Répondre à ce message - retour au sommaire de la page  

[discussions] Fwd: Uri Avnery : Une gifle

Posté par George Katout le 23/8.



>From: "Solidarite-Palestine" 
>Reply-To: "Solidarite-Palestine" 
>To: 
>Subject: Uri Avnery : Une gifle
>Date: Mon, 20 Aug 2001 22:02:46 +0200
>
>Uri Avnery : Une gifle
>Contraindre les gens à rester debout pendant des heures sous un soleil 
>brûlant. Contraindre les gens à rester assis pendant des heures dans leur 
>voiture au soleil avec les vitres fermées. Prendre les clés de voiture ou 
>les cartes d'identité. Crever les pneus. Retenir des femmes près 
>d'accoucher qui se rendent à l'hôpital. Retenir des enfants cancéreux qui 
>vont se faire soigner. Retenir des insuffisants rénaux qui se rendent à la 
>dialyse... Harcèlement routinier, «afin de tromper l'ennui» : une politique 
>destinée à casser le moral des gens, à faire de leur vie un enfer et à les 
>inciter à quitter le pays. À moins que la discipline dans l'armée ait 
>disparu, que le commandement à tous les niveaux ait perdu le contrôle, 
>s'interroge le pacifiste israélien Uri Avnery.
>
>18 août 2001
>
>Un homme d'âge moyen s'approche du point de contrôle de l'armée. Trois 
>soldats qui s'ennuient le regardent. L'un, probablement le responsable, qui 
>se trouvait à deux ou trois mètres, s'approche de lui et le gifle.
>
>Quelques heures plus tard, cette scène est montrée à la télévision en 
>Israël et dans tous les pays arabes. Il se trouve que l'homme frappé était 
>un reporter de la télévision égyptienne qui se rendait à une conférence de 
>presse.
>
>Le MFID (Menteur des Forces Israéliennes de Défense, un officier anonyme 
>chargé d'inventer des prétextes aux fautes de l'armée) a donné la réponse 
>habituelle: l'homme avait provoqué et insulté les soldats. Le soldat a reçu 
>une espèce de sanction avec sursis, probablement pour avoir donné la gifle 
>devant une caméra. On peut supposer qu'il aura vite de l'avancement.
>
>Qu'y a-t-il de si particulier dans cet incident? Seulement la présence 
>d'une équipe de télévision étrangère, et le culot incroyable du soldat qui 
>s'est conduit de cette façon sans d'abord s'assurer qu'aucune caméra 
>n'était présente. À part cela, c'était un incident banal. Des choses comme 
>cela - et même pires - se produisent quotidiennement à des dizaines de 
>points de contrôle sur tous les Territoires occupés. Harcèlement routinier, 
>«afin de tromper l'ennui» comme l'a récemment expliqué un soldat à propos 
>d'un autre incident.
>
>Gifler. Frapper. Contraindre les gens à rester debout pendant des heures 
>sous un soleil brûlant. Contraindre les gens à rester assis pendant des 
>heures dans leur voiture au soleil avec les vitres fermées. Prendre les 
>clés de voiture ou les cartes d'identité. Crever les pneus. Retenir des 
>femmes près d'accoucher qui se rendent à l'hôpital. Retenir des enfants 
>cancéreux qui vont se faire soigner. Retenir des insuffisants rénaux qui se 
>rendent à la dialyse. Voler de l'argent et des bijoux. Alors qu'y a-t-il de 
>si particulier dans le fait de gifler un journaliste égyptien? Après tout, 
>un Arabe est un Arabe.
>
>Néanmoins, il est utile d'examiner cet incident un peu plus en profondeur. 
>Le soldat (sergent? lieutenant?) a dit ce qu'il a dit comme le font des 
>milliers d'autres soldats à des points de contrôle permanents ou 
>temporaires, parce qu'ils croient que cela est permis, voire souhaitable.
>
>Si cela est vrai, la situation est grave. Si ce n'est pas vrai, alors la 
>situation est encore pire.
>
>Quand des milliers de soldats aux points de contrôle se conduisent ainsi 
>depuis des années, il est clair que ceux qui les commandent ferment les 
>yeux. Le responsable immédiat. Le chef de bataillon. Le chef de brigade. Le 
>commandant. Le chef d'état-major. Le ministre de la Défense. Le Premier 
>Ministre. Il suffirait qu'une seule de ces personnes donne un ordre sans 
>équivoque pour que cette pratique cesse. Il suffirait que le chef 
>d'état-major déplace un chef de brigade sous le commandement duquel 
>l'incident s'est produit. Ou qu'un chef de brigade déplace un chef de 
>bataillon. Ou que le chef de bataillon limoge un capitaine de compagnie. Et 
