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Posté par Marc Monticelli le 14/10.

piece jointe : MULTIPART/MIXED
Lu sur le site d'indymedia

Appel pour une grève européenne généralisée des élèves et des étudiants

Dans toute l’Europe, les étudiants doivent faire face aux mêmes 
problèmes. Les raisons de ces problèmes découlent de la politique de 
l’Union Européenne (UE). Et ces raisons amènent les étudiants de 
Dortmund (Allemagne) à faire appel aux élèves et étudiants de toute l’UE 
afin de faire grève du 10 au 14 Décembre 2001.



Mouvement international d’élèves et d’étudiants

Appel pour une grève européenne généralisée des élèves et des étudiants

Frais de scolarité, réduction de budget, privatisation des écoles et des 
universités… les priorités de l’éducation sont en train de changer 
rapidement, et de manière à servir les intérêts privés et lucratifs. 
Dans toute l’Europe, les étudiants doivent faire face aux mêmes 
problèmes. Les raisons de ces problèmes découlent de la politique de 
l’Union Européenne (UE). Et ces raisons amènent les étudiants de 
Dortmund (Allemagne) à faire appel aux élèves et étudiants de toute l’UE 
afin de faire grève du 10 au 14 Décembre 2001. Pendant les premiers 
jours de cette grève, certaines actions auront lieu dans beaucoup de 
villes, universités et écoles européennes. Une énorme démonstration 
commune aura lieu à la fin de la conférence de l’UE à Bruxelles 
(Belgique) le 14 Décembre.

La politique de l’éducation nationale est une fiction

Comme nous supposons que dans l’ensemble de l’UE les étudiants font face 
aux mêmes problèmes, nous faisons appel à une grève généralisée de l’UE. 
En Allemagne, les frais de scolarité pour les soi-disant ‘étudiants à 
long terme’ ont été autorisés, des frais de scolarité généraux sont en 
ce moment considérés, les universités, avant des institutions dirigées 
par l’Etat, deviennent des endroits autonomes et privés. En Autriche, 
les frais de scolarités ont été introduits cet été. En Hollande, le 
ministre de l’éducation a annoncé que les universités hollandaises 
allaient être de plus en plus commercialisées… Il doit y avoir de 
nombreux exemples dans toute l’Europe. Par incident ? Non ! Les 
étudiants de chaque pays doivent être persuadés que leur politique 
nationale sur l’éducation est unique et personnalisée à cause de leurs 
situations nationales respectives. Mais en regardant un peu plus loin 
que le bout de notre nez, nous pouvons nous rendre compte que : les 
politiques nationales ne sont ni uniques, ni personnalisées par rapport 
à la situation du pays mais plutôt inspirées par une politique 
systématique de l’UE. En effet, la manière dont sont gérées les 
politiques nationales de l’éducation dans les pays de l’UE est 
totalement prédéterminée par des traités déjà négociés - surtout le 
traité du GAT. Donc pourquoi s’étonner de retrouver les mêmes problèmes 
dans différents pays européens ? Comme la politique de l’éducation se 
décide à un niveau international, nous pensons qu’il est temps que les 
élèves et étudiants européens protestent et revendiquent à un niveau 
international.

