[discussions] reflexions-actions pour les precaires a l'Universite
Posté par David DUMAS le 5/4.
>Bonjour a tous.
>Je viens de recevoir ces textes d'un collectif d'enseignants precaires de
l'Universite Lyon 2.
>Ce texte pose quelques problemes reels concernant les doctorants et
post-doctorants (tant humains que professionnels) et il peut servir de base
pour un debat et lancer des moyens d'action. Ce collectif cherche des
temoignages directs concernant la "surexploitation" dont sont le plus
souvent l'objet les enseignants precaires, mais aussi des manifestations de
soutien (ne serait-ce qu'un simple mail ). Enfin, il souhaite pouvoir
toucher le plus de personnes possible dans les differentes universites (UFR
et IUT). Merci, donc, de bien vouloir rediffuser ces textes à toutes
personne interessee (enseignant ou non, titulaire ou non).
>
>Pour adresser des messages de soutien, ou bien des temoignages directs, ou
encore pour prendre contact avec ce collectif , voici l'adresse mail qu'il
convient donc de faire connaitre:
>
>vacatairesuniv@yahoo.fr
>
>A bientot,
>
> David.
>
>
>Un premier message du collectif:
>--------------------
>
>LA PRÉCARITÉ À L'UNIVERSITÉ :
>LE CAS DES ENSEIGNANTS-CHERCHEURS VACATAIRES
>
>Le texte qui suit résulte de la mobilisation de jeunes chercheurs doctorants
>et post-doctorants effectuant pour la plupart des vacations d'enseignement à
>l'université.
>
>Il existe des situations dans lesquelles la précarité est considérée de
>manière quasi officielle comme la norme : c'est le cas des enseignants
>vacataires. Depuis quelques années déjà, les vacataires d'enseignement sont,
>dans leur grande majorité, des doctorants ou post-doctorants et tendent à
>constituer un corps enseignant parallèle, parfois indispensable au
>fonctionnement de certaines filières. Un corps enseignant convoqué et
>révoqué au gré des besoins, ne nécessitant ni formation spécifique ni réelle
>intégration aux équipes pédagogiques en raison du caractère temporaire de
>leur prestation, et dont le "prix de revient" est infiniment moindre que
>celui des enseignants titulaires. Les vacataires, payés à l'heure, sont
>censés cotiser soit par le biais de la couverture sociale étudiante (jusqu'à
>28 ans), soit par leur activité professionnelle principale (au minimum un
>mi-temps).
>Rares sont ceux qui remplissent ses conditions et lorsqu'ils ont un emploi
>principal, c'est le plus souvent à titre "alimentaire" sans lien avec
>l'apport professionnel censé justifer leur intervention en tant que
>vacataire. Les missions pédagogiques qui leur sont confiées excèdent de
>loin, en termes de préparation, d'enseignant, de surveillance d'examen, de
>correction, etc., la simple intervention ponctuelle mais revient au
>contraire à leur faire assumer toutes les tâches d'un enseignant classique.
>Flexibilité, charge de travail importante, ambiguïté du statut, conditions
>de rémunération inadaptées (paiement trimestriel), moindre coût pour
>l'employeur : tout indique que l'on a affaire à une population d'enseignants
>"au rabais" (au sens propre).
>Le recours croissant de l'université aux vacataires, conjugué à la
>nécessité, pour les doctorants et post-doctorants, de justifier d'une
>expérience d'enseignement pour passer les étapes de la qualification et du
>recrutement, conduit à entériner des situations de porte-à-faux, parfois aux
>limites de la légalité : utilisation de prête-noms ou fausses déclarations
>car certains n'ont pas d'emploi principal. C'est que les vacations
>d'enseignement apparaissent aussi comme le seul moyen de financer une
>recherche tout en exerçant ses compétences, les jeunes chercheurs
>bénéficiant d'une "situation" universitaire favorable restant l'exception :
>un poste ATER, une allocation de recherche ou une bourse doctorale sont une
>sorte de bénédiction ponctuelle temporaire de surcroît - que l'écrasante
>majorité ne connaîtra jamais.
