[discussions] Reglement de contes
Posté par Emmanuel Lyasse le 4/8.
piece jointe : TEXT/HTML
Je ne suis pas sûr qu'il soit très utile de continuer cette polémique sur
des faits qui sont connus, depuis longtemps, et dont chacun peut tirer les
conséquences. Il y a des débats plus indispensables.
Cependant, j'estime que ce message ne peut rester sans réponse.
Anthony nous explique avec candeur d'une part que les erreurs passées de la
MNEF étaient la faute exclusive du méchant Spithakis, d'autre part qu'il n'y
a aucune continuité entre la MNEF et la nouvelle ME, et qu'il faut également
traiter à part des deux autres la période marquée par le slogan rigolo "La
MNEF change pour vous".
C'est le genre de choses qu'il est dangereux de raconter même à un cheval de
bois quand on veut éviter des ruades.
Sur le premier point, chacun peut constater que les éléments de continuité
sont nombreux. Carine Seiler après Pouria Amirshahi en est un. Quant aux
élections démocratiques et transparentes... Anthony me fait quelques
concessions sur ce point mais prétend conclure en affirmant que "C'est la
démocratie, se présente qui veut, les adhérents tranchent". Cela est tout
simplement faux. Les conditions pour la constitution des listes étaient
telles qu'elles excluaient toute liste indépendante, que ce soit pour les
dernières élections de la MNEF ou les premières de la ME. Pour celles-là, la
circonscription quasi unique avec obligation de représentation d'un grand
nombre d'académie sur une liste avait été conçu par l'UNEF-ID pour lui
assurer le monopole de la présentation, et y a parfaitement réussi: chacun
sait que les trois listes en présence étaient composées presque
exclusivement de membres de l'U-ID. Pour celles-ci, le nombre de candidats
pour chaque circonscription était tel qu'il a conduit au même résultat. Que
ces modalités aient été fixées par la direction provisoire Chenu-Lab avec
pour but d'écarter l'UNEF-ID ne fait qu'ajouter une touche rigolote au
résultat. Je sais de quoi je parle pour avoir participé (ce n'est certes pas
ce que j'ai fait de mieux) à l'élaboration de la liste pour Paris I, II,
III, IV.
Il serait intéressant de savoir quel pourcentage des candidats présentés
n'étaient pas adhérents une semaine avant le dépôt. Il devrait être élevé,
ce qui serait significatif. Il l'était déjà qu'on puisse être candidat en
ayant adhéré la veille du dépôt des listes.
Quant à la participation, enfin, on aimerait des chiffres, et pas une
affirmation gratuite. On ne peut pas dire à la fois que c'était la première
fois que se tenait une telle élection et que la participation y fut plus
élevée que d'habitude.
Sur le deuxième point, je n'ai jamais parlé de direction de la MNEF par
l'U-ID. J'ai juste fait allusion au rôle plus que probable de deux groupes,
les deux principaux fondateurs de l'UNEF-ID. Des sources convergentes
laissent penser que la MNEF comme l'U-ID ont constamment été dirigées par
l'un ou l'autre de ces groupes, ou par leur alliance. Certains vont même
jusqu'à affirmer en privé que s'il n'y avait pas eu de MNEF, l'actuel
premier ministre ne serait pas là où il est.
En tout cas, il est clair que le lien organique entre MNEF et UNEF-ID n'a
jamais été aussi fort que durant les années Spithakis. Il suffit d'avoir
milité sur les facs alors pour l'avoir constaté. Il n'est pas évident de
dire laquelle dirigeait l'autre ou si, plus probablement, elles obéissaient
l'une et l'autre à une autorité extérieure aux deux, mais il est clair
qu'elles marchaient du même pas.
D'ailleurs, même si nous admettions avec Anthony que l'U-ID était totalement
étrangère à la gestion Spithakis, il nous faudrait noter qu'elle s'en est
fort bien accomodée, a constamment recommandé la MNEF aux étudiants dans les
mêmes termes qu'elle recommande aujourd'hui la ME, et n'a dénoncé cette
gestion qu'après tous les autres.
Si vraiment il y avait eu changement radical promettant au mutualisme
étudiant un avenir radieux, quel sens auraient toutes ces dénégations ?