Un exemple : les universités allemandes se préparent à la privatisation

Le ‘Non !’ de l’Allemagne aux frais de scolarité, longtemps une garantie 
de la grande égalité des chances, n’est plus intouchable. Par 
conséquent, la hausse du prix de l’éducation à l’université (due aux 
frais d’inscriptions à la hausse et à l’insuffisance de bourses pour 
étudiants) se reflète bien dans une étude sur la situation sociale des 
étudiants publiée par ‘Deutsches Studentenwerk’. Les chiffres 
d’inscriptions sont en baisse, surtout en ce qui concerne les enfants de 
familles plus pauvres, c’est à dire familles ouvrières où les étudiants 
sont souvent obligés de travailler pendant leurs études et vont donc 
devenir les fameux ‘étudiants à long terme’. Il est facile de 
s’apercevoir de ceci : tous les frais de scolarité, quels qu’ils soient, 
ne vont faire qu’aggraver la situation. Le résultat ici est que le 
faible pourcentage d’hommes et de femmes à l’université en Allemagne par 
rapport aux autres pays européens ne va jamais augmenter. Tandis qu'une 
réforme pour les bourses aux étudiants a échouée, le ministère de 
l’éducation allemand dépense de plus en plus d’argent dans le secteur de 
la recherche.
Dépenser plus d’argent sur la recherche afin de vider les amphithéâtres 
bondés d’Allemagne ou les raisons pour lesquelles les universités ont un 
budget réduit dans l’attente de financement de sponsors.
Puisque le ministre allemand a soudainement changé d’attitude en ce qui 
concerne les frais de scolarité après de longues années, nous devons 
nous poser des questions. La raison est somme toute assez simple : 
depuis un bon bout de temps maintenant l’éducation et la politique de 
l’université ne sont plus des purs produits de la politique allemande. 
Aucune autre explication ne peut excuser les inconsistances existantes. 
Et en scrutant la situation nationale avec attention, nous pouvons voir 
que la clef des choix du ministère réside à Bruxelles, dans les mains de 
l’UE ainsi que dans celles du WTO (World Trade Organisation). A cause du 
traité du GAT débuté en 1994, le WTO a commencé de laisser le secteur de 
l’éducation dans les mains de l’économie civile. A cause du GAT, les 
services d’état comme ceux de l’éducation et de la santé sont déclarés 
des commodités. En tenant en compte le WTO, en allant plus loin que le 
contrôle démocratique des parlements nationaux, le GAT est fait pour 
donner aux compagnies privées l’opportunité de s’approprier une grande 
part des services publics comme le transport, le tourisme, la santé, les 
télécommunications, les réserves d’eau etc. pas seulement à un niveau 
national mais aussi à un niveau international.
Les pays de l’Europe ont accédé au GAT sous la tutelle de l’UE, 
punissant les pays membres dans le cas d’une ouverture inadéquate de 
leurs marchés à des compagnies étrangères, comme dans le secteur des 
services. Tôt ou tard tous les secteurs qui ne sont pas entièrement 
contrôlés par l’état devront s’ouvrir, comme le secteur de l’éducation 
en Allemagne où un grand nombre d’institutions privées se sont 
installées. A cause des règles strictes du GAT en ce qui concerne un 
traitement égalitaire, les compagnies étrangères trouvent moyen de 
porter plainte et de s’infiltrer dans le secteur public des nations. En 
ce moment, on discute la libéralisation des secteurs de l’éducation et 
de la santé sous couvert du GAT. En même temps, l’Allemagne introduit 
les compagnies étrangères dans le secteur le d’éducation. Ce n’est pas 
seulement par les frais de scolarité que les universités allemandes se 
préparent à une compétition de marché; en transformant les universités 
d’état, les universités allemandes vont pouvoir collectionner les 
sponsors et devenir de vrais business. Ce n’est pas un hasard si depuis 
le milieu de l’année une université privée, l’université de 
Witten/Herdecke, qui collectionne les sponsors et les profits, est 
représentée à la Conférence Allemande des Recteurs Universitaires 
(Hochschulrektorenkonferenz) pour la première fois. Le ministère de 
l’éducation encourage, à l’aide d’un décret, aux universités de l’Etat 
de vendre patents plus profitables maintenant. Une nouvelle loi sur 
l’autonomie des universités donnant aux universités plus de liberté dans 
le choix de leurs élèves et la création de leurs curriculum - 
probablement selon les besoins économiques - est en phase. Il est clair 
que les frais de scolarités pour tous sont à la carte dans le privé. 
L’ouverture des marchés selon le GAT n’est rien d’autre qu’une 
privatisation négociée et réalisable à un niveau national. Un retour au 
secteur privé de l’éducation dans les mains de l’état est quelque chose 
d’impossible d’après le GAT. Dans l’attente d’une forte compétition 
entre les sponsors et de coalitions profitables entre compagnies 
privées, la stratégie ministérielle qui consiste à dépenser plus sur la 
recherche et moins sur l’éducation est logique puisque la sponsorisation 
devient plus acceptable et va permettre une hausse de l’attractivité des 
universités allemandes.

Ressources humaines : comment les êtres humains deviennent des 
ressources naturelles

Depuis un bon moment, dans les traités internationaux autant que dans 
l’UE, les élèves et étudiants sont considérés comme des ressources 
humaines. Une définition révélatrice : à ce jour, le but principal de 
l’éducation est de créer des ressources humaines pour les entreprises. 
Le fait que le capital privé tente d’imposer ses buts et priorités sur 
l’éducation pour faire face aux principes du marché n’est pas 
surprenant. L’éducation est devenue un secteur de l’économie de marché. 
Les politiciens acceptent en toute conscience l’orchestration des buts 
éducationnels en fonction du marché. Même dans le système allemand, 
bastion de l’éducation organisée par l’Etat, le secteur se transforme 
petit à petit en un fournisseur de ressources humaines faites sur 
mesure. Des poids inutiles comme la culture générale et l’apprentissage 
des connaissances sociales sont évincés du curriculum.
L’éducation est devenue un endroit où les règles guerrières sont 
appliquées. Une distinction entre vainqueurs et vaincus est effectuée en 
parallèle avec les propriétaires d’une éducation de plus en plus chère 
et une majorité de ressources humaines peu éduquée. En dépit des efforts 
de certains professeurs, la sélection des meilleurs devient de plus en 
plus importante. Le développement de l’individu et de ses connaissances 
est de plus en plus restreint. La création d’instituts élitistes et de 
programmes spéciaux pour les élèves particulièrement talentueux sont 
devenus des denrées courants. Le néolibéralisme avance toujours les 
mêmes justifications à ces phénomènes, le savoir étant devenu la 
principale ressource de cette « Nouvelle Economie », le développement de 
l’individu ne se fait non plus à l’école, mais dans les entreprises, où 
l’économie -et non plus les décisions collectives- décide quels savoirs 
sont désirables, c’est à dire un contrôle intégral sur l’organisation, 
la production, les jugements de valeurs et la distribution de ces 
« savoirs qui comptent ». L’éducation est de plus en plus soumise à la 
technologie ; elle est devenue un instrument de l’esprit entrepreneurial 
et de l’utilisation économique.