>
>Nous demandons que soit prise en considération l'évolution de la situation
>des étudiants chercheurs et des post-doctorants : au vu de ce que l'on exige
>d'eux aujourd'hui, ils doivent être considérés comme des
>enseignants-chercheurs en cours de formation. Afin qu'aucune confusion ne
>soit possible entre les différentes formes juridiques qui régissent le corps
>enseignant (titulaire, contractuel, détaché ou vacataire), nous demandons la
>création d'un nouveau statut qui prenne en compte tous les aspects du
>travail doctoral et post-doctoral. Ce statut, concernant toutes les
>personnes inscrites en thèse ou en attente de poste après la thèse pourrait
>être résumé comme suit : enseignant-chercheur contractuel en insertion
>professionnelle. Les modalités de définition de ce statut restent à définir
>: la forme juridique, la durée, les modes de recrutement, la salarisation...
>C'est pourquoi nous proposons une réflexion de fond, mais nous demandons
>aussi que soient prises le plus rapidement possible des mesures concrètes et
>précises concernant les vacataires car un nombre croissant d'entre nous se
>trouve dans une situation réellement difficile à cause du paiement différé
>des heures d'enseignement, et certains risquent de ne pas être payés parce
>que leur situation juridique n'est pas conforme aux exigences de
>l'administration.
>Nous demandons donc, le plus rapidement possible, pour l'ensemble des
>vacataires :
>1 - la mise en place du réglement mensuel des heures effectuées, ainsi
>qu'une mesure de paiement de tous les vacataires, quelle que soit leur
>situation administrative.
>2.- La revalorisation du statut de vacataire par l'attribution de la prime
>de l'enseignement supérieur (dont bénéficient les ATER) en fonction des CM
>assurés ainsi qu'une rémunération pour les surveillances d'examen, les
>soutenances et suivis de mémoire et les correction de copies.
>3.- l'autorisation officielle et uniforme de la signature de conventions
>entre l'université, ou les facultés, et les associations afin que les
>personnes puissent être salariées de manière légale.
>
>Le collectif des enseignants-chercheurs vacataires de l'Université
>Lumière-Lyon 2
>
>Si vous souhaitez réagir, participer aux réflexions, ou seulement soutenir
>(les titulaires seraient les bienvenus), laissez vos messages et vos
>coordonnées à notre adresse électronique (aucun nom n'est diffusé) :
>vacatairesuniv@yahoo.fr
>
>__________________________
>
>Un autre message du collectif:
>--------------
>
>Bonjour,
>
>Nous nous sommes réunis ce Mercredi 7 Mars pour
>déterminer la suite de notre action et faire le point
>des soutiens reçus après la diffusion de notre texte.
>
>Une cinquantaine de messages de soutien nous sont
>parvenus dont la lecture fait apparaître assez
>clairement, ce dont nous nous doutions, que les
>conditions faites aux enseignants précaires
>(vacataires, ATER..) sont aujourd'hui de plus en plus
>dégradées...
>Dans de nombreuses facs en effet, les menaces qui
>pèsent sur les vacataires pour le non renouvellement
>des charges de cours se font de plus en plus précises
>(sous couvert souvent de l'argument démographique - la
>baisse annoncée des effectifs étudiants pour les
>prochaines années - alors même que le taux
>d'encadrement des étudiants par des enseignants
>tutulaires n'a pas suivi en proportion la croissance
>des effectifs étudiants depuis vingt ans et a donc
>régresser au profit des prags, past et des précaires).
>Leur fonction "d'enseignant jetable" est de moins en
>moins euphémisée : certains collègues rapportent que
>des titulaires ont pu leur demander d'assurer des
>enseignements de manière bénévole ; dans certaines
>facultés, il a été décidé que les vacataires seraient
>arbitrairement remplacés tous les trois ans ;
>ailleurs, des vacataires se sont vus signifier l'arrêt
>de leur fonction à la fin du semestre du jour au
>lendemain et sans qu'aucune raison ne leur soit
>donnée... Nos informations nous permettent par
>ailleurs d'affirmer que des consignes ont été données
>aux présidents d'université pour faire la chasse aux
>situations illégales de vacataires qui utilisaient,
>parfois au su de tous, des prète-noms faute de
>disposer d'un emploi principal...
