Répondre à ce message - retour au sommaire de la page  

[discussions] =?x-user-defined?Q?jack_lang_=E0_la_CPU_le_23_mars_:_autonomie_des_univer?= =?x-user-defined?Q?sit=E9s_tout_azimut_!?=

Posté par Anthony Whitney le 25/3.

piece jointe : TEXT/HTML
Pour insertion sur le forum de l'UNEF

*** Lang attaque tout azimut lors de son intervention à la CPU à Lille vendredi pour une autonomie élargie des universités : pédagogique, administrative, financière ! 
je suis vraiment très inquiet, je l'étais déjà lors de ses réactions aux propositions de la mission Claeys, mais là ses déclarations me semblent vraiment gravissime. Je reprends ci dessous les citations de la depeche AEF de vendredi, il faudrait voir d'urgence sur le site du Ministère ou auprès de la CPU à récupérer le texte complet de son discours. 

Sachant que s'il maintient sa volonté (Lang change souvent pour ne pas faire de vagues), ça passerait par une modification de textes règlementaires notamment par les points 2 et 4, tout ne peut pas passer par des circulaires signés sur le coin de son bureau intégrées dans le cadre de la politique contractuelle ministérielle.

Ce colloque annuel de la CPU consacrait à Lille ses travaux, ce n'étais pas neutre à l'autonomie des Universités, "facteur d'éclosion" pour Lang qui évoque un changement de statut des universités pour leur donner plus de "souplesse",
1/ leur autonomie doit pour lui progresser dans le domaine de la formation et nous retrouvons la proposition Attali qui m'avait le plus scandalisé sur cet aspect : Lang s'interroge sur "l'autorisation préalable de délivrance d'un diplôme" et sur l'opportunité d'instaurer une évaluation a posteriori.

Autrement dit on laisserait les étudiants s'engager dans des voies de garages, ou des diplômes dont le contenu, l'organisation peut ne pas être règlementaire pour les évaluer après coup (en les fermant, ou demandant des correctifs) : les étudiants ne sont pas des rats de labos et le cadre national et la campagne d'habilitation ne pourraient ainsi être vidées de leur contenu sans de graves conséquences ! C'est là encore une fois gravissime. 

Sans peu de se contredire, Lang indique cependant sa volonté de "maintenir le caractère national des diplômes".
"Et en passant il juge que la règlementation de 1997 dite "loi Bayrou (quand est ce qu'ils intégreront qu'il s'agit d'un Arrêté, mais bon même les ministres même juriste de formation méconnaissent la règlementation qu'ils sont pourtant censés faire respecter...) est trop rigide" et qu'une réflexion sur son adaptation pourrait être engagée" Mon intuition me dit que ce n'est pas pour élargir la compensation, la capitalisation, la tenue en septembre de la deuxième session, uen règlementation nationale des examens ...
 
Il ferait mieux de prendre les rapports particuliers de l'IGAEN sur chaque Université qui restent TOUJOURS confidentiels et dont il est seul destinataire (par exemple sincèrement Demichel perso n'y a pas accès) et qui relèvent chaque années des séries de perles d'Universités ne respectant pas la loi et la règlementation. Et généralement malgré les recommandations de l'IGAEN que fait le Ministre : rien.
Le dernier rapport général de l'IGAEN est d'ailleurs sorti récemment il est é-di-fiant. Bien sûr à Lille il n'en a pas été question !

2/dans la gestion de leurs locaux : les universités propriétaires de leurs locaux ça n'aurait "rien d'extravagant" (sic) pour les universités "qui le souhaitent" (ben voyons à la carte !), le système actuel où tout est géré à Paris est "d'un autre âge" (à ce rythme là je veux bien être un archéo si la modernité c'est ça !)

3/ dans la gestion de leurs personnels "il est clair que les universités manquent de possibilités d'intervention" (bien sûr, demandes l'avis des camarades des syndicats de IATOSS, ils vont s'étouffer ...) et que la définition du service des enseignants (le nombre d'heures d'enseignements) est difficillement réalisable étant donné les nouvelles missions qui incombent aux enseignants. Et il évoque (les bras m'en tombent) que la possibilité (toujours à la carte !!!) que le service d'enseignement soit fixé par chaque université, un contrat liant alors l'établissement à l'enseignant (des contrats par enseignants, Madelin est ravi, autant dire qu'il passe à la même moulinette cadre national et statut des fonctionnaires !)

4/dans leur gestion budgétaire, citant l'exemple "vital" qu'elles aient la maîtrise ...des bourses pour les étudiants étrangers. 
Non c'est pas vrai...
Cette volonté de générer des systèmes à plusieurs vitesses, et de l'arbitraire, des inégaltiés entre étudiants est tout simplement intolérable. Pourquoi ne pas demander (d'ailleurs ils sont toujours soumis à visa de la CPU...) aux présidents d'universités de faire la règlementation à la place du ministère (les décrets et arrêtés) ce serait plus simple. Là je force le trait mais vraiment je ne sais pas qui lui a écrit ce discours, sachant que Lang a régulièrement confessé, qu'il n'avais pas beaucoup réfléchi sur le Sup' 
 
**La perle : il évoque plusieurs conditions à l'autonomie des Universités, notamment la politique contractuelle, qui doit être développée. "Les universités seront réellement autonomes le jour où la politique d'établissement et les moyens afférents figureront dans le contrat" Là il a la palme académique pour la décennie : de qui dépendent les moyens pas des Universités, mais de lui. 
Ces propositions et propos relèvent presque de la provocation de base dans un contexte où des étudiants certaines Universités se mobilisent devant l'insuffisance des moyens budgétaires ...
 
** Et reprenant à son compte certaines des propositions de la mission Claeys (toujours elle, décidément il kiffe ce rapport !) qui ne fait pas l'unanimité de la CPU sur un point notamment : de rendre le mandat de président renouvelable, en intégrant le problème de concomitance entre les mandats des présidents et des conseils. 
Bien sûr ... on a supprimé le septennat dans la vie politique, aussi établissons le décennat pour les Présidents d'universités ! pour favoriser le mandarinat et la sclérose académique je ne vois pas mieux. 
Pourquoi ne pas généraliser l'éméritat non plus (la direction de recherche par des profs à la retraite)

**Un mot gentil pour les étudiants avec le souhait d'"une prise en compte plus globale de la vie étudiant, de la vie des enseignants, de la vie des campus", son souvenir du forum d'Anima Fac' sans doute.
 
Vraiment je suis partagé entre la consternation et l'indignation. J'aurais attendu ces propositions là de la part d'une autre majorité politique ...
 
 
syndicalement
anthony whitney