesses",
"Internationalistes: car l'histoire de notre syndicat
est lié aux luttes des peuples pour leur émancipation
et leur respect : soutien aux peuples d'Algérie, de
Cuba, du Nicaragua, d'Afrique du Sud, de Palestine, du
Chiapas, de Kabylie… Nous nous élevons contre les
embargos qui les affament les peuples mais pas les
dictateurs (Irak, Libye…)". 
Si tu es de bonne foi, tu reconnaîtras que ta vision
du syndicalisme est franchement différente de celle de
l'Aget (que je partage) : et la position nationale de
la FSE, c'est le juste milieu ? La charte penche du
côté des positions de l'aget, en tout cas dans le
refus d'opposer sujets "syndicaux" et "politiques".

1-b : avec ta conception du syndicalisme, la guerre
d'algérie n'aurait pas du concerner le syndicalisme
étudiant en france, comme la guerre du vietnam
n'aurait pas du concerner les syndicats étudiants
américains, ..... Car, à ce que je sache, la guerre
d'algérie (comme celle du Vietnam) n'a pas grand chose
à voir avec "les problèmes de l'université". 

1-c : quant au ceps, ce n'est ni l'ageps, ni l'aget,
ni quoi que soit, c'est ce que nous en ferons. Je me
serais trompé de crèmerie ? Si le ceps devenait une
corpo autiste, certainement. Mais ce n'est pas le cas
pour le moment.

2) Un autre argument que tu donnes pour ne pas
mobiliser sur l'afghanistan, outre que ce n'est pas
"syndical", est que de toute façon ca sert à rien.
Bien sur, ca n'empêchera pas l'opération militaire
américaine. Signer deux pétitions et manifester te
semblent ridicules : ce sont pourtant des moyens à
notre portée pour faire réfléchir, voire convaincre
les étudiants. Tu vas même jusqu'à dire que signer une
pétition ne sert qu'à se donner bonne conscience ...
et est infâmant pour ceux qui souffrent ! Je crois que
là tes propos vont au delà de ce que tu penses donc no
comment.
Pour moi, un syndicat ne doit pas se lancer dans une
bataille selon la probabilité de "gagner" : il doit le
faire quand il estime la cause importante. Il y a des
batailles perdues d'avance qu'il faut quand même mener
pour espérer vaincre plus tard. 

3) Un autre argument que tu utilises est pernicieux :
parler de la guerre ou de sujets globaux en général,
ca se mérite. Quand tu auras bien bossé sur les sujets
"universitaires", tu pourras parler de l'afghanistan,
me fais tu comprendre sans me le dire de façon aussi
abrupte. Bien sur, j'en connais beaucoup moins que toi
sur tous ces dossiers techniques et cruciaux pour les
étudiants. Et alors ? Pour parler de la guerre dans
une fac, au sein d'un syndicat, il faut avoir fait ses
preuves ? 

4) Opposer le concret et l'abstrait comme tu le fais
sans cesse relève d'un anti-intellectualisme certain.
Le "politique" et le "syndical" se nourissent l'un
l'autre pour moi. Tu finis en opposant ceux qui ne
pensent qu'à soulager égoistement leur conscience (en
s'opposant verbalement à la guerre) et ceux qui
modestement font de l'humanitaire. On croirait
entendre du BHL ou du Jacques Julliard pérorant, c'est
bien connu, que les intellectuels sont des ennemis de
la liberté, méprisent les populations qu'ils
prétendent défendre, etc. L'humanitaire, c'est très
bien, mais je vois pas en quoi ca s'oppose à ceux qui
veulent s'opposer à cette guerre. D'ailleurs des
personnalités de la galaxie humanitaire (comme Rony
Braumann) dénoncent courageusement
l'instrumentalisation cynique de l'humanitaire : une
bombe + un colis de nourriture = cadeau des
américains. L'action humanitaire n'est pas
incompatible avec une pensée globale critique. Au
contraire.

Sylvain

militant du CEPS (réseau Unef autrement)












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