>évidemment, il suffirait d'envoyer un soldat en prison pour 28 jours (la 
>sanction habituellement appliquée aux soldats refusant de servir dans les 
>Territoires occupés) pour que la pratique cesse sur le champ.
>
>Si ce n'est pas fait, on ne peut que tenir pour responsable l'ensemble de 
>la hiérarchie - du soldat harceleur au point de contrôle jusqu'au chef 
>d'état-major. Cela signifie que le harcèlement est une politique. Une 
>politique destinée à casser le moral des gens, à faire de leur vie un enfer 
>et à les inciter à quitter le pays. Et également à apprendre aux soldats à 
>traiter les autochtones comme des chiens.
>
>Il y a une autre interprétation, et elle n'est pas moins grave: qu'une 
>telle politique n'existe pas. C'est-à-dire que la discipline dans l'armée a 
>disparu, que le commandement à tous les niveaux a perdu le contrôle. Ce 
>n'est plus une armée mais une milice sans foi ni loi.
>
>Cela n'est pas vraiment très surprenant. On ne peut pas utiliser une armée 
>pendant des dizaines d'années comme une force de police coloniale 
>répressive sans provoquer un relâchement de la discipline. On ne peut pas 
>demander à un soldat de coller à la vérité dans ses rapports quand il 
>entend tous les jours les rapports du sus-mentionné MFID («tué alors qu'il 
>tentait de s'échapper», «tenté de déborder les soldats», «ont été obligés 
>de tirer quand leur vie était en danger», «insulté les soldats», «tenté 
>d'arracher le fusil des mains du soldat», et autres contre-vérités 
>similaires. On ne peut pas attendre d'un soldat qui harcèle de vénérables 
>vieillards et des femmes respectables dans les Territoires occupés qu'il se 
>conduise comme un garçon bien élevé dans une discothèque de Haïfa ou qu'il 
>traite correctement sa femme et ses enfants. On ne peut pas attendre d'un 
>soldat qui, pendant des années, a été un héros face à des femmes et des 
>enfants, qu'il soit un héros face à des tanks et de l'artillerie sur un 
>vrai champ de bataille.
>
>Chaque année, quand les généraux veulent soutirer plusieurs milliards aux 
>fonds publics, ils nous disent que dorénavant, à tout moment une guerre 
>majeure peut éclater - la Syrie, l'Irak, l'Iran, ensemble ou séparément, 
>vont nous lancer des missiles remplis de bactéries ou de gaz empoisonnés - 
>et que seule une armée israélienne forte et moderne nous sauvera. Cette 
>même armée qui s'est entraînée pendant des années aux points de contrôle.
>
>On a vu une autre image à la télévision l'autre jour: Micki Levi, 
>commandant de la police de Jérusalem, a été vu se querellant avec une femme 
>arabe. Soudain, il a frappé avec son poing. Cela avait l'air d'un coup 
>puissant. Mais la caméra était placée derrière lui et ne pouvait pas capter 
>où le poing a frappé. Sur son ventre? Sur sa poitrine? Ou a-t-il simplement 
>manqué son objectif et frappé dans le vide?
>
>Le MPI (Menteur de la Police Israélienne, jeune frère de son collègue de 
>l'armée) a donné une explication stupide. Mais il n'y a pas de meilleur 
>témoin que ses propres yeux. Le chef de district de la police, un officier 
>ayant le grade de général, a utilisé son poing alors qu'il discutait avec 
>une femme.
>
>Il n'y a eu aucun tollé public. Ni dans les médias, ni à la Knesset, ni au 
>gouvernement. Après tout, qui a envie de se disputer avec la police?
>
>[ Traduit de l'anglais – RM/SW ]
>
>____________________________________________________________
>
>Merci de faire circuler et de diffuser largement.
>
>Retrouvez cet article, et quantité d'autres informations, sur notre site, 
>sur lequel un formulaire permet de vous abonner ou de vous désabonner de 
>notre lettre d'informations:
>http://www.solidarite-palestine.org/
>
>
>


_________________________________________________________________
Get your FREE download of MSN Explorer at http://explorer.msn.com/intl.asp


---------------------------------------------------------------------
Ce message vous a été envoyé via le forum de discussion du site des AGE de l'UNEF, http://unef.org.
Pour intervenir sur le forum,envoyez vos messages à discussions@unef.org. Pour vous désabonner,envoyez un message à: discussions-unsubscribe@unef.org. Pour plus d'informations sur le fonctionnement du forum, écrivez à: discussions-help@unef.org