>De même, la sur-exploitation des vacataires ou des
>précaires face au sous-encadrement en enseignants
>titulaires est aujourd'hui patente. On demande de plus
>en plus (comme nous le rapporte un collègue d'une fac
>de l'est de la France) aux enseignants précaires de
>prendre en charge des tâches non prévues à leur niveau
>de qualification et, bien sûr, non rémunérées (ou
>alors à la faveur de quelques gymnastiques
>administratives illégales qui, celles-ci, sont
>"légitimes") : responsabilité d'année, séminaires de
>maîtrise, CM déguisés en TD...
>Il n'y a là, bien sûr, aucune contradiction entre d'un
>côté l'intensification du turn over et le débauchage
>parfois accéléré (et sans fard) de certains vacataires
>et de l'autre, une pression acrue des employeurs sur
>ceux qui restent. L'air de la précarisation de masse
>dans l'enseignement supérieur est arrivée.
>Vos messages et soutiens nous paraissent fort utiles
>et encourageants parce qu'ils permettent de constituer
>un réseau dans les diverses universités susceptibles
>de rendre compte des situations diverses, d'élargir
>l'action et d'enrichir la reflexion collective sur la
>précarisation.
>Pour la poursuite des actions, nous avons décidé de la
>mise en place de groupes de travail (auquel chacun
>d'entre vous peut participer via notre adresse E-Mail)
>qui puisse permettre d'organiser les échanges entre
>nous sur divers points :
>
>PUBLICISATION / COMMUNICATION
>Si comme nous le dit une des interlocutrices,
>"l'isolement est bien la meilleure arme de
>l'administration", il nous a paru important de
>demander à ceux qui le souhaitent de nous faire part
>de leur situation personnelle (comme certains dans
>leur message l'ont fait spontanément) et d'évoquer
>leur condition de recrutement, de travail voire
>d'exploitation. Il nous semble, en effet, que la
>méconnaissance des réalités concrètes, entre nous et à
>l'extérieur, nuit à la bonne appréciation des
>phénomènes et à la prise de conscience générale des
>situations. N'hésitez pas à nous envoyer, si vous le
>pensez utile, un récit de votre expérience. Nous vous
>assurons (c'est le moins qu'on puisse faire) le
>respect total de votre anonymat et nous tenterons de
>faire une synthèse des témoignages pour éventuellement
>les envoyer aux diverses organisations syndicales, aux
>médias... et les faire circuler entre nous.. De même,
>des mouvements de mobilisation sur la question des
>vacataires ou de la précarisation de l'université ont
>déjà eu lieu par le passé (comme nous l'indique
>plusieurs de nos interlocuteurs).. il nous paraitrait
>important d'en savoir plus sur l'histoire de ces
>mouvements (n'hésitez pas à nous envoyer des articles
>parus das la presse ou dans des revues spécialisés,
>les textes revendicatifs..., cela afin de constituer
>un dossier de presse sur les protestations de ces
>dernières années..
>
>REFLEXION SUR LE STATUT DES VACATAIRES
>Nous avons dans notre texte proposé de réflechir sur
>ce que pourrait être un nouveau statut des vacataires
>que nous avons désigné de la façon suivante :
>"enseignant-chercheur contractuel en insertion
>professionnelle". Il nous semble que ce statut permet
>de distinguer le doctorant ou post-doctorant qui se
>destine à l'enseignement et à la recherche
>universitaire des intervenants extérieurs qui viennent
>à l'université dispenser quelques cours dans leur
>domaine de spécialisation. Mais des questions se
>posent encore, sur le plan juridique, notamment pour
>les rapports avec les enseignants du supérieur (nous
>ne voulons pas en particulier qu'un nouveau statut
>puisse être un alibi pour ne pas embaucher des
>titulaires, et soit donc converti en nouvel instrument
>de précarisation de l'université...). Si vous avez des
>idées sur ce point, il nous semble important de
>pouvoir aboutir à une définition claire d'un nouveau
>statut qui pourrait (pourquoi pas) servir de base à
>une plateforme revendicative nationale sur le statut
>des vacataires.