Il semble clair que ceux qui durant toutes ces années ont fait tant de mal à
la fois au syndicalisme étudiant et au mutualisme sont fermement décidés à
continuer. Le tract déjà cité de l'UNEFexID sur les chaînes semble en être
une illustration flagrante.
EL
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De : "Anthony Whitney"
À : "Emmanuel Lyasse"
Objet : [discussions] mutualisme étudiant (suite et fin)
Date : Ven 3 aoû 2001 21:03
Oui ou non, la MNEF a-t-elle été accusée par des sources diverses et
convergentes d'avoir financé les activités politiques et syndicales d'un
certain nombre de personnes, en particulier de membres de deux groupes très
précis, qui ont fondé ensemble l'UNEF-ID en 1980 et émergé depuis dans le
PS, l'un le dominant finalement ?
La justice est saisie, un procès doit s'ouvrir par certains mis en examen
(pas coupables jusqu'à ce que des jugements soient rendus) début octobre.
Sur la question des rapports passés entre syndicalisme et mutualisme
étudiant je vous engage à parcourir le dossier établi par le GERME
(Groupement d'études et de Recherche sur les mouvements étudiants) et
notamment l'article de Robi Morder.
Je me contenterais de rajouter
1°) qu'après son accession au poste de trésorier puis de Directeur Général,
Olivier Spithakis s'est autonomisé de l'UNEF(ID), que jusqu'à 98 (soit 15
ans ...) les "syndicalistes étudiants" ont été écartés des instances
nationales de la MNEF (qui par ailleurs ne décidaient plus de grand chose)
dans lesquelles n'étaient plus placés, issus de listes uniques constituées
par le DG, que des étudiants dociles et ne faisant pas de vagues. foin des
fantasmes d'une MNEF dirigée par l'UID ...
et surtout 2°) que des relations font partie d'une histoire passée, et à sa
création la LMDE a d'une manière voulu en tourner la page, notamment et je
les re-cite dans le préambule de ses statuts lorsque ses fondateurs
écrivirent :
"(...) Notre effort de solidarité ne sera une réalité que si la gestion
rigoureuse de notre mutuelle est notre exigence première. Pour cela, il nous
faut offrir des complémentaires santé au moindre coût afin qu'elles soient
accessibles à tous. Nous nous engageons pour cela à n'investir aucun moyen
financier de la mutuelle sur des actions étrangères à son objet social,
ainsi nous permettrons à tous les étudiants de s'émanciper et de parvenir à
leur autonomie sanitaire et sociale. (...)"
Oui ou non, la ME a-t-elle repris l'ensemble des structures et la plupart
des cadres de la MNEF ? Beaucoup des "structures" de la MNEF notamment les
filiales ont été mises en liquidation en même temps qu'elle par les
administrateurs provisoires puis par le liquidateur ; les Maisons des Jeunes
et de la Santé (MJS) ont été revendues soit à la Croix Rouge soit à des
Unions départementales Mutualistes ; les mutuelles dites marseillaises (MIF)
ont coupées tous liens statutaires avec feu la MNEF après avoir été mises
sous administration provisoire et avoir organisées leurs élections.
Il faut distinguer les "cadres" dont beaucoup sont partis à l'automne 2000,
et la majorité des salariés qui ont toujours dans les Centres de Gestion,
Agences, Accueils, fait leur travail avec dévouement, par delà les tempêtes
et les rumeurs.
Oui ou non, les dernières élections au CA de la MNEF ont-elles porté à sa
présidence Pouria Amirshahi, président sortant de l'UNEF-ID, qu'on a dit la
principale bénéficiaire de l'argent de la MNEF durant la période précédente,
et qui avait la particularité d'avoir appartenu successivement aux deux
groupes sus-mentionnés ?
Les élections au printemps 99 à l'AGN de la MNEF ont porté majoritairement
une liste "Changer la MNEF" qui étaient soutenus par les Unefs et d'autres
associations, à diriger la MNEF au sein d'un CA qui a fait durant 7 mois ce
qu'il a pu, et un bureau dont j'étais, animé par Pouria. en sept mois il a
dû faire face au recours en justice visant à annuler les élections de l'ex
trésorier de la période spithakiste, Mathieu Séguela, puis aux négociations
avec la CNAMTS sur les remises de gestion ... puis enfin aux diktats de la
Commission de Contrôle des Mutuelles (CCMIP) qui n'a jamais tant contrôlé la
MNEF qu'après qu'Olivier Spithakis n'en fût plus le Directeur Général ...