Arrêter la politique éducationnelle de l’UE !

« Ce n'est certainement pas par le choix opéré lors du conseil européen 
de Lisbonne, en mars 2000, par les chefs d'Etat et de gouvernement des 
quinze que les Européens se libéreront de ces [impératifs cites plus 
haut]» nous précise Riccardo Petrella, conseiller à la Commission 
Européenne et professeur à l’Université Catholique de Louvain 
(Belgique), en ajoutant que « [c]e choix, traduit en Plan d'action par 
le conseil européen de Feira en juin 2000, consiste à affirmer que la 
grande priorité des quinze prochaines années est la construction de la 
« eEurope » pour qu'elle devienne en 2015 la « e-économie » la plus 
compétitive au monde. », pour finir avec leurs intentions : « A cette 
fin, l'objectif primordial est de donner à tous les Européens, dès 
l'école maternelle et primaire, l'accès à l'alphabétisation numérique 
afin qu'ils deviennent autant de « ressources humaines » capables de 
concurrencer celles de l'Amérique du Nord qui auraient pris une dizaine 
d'années d'avance ».

Néolibéralisme : une solution ou le peu d’élus ?

Ces plans d’actions ont été présentés comme une manière d’atteindre une 
certaine justice sociale et de combler le manque d’emplois. Quelle 
erreur ! L’exemple américain ne peut que nous révéler ce à quoi ces 
mesures nous mènent : Indépendamment du boom économique des années 90, 
des taux de chômage bas, d’une technologie de l’information et de la 
communication les plus développées dans le monde et de très bonnes 
universités ; le niveau moyen de l’éducation est déplorable. La société 
est divisée en « ressources humaines » productives et improductives. Un 
système de castes néolibérales, sans aucune possibilité d’avancement 
pour le nouveau prolétariat peu éduqué, est mis en place. Le fait est 
que cette caste éduquée n’a besoin que de « ressources humaines » 
limitées, l’accès à la classe est donc réservée à l’élite. Les 
politiques internationales « modernes » montrent où cela nous mène : 
cartes vertes pour les castes éduquées et déportation pour les 
ressources humaines inutiles.

Les actions internationales sont plus efficaces

Jusqu’à aujourd’hui, les étudiants n’ont agit que sur un plan national. 
Mais nous avons vu que l’influence nationale sur l’éducation est en 
baisse, c’est pourquoi il est nécessaire d’agir internationalement 
contre ce « diktat des traités économiques internationaux ». L’action 
est devenue indispensable, l’OMC ayant recommencé ses tentatives 
manquées de Seattle pour relancer les conversations sur le GAT. La santé 
et l’éducation sont cette fois à l’agenda. L’UE elle même, conseillée 
officiellement par un groupe de multinationales lobbyistes, prendra part 
aux discussions du GAT, il est donc impératif que les élèves Européens 
s’unissent dans le combat contre cette libéralisation, dont les 
conséquences sont incontrôlables, même si les préparatifs pour ces 
privatisations sont déjà en route, un peu partout en Europe.

Les élèves Européens feront-ils grève ?

Pendant que l’Autriche introduit des frais de scolarité et que 
l’Allemagne s’oriente vers le même horizon, la privatisation en Grande 
Bretagne est déjà achevée. L’idée d’une grève généralisée des étudiants 
en Europe semble donc être très bien reçue. Il semble très probable que 
le GRAS (Grüne und Alternative StudentInnen) contenant la présidence des 
étudiants autrichiens et l’AKS (Aktion kritischer SchülerInnen) 
participeront à la grève. En dépit de la proximité des vacances, des 
réponses positives nous sont parvenues d’Allemagne. Il est de moins en 
moins logique de mener des actions seulement sur terrain national, 
simplement parce que les décisions sont aujourd’hui prisent à Bruxelles 
par l’UE. Nous tentons donc de rentrer en contact avec toutes les 
organisations d’étudiants à travers l’Europe. Des discussions 
multi-linguistiques et la coordination vont être établies par le moyen 
de notre mailinglist :
http://groups.yahoo.com/group/international-pupil-and-studentactions

website : http://int-protest-action.tripod.com

e-mail : eustudenten@gmx.net

int-protest-action.tripod.com