[discussions] Allocations d=?ISO-8859-1?B?uel0dWRlczogZGUgbLl1dG9waWUg4CBsuQ==?= arnaque
Posté par UNEF.ORG le 16/3.
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Avec les revendications des étudiants dans les facs en mouvement, nous
jugeons important de faire connaître la position des élus de l'UNEF vis à
vis de l'allocation d'étude.
Allocations d¹études: de l¹utopie à l¹arnaque
L¹allocation d¹études pour tous est une revendication vieille comme le
syndicalisme étudiant. Elle repose sur l¹idée que chacun d¹entre nous devait
être salarié par l¹État en tant qu¹étudiant. À l¹époque, vers 1950, il n¹y
avait que quelques milliers d¹étudiants, presque tous issus de milieux
aisés, qui trouvaient injuste de dépendre financièrement de leurs riches
parents.
Aujourd¹hui, la situation a radicalement changé. Il y a plus de deux
millions d¹étudiants, dont 700 000 sont obligés de se salarier pendant
l¹année, beaucoup plus pendant les vacances, aux dépens de leurs études, de
courir de petit boulot en petit boulot, voire sombrent dans la misère (100
000 selon le récent rapport Dauriac, rejeté par Allègre, sont au dessous du
seuil de pauvreté officiel, qui ne tient pas compte de ce que les études ont
un coût).
Face à cela, la politique des gouvernements successifs a été constante
depuis vingt ans: recul généralisé de l¹aide sociale, qui a contribué à
aggraver la situation.
Dans ce contexte, on voit mal quel sens peut avoir la revendication d¹une
allocation dont le montant serait le même pour tous, et qui remplacerait à
la fois les bourses, les RU, les cités et les aides au logement.
Bien évidemment, nous n¹avons rien contre son principe, si elle
permettait à tout le monde d¹étudier. Seulement, pour cela, il faudrait
compter au moins 4000 F par mois, multipliés par 2,2 millions d¹étudiants,
soit plus de 100 milliards de F par an ! Ceux qui prétendent que nous
pourrions l¹obtenir aujourd¹hui d¹un seul coup, d¹un gouvernement dont le
seul but est de réduire ses dépenses (c¹est contre cela qu¹il faut lutter !)
ne sont pas sérieux.
En revanche, s¹il s¹agit, avec un budget total constant voire en
régression de donner beaucoup moins à chacun pour donner à tous la même
chose, même à ceux qui n¹en ont pas besoin, nous ne sommes pas d¹accord.
C¹est ici qu¹on passe de l¹utopie à l¹arnaque.
Et c¹est ici qu¹on retrouve l¹allocation instaurée par le plan social
d¹Allègre, que l¹UNEF-ID considère comme sa grande victoire. En fait, il
s¹agit, pour toute la France, de 7000 aides de même montant qu¹une bourse,
mais attribuées sans autre critère que la preuve (pas évidente à faire,
d¹ailleurs) qu¹on ne touche pas d¹argent de ses parents. Ce n¹est pas une
allocation d¹études: son montant est très insuffisant pour vivre. Elle n¹est
pas pour tous: il en manqueŠ 2 193 000, et les assistantes sociales du CROUS
ne savent pas comment en désigner les heureux bénéficiaires. C¹est une
goutte d¹eau, qui ne suffit même pas à compenser les restrictions sur les
autres aides, et qui en plus ne va pas forcément à ceux qui en ont le plus
besoin.
Nous ne sommes donc pas de ceux qui crient victoire et disent que c¹est
un premier pas vers sa généralisation. C¹est plutôt un premier pas vers la
casse du système des bourses.
L¹aspiration des étudiants à être de plus en plus autonomes est légitime
: il est juste d¹exiger que la collectivité prenne en charge nos années de
formation, qui sont pour elle un investissement. Mais la vraie question est
celle des moyens d¹avancer vers cette autonomie. Pour nous, il est clair que
les aides financières, tant qu¹il n¹y en a pas pour tout le monde, doivent
d¹abord aller à ceux qui en ont le plus besoin. Le travail de représentants
étudiants est de se battre contre leur diminution, pour l¹augmentation
progressive de leurs montants et du nombre de leurs bénéficiaires (la
situation exigerait au moins le doublement de l¹un et de l¹autre), pas de
brandir une revendication qui n¹a aucun sens dans la situation actuelle, et
peut facilement être détournée par le pouvoir pour liquider les aides
existantes, comme le montre le Plan Social Etudiant d¹Allègre. En revanche,
les aides dites indirectes, Resto-U et Cités-U, doivent être accessibles à
tous, et être un moyen, égalitaire celui-là, d¹autonomie pour tous ceux qui
le désirent.
UNEF 2000