Oui ou non, les premières élections de la ME ont-elles porté à sa présidence
Carine Seiler, présidente sortante de la même ?
Etre président(e) de l'UNEF ID ne disqualifie pas des camarades pour animer
une mutuelle. dès lors qu'il est clairement déterminé que si le syndicalisme
et le mutualisme ne sauraient s'ignorer, il s'agit de deux structures qui
doivent chacune respecter l'autonomie de l'autre, et je renvoie à la
déclaration du CA de la LMDE fixer les orientations de la nouvelle
direction, à l'AGN LMDE des 23-24 juin derniers, que je re-cite, cf.
notamment le 4/ :
1) Jouer un rôle de conquête sociale (remutualisation du monde étudiant,
meilleure prise en compte de la situation sanitaire et sociale étudiante par
la facilitation de l'accès aux soins, renforcement de la prévention,
éducation à la santé ...)
2) Améliorer la qualité de service (développement tiers payant, amélioration
délais de remboursement, ...)
3) Tout mettre en oeuvre pour conquérir l'indépendance économique de la
mutuelle (mesures d'économie en interne, mais aussi de dégagement de
recettes nouvelles, obtention d'un financement pérenne accru des pouvoirs
publics du Régime étudiant de sécurité sociale)
4) Syndicalisme et mutualité étudiante : un apport mutuel : "dans le cadre
de l'autonomie des acteurs, la LMDE et le mouvement étudiant entretiendront
des liens privilégiés car depuis la Charte de Grenoble qui a donné naissance
à la fois au syndicalisme étudiant et au régime de sécurité sociale
spécifique, les droits sociaux et les droits sanitaires sont intimement
liés. La réflexion commune et les campagnes communes seront privilégiées à
toutes les étapes."
Oui ou non, ces merveilleuses élections dont tu loues la transparence
ont-elles été gagnées par l'UNEF-ID dès le soir du dépôt des listes, faute
d'un nombre suffisant de listes présentées en face ?
Sur à peu près la moitié des sections de vote on était en situation de liste
unique. Cependant d'une part sur celle ci on doit quand même relever une
forte participation, inhabituelle en mutualité ; et sur la moitié des autres
où il y avait "duel" les listes soutenues par l'UNEF ID ont très nettement
recueilli la majorité des suffrages des adhérents de la LMDE. C'est la
démocratie, se présente qui veut, les adhérents tranchent. Ces élections
étaient prévues depuis la fondation au printemps 2000 de la LMDE.
Oui ou non, la grande majorité de ceux qui avaient monté une coalition
hétéroclite contre l'UNEF-ID, dont la noblesse des intentions restent à
prouver, qui ont réussi à perdre comme dit plus haut une élection qu'ils
organisaient de bout en bout (avantage qu'ils ne se sont pas privés
d'utiliser pourtant), ont ils été ralliés dans le cadre de la prétendue
réunification ?
A ma connaissance la FAGE qui par certaines de ses fédérations a soutenu des
listes adverses à celles de l'UNEF ID, n'a pas participé à l'unification
syndicale ...
Oui ou non, compte tenu de ce qui précède, peut-on faire confiance à une
mutuelle dont Carine Seiler est présidente et Karine Delpas secrétaire
générale ? Tu as ton analyse, tes convictions, j'en ai d'autres. Je souhaite
que cette mutuelle vive de même que le Régime étudiant de sécurité sociale.
Cela devrait rassembler par delà des antagonismes passés, des combats
électoraux et locaux entre organisations ... la mutuelle c'est autre chose.
Je n'amagalme pas les niveaux et espaces d'engagements.
Je ne vois pas quoi ajouter de +, il ne me semble pas y avoir là matière à
polémique (s'agissant de la LMDE), distinguons les débats : sur la MNEF
spithakiste, sur les 7 mois de la MNEF entre avril et novembre 99 dirigée
par l'équipe issue des Unefs, et sur la LMDE : il ne s'agit pas des mêmes.
Ni de contes de fée.
aw