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Posté par Anthony Whitney le 2/8.

piece jointe : TEXT/HTML
Je ne reviendrais que sur certains points pour apporter des correctifs ou nouveaux éclairages en gras & entre étoiles, dans le corps du mail, notamment sur les questions du cadre national, de la sectorisation, et enfin concernant ma pomme (même si j'ai conscience de longue date que c'est s'agissant de de dernier point, il soit bien secondaire face aux questions engageant l'avenir de notre Université ...)
aw
    -----Message d'origine-----
    De : Emmanuel Lyasse 
    À : discussions@unef.org 
    Date : jeudi 2 août 2001 13:16
    Objet : [discussions] Reponse à Anthony
    
    
    Mais je crois que tu fais une erreur fondamentale. Je ne pense pas que le rôle d'un représentant étudiant soit d'aider le gentil ministère à lutter contre les méchants universitaires, et à déplorer quand le gentil ministère n'est pas assez combatif à son goût. ***Je n'ai pas écrit que je considère que le rôle d'un représentant-syndical-étudiant fût celui là, je considère et maintiens que la loi fait obligation légale au Ministère de l'Education National d'exercer une tutelle par un contrôle de légalité et de la conformité réglementaire des délibérations des Conseils d'Administrations des Etablisssements à caractère Public, Scientifique, Culturel et Professionnel. La loi du 26 janvier 1984 (articles 23 et 46) a confié cette responsabilité aux Recteurs Chanceliers des Universités qui peuvent suspendre des délibérations voire les déférer par voie d'urgence devant le TA (qui statue dès lors sous huitaine) : c'est arrivé très rarement. Trop rarement parce que l'autonomie des Universités n'est pas régulée, et que la tutelle fuit ses responsabilités cf. droits d'inscription illégaux généralisés etc. Il ne s'agit pas de bonté mais de la Loi de la République. *****
    Il me semble qu'il n'y a pas besoin d'être très marxiste pour refuser de présupposer la bonté naturelle des ministres et des ministères. Il suffit même d'une simple démarche expérimentale pour constater que la politique de casse du service public menée depuis plus de trente ans, planifiée depuis plus longtemps encore part du ministère (c'est-à-dire bien sûr du pouvoir qu'il incarne). 
    
    On ne peut pas juger un pouvoir à ses déclarations d'intentions. C'est ce que tu sembles faire. 
    *****Non. Et l'UNEF ID n'a eu de cesse de dénoncer l'écart considérable entre discours et réalité sur la question du cadre national, d'une utilisation par les universités de leur autonomie sans qu'un contrôle effectif joue etc.********
    On ne verra jamais un gouvernement en France se prononcer contre le service public. Pourtant, ils ont tous, depuis des années, contribué à le détruire, et pas seulement dans l'Education nationale. Tout le monde est pour la valeur nationale des diplômes. On invente même leur valeur européenne (j'ai démontré ailleurs que c'était une escroquerie par nature) Mais on la détruit progressivement. Le système même de l'habilitation des maquettes par le CNESER y contribue largement. On peut se donner l'illusion d'y mener des combats de retardement, mais elle consacre le caractère de plus en plus flou du cadre national depuis la loi Faure.
    *******En quoi la loi Faure garantissait elle un cadre national supérieur à celui de la loi Savary j'attends que démonstration m'en soit faite ! et à l'inverse je maintiens que la principale garantie aujourd'hui du cadre national des diplomes C EST leur habilitation devant le CNESER. J'ai personnellement et mes successeurs de même passé en revue plusieurs centaines de maquettes en quelques jours pour y relever les infractions à la réglementation et demander au Ministère la mise en navette de ceux ci pour une mise en conformité. Ce qui a été obtenu pour la plupart des dossiers concernés. Il ne s'agit dès lors ni d'illusions ni de combats de retardements quand sur diverses formations l'anonymat des copies d'examens est gagné, les notes éliminatoires supprimées par exemple. Mais du respect des droits étudiants et de la réglementation. 
    Ce qui est profondément anormal et scandaleux c'est que ça dépende de l'action d'élus nationaux pugnaces ... en bonne logique c'est le travail des bureaux du Ministère que de s'assurer de la conformité des maquettes. Alors ils le font mais souvent de manière trop sélective, pas systématique, et les dossiers des Universités remontent souvent très tard et sont souvent trop imprécis. Le diable se cache dans les détails ... Et pour examiner tous les détails de milliers de maquettes les moyens en temps et en bras manquent aux fonctionnaires du Ministère.
    Si demain l'habilitation devant le CNESER était supprimée alors oui il n'y aurait plus de cadre national. 
    Ou encore si la procédure d'habilitation actuelle des diplômes devait être ALLEGEE comme le recommandait le rapport Attali, et comme s'y engage malheureusement l'actuel Ministère LANG (cf déclaration du 5 juillet devant la CPU diffusée sur ce forum, ET la note de la direction de l'enseignement supérieur du 12 juillet diffusée aux membres du CNESER et dans les Universités) ALORS OUI ENCORE le cadre national serait remis en cause, affaibli, attaqué. Et les syndicalistes seraient en première ligne pour le défendre n'en doutes pas.**********
    