>
>RELATION AVEC LES ORGANISATIONS SYNDICALES ET LES
>MOUVEMENTS EN COURS
>Des mouvements de grèves ou des mobilisations sont
>apparues dans plusieurs facultés ces dernières
>semaines, et pas seulement dans les facs de sciences
>humaines et sociales (même si, pour une large part,
>les messages qui nous sont parvenus, suivant nos
>réseaux de relation, proviennent pour l'essentiel de
>ces facs). Nous vous demandons de signaler, si cela
>vous est possible les mouvements dont vous auriez
>connaissance pour que nous puissions contacter les
>gens dans les facs, connaître les raisons des conflits
>en cours.
>Par ailleurs, les organisatins syndicales ferraillent
>depuis plusieurs années sur le problème de la
>précarité dans la fonction publique. Nous avons déjà
>contacté diverses organisations à ce jour, mais nous
>devons, nous semble-t-il, accentuer notre travail dans
>cette direction de manière à les informer le plus
>largement possible de notre action. Si vous avez des
>coordonnées de reponsables régionaux ou nationaux des
>divers syndicats, vous pouvez nous en faire part, ou
>si vous voulez vous associer à nous pour cette
>démarche... vous êtes les bienvenus.
>
>RECHERCHE SUR LA PRECARISATION A L'UNIVERSITE
>Enfin, une des personnes fait part d'une démarche qui
>avait été menée dans une fac, il y a plusieurs années,
>où il avait été question d'organiser un "colloque" sur
>la précarité à l'université.. Bien que cela procède
>d'un travail sur le long terme (et donc ne s'inscrit
>pas dans le même ordre de temporalité que nos
>revendications présentes), nous sommes tout à fait en
>phase avec ce genre de proposition qui pourraient, si
>l'idée était reprise, permettre d'ébaucher un débat
>plus largement sur les évolutions aujourd'hui de
>l'université et de l'avenir qui s'y dessine tant au
>plan de l'enseignement que de la recherche... qui doit
>rester une mission essentielle de l'université.
>
>Pour notre part, nous continuons à tenter de mobiliser
>nos collègues et les titulaires de notre université
>pour organiser une réunion interfacs dans le courant
>du mois d'avril (la nécessité de garder l'anonymat
>nous porte à la prudence) et à tenter de mobiliser
>(via le mail) plus largement ceux et celles qui se
>retrouvent dans cette lutte. Si vous en avez le
>souhait et la possibilité, il pourrait être
>intéressant d'organiser - ce n'est pas toujours
>facile, mais bon... - dans votre propre fac aussi une
>action ou reflexion qui puisse également mobiliser
>d'autres collègues autour de vous. Nous attendons donc
>vos réactions et votre éventuelle participation aux
>groupes de travail.
>
>A bientôt
>
>PS : quelques remarques nous ont été faites à propos
>de notre texte pour nous demander de précisions
>notamment sur la prime d'enseignement que nous avions
>associée à la prise en charge de CM. C'était une
>erreur de notre part, nous demandons qu'elle soit
>versée à tous les vacataires, comme elle l'est chaque
>fin de semestre aux enseignants
>titulaires(MdC.,professeurs, Prags ainsi qu'aux ATER
>et moniteurs). Des précisions, par ailleurs, seront
>apportées, pour ce qui concerne la reconnaissance de
>convention signée avec les associations par les
>universités... Ce point n'étant pas toujours compris
>(et exprimé de manière trop floue de notre part) sera
>rectifié dans une prochaine version du texte qui
>tiendra compte de vos "amendements"...
>
>____________________________
>
>Pour tout contact avec le collectif: vacatairesuniv@yahoo.fr
>
David DUMAS
Laboratoire de Génétique et Environnement
Institut des Sciences de l'Evolution
Université Montpellier II
C.C. 065
34095 Montpellier cedex 5
Tel : (33) 467144633
Fax : (33) 467143622
E-mail : dumas@isem.univ-montp2.fr
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