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[discussions] la grêve à Nantes ?

Posté par Cen UNEF le 23/3.

piece jointe : TEXT/PLAIN
Avec un peu de retard, voici le tract distribué par le CEN-
UNEF lors de la journée du 22 Mars dans la manifestation,
et sur la faculté de lettres qui connait actuellement un
blocus.

AGIR LOCAL>PENSER GLOBAL

Depuis plus de trente ans, le gouvernement n'a eu de cesse
d'affaiblir le service public de l'enseignement supérieur.
Les récents mouvements d'étudiants qui agitent certaines
universités sont là pour démontrer que la pénurie est une
réalité. Malgré les louables efforts de quelques uns pour
introduire autre chose dans les plates-formes des AG que
des simples revendications de moyens, la plupart des
mouvements de grogne de ces dernières années se bornaient à
une classique revendication « on veut des sous ».
Bizarrement, le phénomène inverse est en train de se
produire à l'université de Nantes. On parle dans les AG
directement de réformes qui formellement n'existent pas. On
exige l'arrêt d'une privatisation sans mettre en avant sa
cause principale : le désengagement financier de l'Etat.
Bref on ne part pas des préoccupations concrètes des
étudiants...

Le CEN-UNEF refuse ces deux façons de poser les
revendications. On ne peut réclamer des moyens sans
préciser leur destination, sans risquer de voir sa lutte
détournée par le pouvoir. On ne peut réclamer la fin de la
libéralisation de l'université sans dénoncer les mécanismes
qui y conduisent et sans y proposer des solutions
alternatives.
Des « moyens », quand on créé un vrai rapport de force, le
ministère prétend être disposé à en donner, mais des moyens
pour « casser » l’université publique, puisque les moyens
alloués incluent le recours à des financements privés,
désormais inscrits dans la loi, pour financer la prise en
main croissante de l’enseignement supérieur par le patronat.

La crise de l'université nait de la contradiction entre les
aspirations des étudiants, des enseignants et le rôle que
certains voudraient lui attribuer. A dénoncer le symptôme
sans analyser la crise, on ouvre la voie à ceux qui
avancent la privatisation de l'université comme seule et
unique solution à la pénurie des moyens. Ce phénomène est
renforcé par une application implicite et délocalisée des
rapports et des réformes (Attali, U3M).

Notre conception de l'université est la suivante :
l'université est un service public garant de la
transmission et de l'accroissement de tous les savoirs à
tous les citoyens. Elle n'est pas là pour former à la
pratique d'une activité professionnelle mais pour assurer à
chacun un certain niveau de connaissance et une méthode
d'apprentissage qui permettront, après l'obtention d'un
diplôme de se former à une activité particulière dans le
cadre d'un contrat de travail. Cette mission fondamentale
de l'université est aujourd'hui remise en cause : le
service public de l'enseignement supérieur est pourtant le
seul garant de l'égalité de tous les étudiants. Le CEN-UNEF
est contre une pseudo-professionnalisation, mais pour des
formations professionnelles et théoriques de qualité.

Par ailleurs, nous conviendrons tous que la grève n'est pas
une fin en soi... A la différence des usines où les grèves
bloquent l'outil de production et constituent directement
un moyen de pression. Les moyens mis en oeuvre par l'AG
sont-ils en adéquation avec les revendications nationales
visées ? Et encore faut-il adresser des revendications
précises aux interlocuteurs concernés.

Aussi, l'urgence actuelle est la défense de la
licence/maitrise de la filière de portugais. Les
difficultés qu'a connu la filière de portugais depuis sa
création (Licence en 1994, Maitrise en 1996) ont amené le
ministère à émettre des réserves quant à son maintien. Dès
que le CEN-UNEF a pris connaissance du dossier, il a en
informé tous les étudiants de la filière afin d'organiser
la défense par la mobilisation des étudiants et par
l'élaboration des dossiers. Recherchant le maximum de
soutien, nous avons constitué une intersyndicale. Si le
bureau de l'université s'est engagé à travailler de concert
avec l'UFR de langues (suite à l'audience obtenue avec Y.
Tanguy le 19 mars 2001) dans le sens d'un développement de
la filière, il n'en reste pas moins que nous sommes soumis
à l'avis du ministère.

C'est pour cette raison que le CEN-UNEF concentre ses
forces dans la diffusion des pétitions et un travail mené
en intersyndicale et ce, avec les étudiants de Portugais.
Nous appelons tous les étudiants à en faire de même.

L’aboutissement de nos revendications ne peut se
concrétise que dans la durée. La question cruciale est
celle de notre capacité à faire vivre des syndicats
capables de permettre l’aboutissement de nos revendications
grâce à une réflexion de fond et une structuration
nationale qui seule, dans l’action, peut en assurer le
succès.

Le CEN-UNEF appelle à rejoindre la journée d’action
unitaire du 22 mars (grève et manifestations), lancée par
les organisations syndicales de l’enseignement et de la
recherche


Collectif des Étudiants de Nantes-UNEF
Faculté des Lettres & Sciences Humaines
Local des associations
BP 81227
44312 NANTES Cedex 03

Local syndical : salle 1011 bat.Censive
cen.unef@caramail.com
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