    On peut trouver d'autres exemples. Tu sembles ignorer, ou vouloir ignorer, que c'est la loi Savary, dont tu chantes les louanges, est celle qui a permis le système RAVEL, cette odieuse machine à ne pas inscrire les bacheliers dans la filière de leur choix. Il est vrai que ton UNEF a semblé s'en accommoder, au contraire de la nôtre qui a porté sur les chaînes la revendication "RAVEL au placard !", que nous avons gardée quand la direction Pailleron l'a oubliée 
    *****RAVEL ... Oui le fait d'avoir introduit via RAVEL le fait d'indiquer deux voeux, voire d'essayer comme le font souvent les Rectorats les étudiants demandant une inscription dans des filières saturées est hautement contestable, et dénature/dévoie le principe fixé par la loi.
    Mais je distinguerais ce point de celui de la sectorisation.  La loi de 84 fixe le droit à la filière de son choix PAS à l'Université de son choix. Ce qui n'est pas la même chose. 
    De même que pour l'enseignement secondaire où il est de notoriété publique qu'il y a des stratégies de contournement de la sectorisation/de la carte scolaire par les parents issus des classes (CSP) favorisées notamment par la demande d'options rares (on n'a jamais autant plébescité le japonais par exemple ...)
    De même dans le Supérieur, On ne se cachera le phénomène de "réputation" de certaines Universités (de Paris centre), certains seconds cycles étant tellement vantés que souvent certains étudiants essaient de changer de fac' pour leur deuxième année de Deug et plus souvent pour la licence (pour avoir accès à LA maîtrise au Directeur de Recherche côté/réputé dans son secteur, qui d'ailleurs l'est tellement qu'il accepte à tour de bras des étudiants dont qu'il n'a pas le temps d'encadrer ... dès fois à peine celui de lire leur mémoire ... etc.)
    Alors oui, comme nous ne nous inscrivons dans une mise en concurrence entre les Universités, parce qu'il s'agit d'un Service Public, et que la valeur d'un DEUG d'une Université A et B est pour nous la même nous ne sommes pas hostiles à la sectorisation. Il n'y a pas de bonnes et mauvaises Universités. Il y a des Etablissements Publics participant à un Service Public.**********
    Je te ferai, tout à fait amicalement, le reproche d'avoir été, pendant toutes tes années CNESER, beaucoup plus au ministère que sur les facs, et d'avoir eu ainsi un point de vue biaisé.
    ********Nullement. J'ai été durant ces années d'exercice syndical toujours fidèle à une vieille campagne de l'UNEF(ID) : "L'UNEF au coeur des amphis" assistant à mes séminaires de maîtrise et de DEA chaque semaine, tout en étant élu CNESER et Vice président étudiant. 
    Ma porte a toujours été ouverte aux étudiants ici pour des problèmes de jurys, d'étudiants étrangers en proie aux persécutions tracassières des préfectures etc. 
    Ou comme élu au CROUS de Versailles où avec mes camarades ce qui m'intéressait c'était de mettre en échec l'augmentation des loyers des cités U (on y ait parvenu deux fois), permettre la vente des tickets RU à l'unité, améliorer la coordination Crous-Universités sur le plan de l'aide sociale, et de la politique culturelle ... mettre en échec la fermeture de restos U (à Cergy deux restos U dont l'un en plein coeur d'une cité U) sous couvert de rentabilité insuffisante (si on suivait cette logique libérale on fermerait la plupart des Services publics), gagner davantage de démocratie et d'association des élus des conseils de résidence (mise en place d'un conseil académique des conseils de résidents se réunissant régulièrement à chaque fois dans une résidence différente) etc.
    alors oui, souvent les journées étaient longues, fatiguantes, et peu de temps pour ma pomme, (et une maîtrise en deux ans aussi). Mais je ne le regrette pas, parce qu'avec d'autres camarades j'ai le sentiment, sans m'être coupé de la base, d'avoir fait oeuvre utile. et je ne dis pas ça pour m'envoyer des lauriers, ce n'est pas une question d'orgueil, mais de conviction : comme syndicaliste on est là pour lutter, pour améliorer les conditions d'études des étudiants. 
    Dans mon IUFM je n'ai pas fait essayé autre chose en faisant sauter les frais de dossiers illégaux pratiqués de manière éhontée (l'entrée est sélective, alors même si tu n'es pas pris, et souvent tu double candidate, et bien tes frais de dossiers pouvant aller jusqu'à 250f selon les Académies, ne te sont PAS restitués : ça s'appelle traiter les étudiants comme des vaches à lait qu'ils ne sont pas !) et en luttant contre la révision à la baisse du volume horaire des maquettes des préparations aux concours d'enseignants***********
    On retrouve cela aussi dans ta pensée réunificatrice finale. *******Encore une fois, non. sans revenir sur les processus unificateurs des deux dernières années, ce qui serait bien trop long ... souvent localement l'insuffisance des débats a aussi payé des années d'incompréhensions, d'affrontements électoraux, de conflits personnels entre militants (un "vécu"), qu'il s'agissait et s'agit encore de dépasser.
     je l'écrirais inlassablement : recherchons ce qui unit, rassemble, agrège. ce qui permet de peser plus efficacement pour la défense des intérêts et des droits étudiants. une organisation syndicale gagne par la diversité de ses composantes, des camarades qui la constitue, la pluralité est une richesse. et pour les syndicalistes ayant à coeur de gagner davantage d'étudiants à l'engagement collectif je maintiens qu'il y aura toujours un bout de chemin à faire ensemble dans les manifs, dans les élections, dans les combats quotidiens. 
    alors oui j'ai l'espoir que le processus d'unification et de refondation syndicale se poursuive par de nouvelles étapes et que d'autres copains y participeront. à chacun(e) aujourd'hui et demain de faire ses choix.
    anthony whitney. syndicaliste étudiant.*********
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